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  Bulletin septembre 2008

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ENTRAIDE D’EGLISES

Nos évêques vous le demandent, tel est l’appel, il y a cinquante ans, auquel Françoise Le Cocq a répondu en prenant l’initiative de notre association d’entraide et de solidarité avec les Églises du Centre et de l’Est de l’Europe.
Inutile de dire que, en cinquante ans, le monde a changé. Nous sortions alors d’une guerre mondiale qui s’était terminée par la défaite du nazisme mais qui avait été gagnée, pour une part, avec le concours de l’armée soviétique, c’est-à-dire en fin de compte d’un autre totalitarisme. Celui-ci allait profiter de sa victoire pour imposer aux pays du Centre et de l’Est de l’Europe des régimes communistes qu’ils n’avaient pas choisis et qui allaient se montrer très hostiles envers toute religion. Ce fut l’époque de “l’Église du silence” qu’il fallut essayer d’aider dans la discrétion, voire la clandestinité.
Heureusement ces régimes, minés de l’intérieur par leurs contradictions et l’hostilité de la majorité de leur population, allaient s’effondrer et rendre aux fidèles, qui avaient résisté à la persécution, une liberté perdue. Cet événement obligea notre association à revoir, non pas ses objectifs, mais ses modes d’action. La liberté retrouvée, il fallait accompagner une renaissance qui, à l’intérieur de l’Église catholique, devait prendre en compte le renouveau initié par le Concile Vatican II. C’est dans ce contexte que le nom de notre association fut légèrement mais très significativement modifié : “Entraide d’Église” au singulier allait devenir “Entraide d’Églises” au pluriel dans un esprit œcuménique que le Concile avait remis en honneur.


ENTRAIDE D’ÉGLISES ET SES PARTENAIRES D’EUROPE CENTRALE ET ORIENTALE :
METTRE DES FORCES EN COMMUN

En 1989, avec la chute du mur de Berlin prenaient fin plusieurs décennies de régime communiste. Mise en exergue du système aux dépens de l’humain, pensée matérialiste, pratique systématique du “non sense” et abus de logique administrative ont causé bien des ravages, même si le développement socio-économique et culturel n’a pas été entièrement négligeable.

De nombreux appels nous sont parvenus depuis, lancés par des prêtres, des religieuses, des laïcs : il s’agissait de mettre nos forces spécifiques en commun afin de tenter une reconstruction spirituelle, intellectuelle et morale de leurs pays.

Active en Europe centrale et orientale depuis 1957, l’Entraide d’Églises a donc intensifié son action de partenariat avec les chrétiens de ces pays et avec leurs Églises. L’association a toujours mis l’accent sur l’investissement dans les personnes : pas de soutien à de lourdes structures, pas de construction de bâtiments mais un partenariat dans la Foi avec le souci de l’autre comme personne, un partage des joies et des peines, une interrelation constructive , en toute liberté. Car c’est à partir de là que peut s’établir la mise en commun des forces en présence, humaines et financières.
En effet, l’Entraide d’Églises n’est pas seulement un vivier de “bienfaiteurs”. Le trésor spirituel de la communauté ecclésiale est un trésor commun : ce qu’ont vécu nos amis d’Europe centrale et orientale durant l’époque communiste a enrichi ce trésor et nous pensons qu’ils nourrissent de ce fait une Espérance plus profonde que la nôtre, qu’ils nous communiquent de facto. Ils ont droit, en toute justice, à la mise en commun de tout un capital d’information et de formation dont ils ont été privés durant les années soviétiques. L’Espérance et le courage qui animent ces amis de l’Entraide dont l’action a un effet multiplicateur dans leur pays nous a, bien souvent, communiqué espoir et énergie, dans une entraide réciproque.

Dès lors, la “colonne vertébrale” de notre action est la formation : la destinée d’un enfant ou d’un adulte ne se modifie pas par l’endoctrinement mais par la rencontre avec des personnes crédibles. Une formation doit éveiller une réponse personnelle et critique, une prise de conscience suivie d’une action : “voir-juger-agir”.
Nous avons donc à cœur de soutenir des projets de formation et de financer des bourses d’études pour de jeunes religieuses, des prêtres, des laïcs, qui ont à cœur de répercuter leurs acquis dans les domaines religieux, pastoraux, sociaux et médiatiques de leurs pays respectifs - domaines où les Églises n’ont pas eu l’impact qui leur revenait.
Il est important de mettre en contact les chrétiens d’Europe centrale et orientale avec la pensée et l’action de l’Église universelle en leur faisant parvenir des livres et des revues de qualité. Enfin, il est important de travailler avec ceux qui s’engagent à bâtir sur place -dans un esprit œcuménique, d’engagement social, de pacification interethnique-les fondements d’une vraie démocratie en créant une vie associative.
Soulignons que l’aspect œcuménique est primordial pour l’Entraide. Tous les chrétiens ont un rôle à jouer dans le développement humain des sociétés à l’Est comme à l’Ouest mais ils ne susciteront des initiatives positives que s’ils vivent eux-mêmes dans un respect réciproque. Des contacts personnels peuvent y contribuer grandement.

Ultime démarche : en créant des liens entre les partenaires d’Entraide d’Églises en Europe centrale et orientale, nous souhaitons qu’ils puissent, d’un pays à l’autre, échanger leurs connaissances et leurs expériences afin de tisser un véritable réseau de travail et de solidarité.


Catherine Berkans