Bulletin mars 2008

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SOMMAIRE

L’entrée dans l’Union Européenne. Satisfaction ou déception ?

Entraide d’Églises a reçu la cellule lituanienne “ROBERT SCHUMAN”

L’Europe, c’est notre affaire

L’Union Européenne…  Satisfaits ou déçus ?

Nos amis d’Europe centrale et orientale ont la parole

BULGARIE

Comment je vois les changements provoqués par l'entrée de la Bulgarie en EU ? La vie continue à se développer de manière progressive, avec des hauts et des bas, mais on sent déjà que notre pays fait partie d'une grande famille. La première preuve en fut la libération des infirmières et leur retour.
Il y a une ouverture sensible et réciproque vers la Roumanie voisine et les autres pays voisins. Des échanges utiles dans le domaine de l'industrie et de la culture commencent à s'établir plus facilement et l'initiative privée (800%) se porte mieux. En même temps, la venue des voisins dans nos commerces provoque une hausse des prix et bien sûr le mécontentement de certains, qui ne réalisent pas que cela améliore l'économie en général
Les institutions et les autorités locales profitent des possibilités matérielles offertes par les institutions européennes. Le contrôle effectué par l'Europe sur l'utilisation des subsides octroyés contribue à l'apprentissage d'une discipline financière, qui favorise la lutte contre la corruption. Peu à peu la citoyenneté prend forme.

Cela ne veut pas dire que les gens sont tous contents. La population a beaucoup vieilli. En effet, dans les années 90, un grand nombre de jeunes sont partis étudier et travailler à l’étranger; l’âge de la retraite était assez bas jusqu’en 1989 (55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes). Il y a donc actuellement en Bulgarie beaucoup de retraités dont les pensions sont très faibles. Une partie de ces gens sont nostalgiques du passé durant lequel on était limité mais on avait suffisamment pour vivre. Il y avait peu, mais il y avait pour tout le monde. Ils souffrent parce qu’ils dépendent de l’aide de leurs enfants pour survivre. Ces gens-là ont leur propre logement, parfois trop grand pour eux, mais ce n’est pas facile de vendre et de quitter le foyer où on a habité toute sa vie.
D’autres n’ont pas trouvé leur place dans les nouvelles conditions de vie, par manque d’initiative (conséquence du communisme) ou pour d’autres raisons. Ils en cherchent les causes dans l’entrée de la Bulgarie dans l’UE mais ces gens-là chercheront toujours des coupables et des responsables en dehors d’eux-mêmes !
Pour le moment, 60% des Bulgares sont “pour” l’UE et 40% “contre”, mais ceux qui lui sont favorables augmentent. Le plus important est l’attitude des jeunes. Ils ne partent plus à l’étranger, et même ils en reviennent : on voit dans les rues beaucoup de landaus avec des bébés. Quelle meilleure preuve ! »

Madame Zvezda Ilcheva
Professeur de français (Roussé)

HONGRIE
« La population hongroise n’est qu’à moitié contente de l’entrée de notre pays dans l’Union Européenne.
Ceux qui sont déçus critiquent, avec raison, la coalition socio-libérale au gouvernement, qui distribue l’aide de l’Union à ses partisans et exploite le peuple pauvre. Le niveau de vie est  bas ; sur dix millions d’habitants, trois millions vivent en dessous du minimum vital. »

Ferenc Szabó, S.J
Directeur de la revue Távlatok


« La majorité du pays a souhaité l’adhésion de la Hongrie à l’UE (il faut dire qu’aucune alternative ne se présentait ! ). On peut dire que les procédures se sont déroulées dans les règles. L’obtention des subventions de l’UE est compliquée et un doute plane sur la véritable destination de ces sommes importantes. On a l’impression que les intérêts de la Hongrie ne sont pas efficacement défendus au sein des organisations européennes…
Ce n’est pas une nouveauté, l’UE n’est pas un paradis. Tout dépend des références que l’on adopte: en se plaçant par rapport aux années 1980, le niveau de vie est sans aucun doute plus élevé ; si on compare avec l’époque du changement de régime (1989/90), cela n’est plus forcément valable… Le pouvoir d’achat n’augmente pas, le niveau de l’inflation est élevé, chaque année, on voit apparaître de nouveaux types d’impôts... Le taux des amendes augmente dans le seul véritable but d’accroître les recettes du budget de l’État toujours déficitaire.
Les PME ne sont pas suffisamment soutenues par le gouvernement, par contre les entreprises multinationales obtiennent tous les avantages possibles et imaginables... Aujourd’hui, un jeune avec un travail “normal” n’a pratiquement aucune chance d’acheter un appartement (voire une maison), si ce n’est en contractant un prêt bancaire pour une durée de 15-25 ans. »

Andras Richly
Professeur de français (Sopron)


LETTONIE
« L’entrée dans l’Europe Unie nous a apporté la sécurité nationale, l’adhésion au Grand Marché et l’accès à la culture européenne. Les échanges et les déplacements sont extrêmement favorisés (sauf pour la population russophone marginalisée). Mais nous avons perdu notre indépendance et notre liberté économiques car l’Europe nous confronte à des exigences qui nous dépassent; les petites exploitations agricoles et les petites usines, confrontées à des quotas intenables pour elles, doivent fermer. Un certain nombre de ces entités jonchent la terre lettonne, de Riga à la Mer Baltique. Elles sont rachetées par des entreprises internationales, qui n’emploient pas toujours de la main-d’œuvre locale. D’autre part, si le monde agricole a reçu certains subsides, il doit inventer de nouvelles structures élaborées pour travailler (ex.: pour le ramassage et stockage du blé…). Il ne suffit pas de donner du poisson, il faut apprendre à pêcher ! Nous subissons une crise économique (hausse des prix, stagnation des salaires), couplée à une instabilité politique qui nous est propre: un pour cent de la population seulement participe à la chose politique, découragée par l’incapacité de la sphère du pouvoir à gérer sainement les finances publiques. Il y a une fracture évidente entre les riches et les pauvres. Sur le plan moral, l’Église a beaucoup d’inquiétudes relativement à certaines lois promulguées par l’UE notamment en droit de la famille ; la Lettonie sera-t-elle obligée de les adopter toutes? Dans les domaines de l’éthique et de la morale, il nous semble que ce sont surtout des questions d’argent et de marché qui prédominent. »

Père Andris Kravalis
Professeur d’anthropologie  chrétienne (Riga)


LITUANIE
« Ce qui est très positif avec notre entrée dans l’Union Européenne, c’est la sécurité: la Lituanie appartient désormais à l’OTAN et peut ainsi se protéger de voisins envahissants. En outre, l’Europe a envoyé des subsides pour améliorer l’infrastructure routière. Enfin, les Lituaniens peuvent plus facilement quitter le pays et voyager vers le reste de l’Europe. Pour les jeunes, on peut dire que l’enseignement est aujourd’hui de meilleure qualité.
Par contre, l’ensemble de la population n’est pas satisfaite des résultats de l’entrée de la Lituanie dans l’UE. Elle réalise que la vie n’est pas plus facile qu’avant: les prix augmentent, à l’inverse des salaires (hausse de 30 % des prix en quelques mois, contre 2% pour les salaires, déjà fort bas). Les riches deviennent plus riches (et souvent malhonnêtes...) et les pauvres plus pauvres. La classe moyenne est inexistante. Dans les villages, les pauvres vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le niveau de vie est inférieur à celui des années 1980. Le salaire moyen actuel est de 2000 litas (ce chiffre inclut également les salaires les plus élevés). En ville, ceux qui estiment avoir un bon revenu gagnent quelque 800 à 1000 litas (290 €) par mois. Il y a une nette différence entre les grandes villes et le reste du territoire. L’infrastructure des grandes villes peut faire illusion: en 2008, Vilnius sera capitale culturelle de l’Europe et de grands travaux sont entrepris. Or les caisses de l’État sont vides: quand cela va-t-il exploser? Sont satisfaits les cadres des banques, les parlementaires, les cadres des entreprises de haut niveau, nationales ou internationales.
Beaucoup de Lituaniens sont propriétaires de leur bien. Après la période soviétique, ils ont eu la possibilité d’acheter leur appartement à l’État pour un prix peu élevé. L’accès au crédit est très aisé aujourd’hui, même si les salaires ne sont pas garantis. Mais en cas de problème, la Banque reprend le bien pour le louer ou le vendre. Les litiges relatifs aux terres sont nombreux. A qui appartient une terre : au travailleur ? A l’arrière-grand-père qui la possédait ?
Un grand nombre d’entreprises internationales se développent en Lituanie mais vu l’hémorragie de travailleurs vers d’autres pays, elles recherchent de la main-d’œuvre étrangère. En effet, 700.000 Lituaniens sur 3.800.000 se sont expatriés (entre autres de grands cerveaux, des médecins, ceux qui pensent être mieux payés ailleurs) vers l’Angleterre, l’Irlande, l’Allemagne, la France, l’Amérique, le Canada. La criminalité, hélas, s’expatrie aussi…
Beaucoup découvrent que, même en appartenant à l’Europe, ils ne font pas ce qu’ils veulent. Ainsi, aller au théâtre durant l’époque soviétique était loisible à tous, même si on empêchait les gens de penser… Aujourd’hui, la culture est réservée aux riches. »

Sœur Rose-Anne Graulich
Fondatrice de la Communauté Marie Porte de l’Aurore et Sainte Petite Thérèse


« En entrant dans l’UE, nous n’avons jamais attendu de “paradis”. Nous pensions néanmoins pouvoir développer le pays en matière d’infrastructure et d’économie, suivant l’ordre international. Nous sommes très conscients des défis qui surgissent au sein de l’Europe.
On constate aussi que dès que l’économie fonctionne mieux, on s’éloigne des valeurs de base. Actuellement, notre pays en arrive à fonctionner à deux vitesses. Les prix montent beaucoup plus vite que les salaires, parfois sans raison. Il y a une fracture entre la valeur du travail et le salaire payé. Que faire contre une inflation galopante ? Après un fonctionnement économique anarchique lors de l’entrée de la Lituanie dans l’UE, des règles s’imposent et on essaie de stabiliser.
Le capitalisme émerge: des projets de zonings se développent. Mais certaines ONG et le secteur privé sont plus intéressés par le profit que par le bien commun. Notre État indépendant se développe dans la démocratie. Reste à reconstruire la confiance dans le secteur du pouvoir et à mettre la justice dans la vie quotidienne. La démocratie est en création ; elle court le danger de devenir cause d’injustice si les valeurs décroissent durant la nouvelle ère de liberté. »

Père Algirdas Dauknys
Professeur de théologie dogmatique (Siaulai)


« En général, la population est satisfaite de l’entrée dans l’UE. Notre pays a plus de possibilités dans les domaines juridique, économique, social, scientifique... Il a reçu de l’argent pour différents projets. Mais le niveau de la vie a peu augmenté, la population n’est pas satisfaite des salaires. On voit une grande différence entre riches et pauvres, entre jeunes et adultes (45-60 ans). Il n’y a pas de classe moyenne. La vie est difficile pour les plus âgés, qui s’adaptent avec peine. Pour eux le sentiment patriotique est important. La population n’a pas appris à réfléchir individuellement et à se sentir responsable de sa vie. Elle éprouve la nostalgie du passé.
Les entreprises ne fonctionnent pas toujours de façon transparente. L’atmosphère et les relations n’y sont pas toujours excellentes. Les petites entreprises manquent de soutien juridique.
Les valeur individuelles et matérialistes prédominent. Un grand nombre de Lituaniens ont quitté le pays pour trouver un travail mieux payé.
Grâce à la liberté de la presse retrouvée dans notre nouvelle démocratie, on peut voir étalées la corruption et l’injustice dans la société. »

Madame Giedre Rugeviciute
Professeur de pédagogie (Vilnius)


ROUMANIE
« D’un certain point de vue, nous sommes très heureux de l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne et les motifs de cette satisfaction (voire de cet enchantement) peuvent varier selon les catégories de personnes concernées directement ou indirectement. On apprécie
- la liberté de voyager en Europe sans les contraintes et les barrières antérieures: des heures d’attente aux portes de l’Ambassade, une invitation de l’étranger avec garantie d’une prise en charge des frais de séjour ou un extrait du compte bancaire, pour avoir l’autorisation officielle.
- La possibilité de trouver un travail bien rémunéré sans commune mesure avec les salaires roumains.
- Une redécouverte progressive de rapports humains plus avenants dans les magasins, les administrations, les guichets de PTT, etc.
- Les fonds versés par l’UE pour moderniser les villes, l’agriculture, etc.
- le fait d’appartenir à une grande entité humaine et culturelle qu’on n’a pas fini d’admirer et, pour certains, d’imiter à tout prix: habillement, idées, au risque de perdre sa propre identité.
D’un autre point de vue, beaucoup de mécontentements et de déceptions s’expriment, ayant pour causes.
- La hausse incessante du coût de la vie (voyages, denrées alimentaires de base, taxes d’entretien, loyers, livres) alors que pensions et salaires de misère sont loin de suivre la même progression. Il y a encore des gens, mais peu nombreux, à regretter les années 1980 où “personne n’avait besoin de s’inquiéter du lendemain” (mais cela aussi est une idéologie !!!)
- applications rigides, du jour au lendemain, des “normes imposées par l’UE”, alors que la législation sociale par rapport aux ouvriers / employés est loin d’être appliquée: temps de travail, heures supplémentaires non rémunérées.
- la course effrénée à l’argent qui fait oublier les solidarités naturelles (entre les politiciens et l’ensemble de la population, entre les jeunes générations et les aînés…).
- la perte des traditions familiales, du départ définitif des enfants hors du pays et du quasi abandon des vieux parents.
- la proposition d’une loi pour sortir l’enseignement religieux des programmes du secondaire ou pour permettre les mariages entre personnes du même sexe,… »
 
Sœur Marie-Anne Mathieu
Présidente de la Commission Sociale et membre de la Commission Œcuménique
des Supérieures  Majeures de Roumanie (Bucarest)


« Les opinions concernant l’adhésion de notre pays à l’Union Européenne sont très mitigées. Les étudiants, les cadres, les entrepreneurs y “gagnent”; les retraités et plus généralement les gens à faibles revenus y perdent à cause de la hausse des prix de la consommation. Mon opinion personnelle est que la population est plutôt satisfaite.
La Roumanie n’a jamais perçu l’UE comme un “paradis”. Cette image a été construite par les médias et les politiques de l’Ouest, d’abord parce qu’elle est une image “facile” et ensuite pour justifier une éventuelle réponse musclée à l’immigration. Une oasis de normalité “administrative”, un lieu où il est plus facile de vivre, oui….
En matière de niveau de vie par rapport à celui des années 1980, je ne dispose pas de donnée statistiques qui peuvent me permettre de comparer les deux périodes. Il s’agit d’ailleurs d’une comparaison un peu risquée, car dans le mental collectif des Roumains, les années 80 sont les années les plus “noires” de la dictature Ceausescu, donc une comparaison “objective” me semble impossible. »
Mirel Banica
Doctorant (Genève)

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Entraide d’Églises a reçu la cellule lituanienne “Robert Schuman”


Depuis 2004, les pays d’Europe centrale et orientale ont rejoint l’Union Européenne. Pour Entraide d’Églises, une nouvelle ère a débuté. Il s’agit non seulement d’œuvrer à un partenariat toujours plus appuyé avec ceux qui, dans leurs pays, travaillent à faire surgir de l’épreuve communiste une Église plus évangélique, intégrée à l’Église postconciliaire et universelle mais aussi, à leur écoute et avec eux, de pénétrer les arcanes de cette nouvelle Europe des institutions, des peuples et des confessions.
C’est dans cet esprit que l’association a reçu , en ce mois de février 2008, le Père Algirdas Dauknys, de Lituanie et sa « Cellule Robert Schuman». Composée de jeunes étudiants (15 à 25 ans) des diocèses de Kaunas et de Panevezys, cette Cellule souhaite apporter une voix lituanienne et chrétienne au chœur européen et participer à son avenir. Le mouvement «Ateitis», rassemblant des éléments de l’intelligentsia chrétienne lituanienne, était représenté par un étudiant de l’Université du diocèse de Siaulai. S’était joint également à la délégation, le peintre d’inspiration impressionniste et pointilliste, Rimantas Skuncikas qui nous a émerveillés.
En compagnie d’Entraide d’Églises, ils ont rencontré des membres du Parlement européen, des acteurs de l’Église et des journalistes. Citons l’ancien Président lituanien Vytautas Landsbergis, Madame Carine Brochier, directrice du Bureau européen d’éthique, le Père Thierry Monfils sj de la Viale Europe, Pierre delooz, sociologue des religions, des membres de l’Institut des Etudes théologiques, … Ils les ont notamment interrogés sur des points d’éthique de la famille, de droit naturel et de droit positif.
Les points d’orgue du séjour furent la découverte du Centre Robert Schuman, à Szy-Chazelles (France) et la célébration de l’anniversaire de l’Indépendance de la Lituanie avec la communauté lituanienne, installée en Belgique. Ce partenariat spirituel s’est doublé d’une dimension culturelle: Bruxelles, Anvers, Bruges furent l’objet de visites admiratives.
De retour en Lituanie, c’est à l’antenne chrétienne -animée par le Père Algirdas- de la chaîne «Radio Pulsas» que la Cellule «Robert Schuman» relatera son expérience belge et européenne. Ce faisant, ces jeunes deviennent les acteurs de l’activité culturelle et spirituelle de leur pays, dans la nouvelle Europe.
Catherine Berkans 

LE MOUVEMENT ATEITIS
présenté par Vygantas Kruopis, étudiant à l'Université de Siaulai

« Ateitis » est l'association catholique de l'intelligentsia lituanienne. Ses membres ont pour objectif de souligner et de sauvegarder les valeurs morales et dynamiques qui doivent régir le champ politique, économique et culturel, dans le contexte contemporain. Ses mots-clés: christianisme, Intellect, famille, société, culture nationale.
Sa démarche est voisine de celle de la JOC (Voir-Juger-Agir).
Ce mouvement fut particulièrement actif au cours de trois périodes de l'histoire lituanienne: entre les deux guerres mondiales, durant l'occupation soviétique où il exerça clandestinement ses activités, et après l'Indépendance.

On y retrouve des élèves du niveau secondaire, des étudiants universitaires, des jeunes professionnels.
Chaque année, un colloque est organisé à Berciunai (diocèse de Panevezys), l’une des deux paroisses du Père Algirdas.
Le thème du colloque de 2007 était (d'héritage de l'Histoire, le visage moral et les défis de l'époque contemporaine» : tout un programme

 
Le peintre Rimantas Skuncikas et La Cellule Robert Schuman
entourant Madame Carine Brochier à l’Entraide d’Églises

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L’EUROPE c’est NOTRE AFFAIRE


Les réactions actuelles face à l’Europe sont souvent marquées par la peur et la méfiance. Comme toutes les grandes structures visibles, l’Europe semble bien éloignée, hors de portée et presque abstraite. En rester là, ce serait oublier qu’elle est le résultat des décisions des responsables politiques nationaux, relais de nos intérêts et de nos visions, même s’ils sont trop sensibles aux pressions des grands lobbies internationaux, d’abord financiers et économiques. Les attentes sont nombreuses, parfois écrasantes. On voudrait que l’Union européenne assure le progrès économique et le bien-être, la justice et le droit, la paix et la liberté, protège les citoyens, surtout les plus faibles... mais qu’elle ne coûte rien. Ces attentes disproportionnées nourrissent les déceptions.
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Ceux qui sont passionnés de justice dénoncent, à juste titre, le retard de l’Europe sociale. Le marché unique est garanti, la monnaie unique circule dans une partie des pays. Mais la défense des travailleurs, des migrants, des consommateurs ne suit que de très loin. Pire, les décisions semblent aligner tous les pays sur les plus inégalitaires: il faudrait être «modernes» et donc flexibles. Dans cette logique, les plus faibles sont encore affaiblis
Relevons pourtant quelques résultats importants. L’idée européenne a pris forme au lendemain de la guerre, quand les rancœurs étaient encore fortes. Les pays qui, au fil des siècles, se faisaient sans cesse la guerre, ont décidé de construire ensemble un espace politique commun. Pas à pas, ils ont mis en place des liens qui faisaient progresser la réconciliation. Dans les années 50, il était aussi utopique de voir les présidents français et allemand main dans la main que d’attendre le même geste aujourd’hui entre Serbes et Croates.
Et pourtant ils l’ont fait. Depuis 1945, l’Union européenne permet que les intérêts divergents se négocient autour d’une table et se règlent par le droit et non plus sur les champs de bataille. On peut ajouter que la culture de paix et de négociation caractérise les comportements européens.
Les fondateurs de l’Europe annonçaient aussi la solidarité. Les limites des résultats sautent aux yeux, même si nous ne devons pas ignorer l’aide dont ont bénéficié des pays et des régions moins développées pour leur progrès économique. Mais cette préoccupation, déjà faible, s’est encore allégée au fil de l’élargissement de l’Union Européenne. Les intérêts particuliers et le refus de partager les richesses l’emportent actuellement sur les autres perspectives.
La création d’une instance politique européenne a mis une limite aux nationalismes qui ont souvent mené à la guerre ou aux affrontements entre populations. Il n’est pas question de renoncer aux identités nationales, mais de reconnaître ce qui nous est commun.
L’Union Européenne est là. Elle se modèle chaque jour, selon les pressions qu’elle subit. Les citoyens ont à ce niveau-là également la responsabilité de jouer leur rôle, surtout sur les points les plus faibles du projet européen. Ceux qui, chez eux, sont engagés dans le domaine social et préoccupés de justice, d’égalité, de solidarité, de démocratie, ont un rôle irremplaçable. Sans ignorer les particularités de chaque pays, nous pouvons associer nos efforts pour promouvoir la protection sociale pour tous, améliorer l’accès aux soins de santé, défendre les systèmes d’éducation, travail, chômage, pauvreté et migrations, cohabitation harmonieuse de différentes cultures et religions, respect de l’environnement, voilà bien des défis européens qui touchent tous les citoyens épris de justice.
Abbé Jean-Claude Brau
Formateur au CEFOC *,
Aumônier général du Syndicat Chrétien
et du MOC.

* Centre de formation Cardijn

               

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