Bulletin juin 2006

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SOMMAIRE

RUSSIE
L'engagement social de l'Eglise Orthodoxe

ROUMANIE
Une Formation à l'ensignement social de l'Eglise

Quelques Réactions

La JOC en action

L’engagement social de
l’Église orthodoxe russe

Le document de base paru en l’an 2000

Dans notre bulletin n°1 de 2001, nous avions fait écho à la publication, par l’Assemblée plénière de l’Église orthodoxe russe, d’un document important sur ses conceptions en matière sociale. Certains catholiques ne s’y attendaient pas: ils apprécient volontiers l’effort traditionnel des orthodoxes dans le domaine liturgique et leur effort actuel pour rouvrir des églises et en bâtir de nouvelles depuis la fin du communisme -rien qu’à Moscou le nombre des églises ouvertes au culte a été multiplié par dix- mais ils sont plus perplexes à l’égard de leur engagement social.

Rappelons que le document commençait par traiter des relations Église-État: «L’Église ne doit pas prendre sur elle les fonctions qui incombent à l’État (...) L’État ne doit pas s’immiscer dans la vie de l’Église, son administration, sa doctrine, sa vie liturgique, sa pratique spirituelle». Tout en soulignant le respect de l’Église et de ses fidèles à l’égard des pouvoirs en place, les évêques russes, pour la première fois dans l’histoire, affirment avec fermeté le droit à la désobéissance civile dans le cas où l’État commanderait de renoncer au Christ et à son Église ou exigerait des péchés ou des actions néfastes au salut de l’âme.
Les évêques souhaitent un partage équitable du produit du travail, tout en reconnaissant le bien-fondé de la propriété privée. Chaque homme a le droit à un minimum vital pour vivre dignement. Ils insistent sur l’assistance que ceux qui ont du travail sont tenus d’apporter à ceux qui n’en ont pas, ainsi qu’aux catégories défavorisées, aux réfugiés, aux malades, etc.

Le même document se montre favorable à la suppression de la peine de mort «qui donne plus de possibilités pour mener un travail pastoral avec les criminels et les conduire au repentir». «La miséricorde envers l’homme qui est tombé est toujours préférable à la vengeance». Il s’intéresse à la famille et à la morale sexuelle, rappelle l’importance du mariage, fondement de la famille chrétienne dont les liens ne peuvent être rompus qu’à certaines conditions. Aux circonstances permettant l’acceptation d’un divorce par l’Église (infidélité d’un des conjoints, absence prolongée, troubles mentaux pathologiques, apostasie), les évêques ont décidé d’ajouter «la contamination du conjoint par le sida, l’alcoolisme chronique et la dépendance des narcotiques». Le document rappelle également l’opposition de l’Église à l’avortement dont la faute incombe à charge égale au père et à la mère, tout en notant que les «femmes y ont recours le plus souvent en raison d’une détresse et d’une pauvreté extrêmes» Aussi accepte-t-elle l’usage de méthodes contraceptives à l’exclusion de toute méthode abortive (type pilule du lendemain). Par contre, elle n’accepte pas l’euthanasie.

AUJOURD’HUI, LE SOCIAL EST À L’ORDRE DU JOUR

Cette doctrine sociale au sens très large a été revisitée lors de la récente Assemblée annuelle du diocèse de Moscou. Elle ne permet plus de douter désormais que le social soit à l’ordre du jour, au moins dans la volonté explicite de son évêque, le patriarche Alexis II. Il a abordé de front les relations de l’Église et de la société, s’inquiétant de la grave crise spirituelle à laquelle il fallait faire face. Il a notamment insisté sur la nécessité du service social de l’Église. Il a regretté que, dans une grande ville comme Moscou -quelque dix millions d’habitants-  où les problèmes sociaux sont nombreux, ce travail ne s’effectue que dans trop peu de paroisses. La collaboration entre les paroisses -il y a quelque trois cents paroisses dans la ville-  et les organismes d’aide et de protection sociale est le plus souvent inexistante. Il y aurait lieu de souhaiter la mise en œuvre de programmes communs permettant de mieux mettre en valeur l’expérience de l’Église en matière d’engagement social auprès des malades, des personnes âgées, des retraités sans ressources, des pauvres, des enfants abandonnés. Le patriarche considère que les orphelinats -une quarantaine dans Moscou- doivent faire l’objet d’une attention toute particulière des paroisses situées à proximité, qui doivent travailler en étroite relation avec eux, proposant des activités aux jeunes, par exemple. Le patriarche s’est ému de la situation des enfants abandonnés dont le nombre est en constante progression.
«C’est un drame d’avoir dans notre pays près d’un million d’enfants dans les rues.
(...) L’Église ne peut rester insensible à cette véritable catastrophe nationale», a-t-il déclaré, avant d’ajouter: «Il nous semble que la façon juste pour sortir de cette situation, c’est d’inviter au nom de l’Église nos paroissiens à prendre ces enfants chez eux, à les adopter.»
On est loin de la langue de bois et des envolées pieuses.

QUELQUES STATISTIQUES

Dans le discours dont nous venons de parler, le patriarche avait tout d’abord présenté un compte rendu de ses activités pour l’année écoulée et donné un aperçu de la situation actuelle de l’Église russe en proposant une série de données statistiques. Sans doute intéresseront-elles nos lecteurs.

Le patriarcat de Moscou compte aujourd’hui 132 diocèses (y compris ceux de l’Église autonome d’Ukraine et ceux qui sont situés à l’étranger), 26 600 paroisses (dont 12 665 en Russie même), 688 monastères (433 en Russie), une centaine d’écoles de théologie de différents niveaux: 5  académies de théologie, 2 universités orthodoxes et un institut d’enseignement supérieur, 34 séminaires et 38 collèges de formation pastorale et catéchétique. 25 monastères, situés dans différentes régions de Russie, dépendant directement du patriarche, ainsi que 117 prieurés, situés pour la plupart à Moscou même.

Dans Moscou intra muros où le nombre des églises ouvertes au culte a été multiplié par dix depuis le début des années 1990, il y a maintenant environ 300 paroisses ainsi que 8 monastères (quatre monastères d’hommes et quatre de femmes) auxquels s’ajoutent 64 communautés monastiques faisant fonction de procures et dépendant de divers monastères à travers le pays, ainsi que de nombreux autres lieux de culte rattachés à diverses institutions ecclésiales. Au total, il y a dans la ville 724 églises et chapelles, 16 se trouvant encore en restauration et 34 n’ayant pas encore été libérées de leurs précédents occupants. Les célébrations liturgiques ont lieu régulièrement dans 585 d’entre elles. Enfin, 88 églises ou chapelles sont en cours de construction. Le clergé paroissial continue de croître: il est maintenant de 765 prêtres et de 290 diacres (il y en avait respectivement 539 et 206 en 1998). Les communautés monastiques de la capitale sont desservies par 364 moines-prêtres et 171 moines-diacres.

D’après le SOP
(Service orthodoxe de presse)
Paris, septembre-octobre 2000 et  février 2006

L’ACER-Russie, une organisation d’aide aux chrétiens de Russie dont le siège est à Paris, a rendu public son rapport pour l’année 2005. L’action de cette organisation continue de se développer en Russie même, particulièrement dans le domaine de l’aide sociale. La situation est en effet toujours aussi dramatique dans ce domaine, dans un pays qui, de l’aveu de la journaliste indépendante Zoïa Svetova «ressemble de plus en plus à l’Union Soviétique»- «pas d’opposition réelle», médias transformés en «outils de propagande», «offensives» contre les associations- et dont la population reste confrontée à des difficultés quotidiennes de toutes sortes car, au-delà de la vitrine officielle qu’est Moscou, «la province vit mal, les salaires sont misérables et la population survit grâce aux jardins potagers». En matière sociale, «aucune politique au niveau fédéral n’a été mise en place», constatent pour leur part les responsables de l’ACER-Russie, avant de souligner l’«immense travail» qui est mené par le milieu associatif, notamment avec les enfants des rues. «Les associations agissent avant la rue, pendant et après. Les enfants qu’elles prennent en charge ont une chance d’avoir un jour une vie normale», affirment-ils.

D’après le SOP (Service orthodoxe de presse) Paris, mai 2006

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ROUMANIE

UNE FORMATION  A L’ENSEIGNEMENT SOCIAL DE L’ÉGLISE
ou DIEU, L’AUTRE ET MOI

En créant en octobre 2004 une «Commission sociale» inspirée par l’esprit du Concile Vatican II, la Conférence Roumaine des Supérieures Majeures (CRSM) entend  «se former aux principes fondamentaux de l’Enseignement social de l’Église pour les incarner de façon nette et visible, et acquérir le droit de proposer, voire d’exiger les aides publiques qui soutiennent l’espérance des petits et des pauvres».
Entraide d’Églises désire encourager et soutenir cette entreprise. Dans un pays où la subsistance immédiate est souvent l’objectif premier, il s’agit de convaincre des femmes et des hommes d’œuvrer à leur propre développement et d’en acquérir progressivement les moyens.
Licencié en philosophie de l’UCL, en théologie de l’Université grégorienne de Rome et  en études bibliques de l’Institut des Études bibliques de Rome, l’Abbé Jean-Claude Brau enseigne au Séminaire Cardijn (devenu CEFOC).
Il est aumônier du MOC et de la CSC.
Il a accepté cette mission de formation à l’Enseignement Social de l’Église en Roumanie, où il s’est rendu en septembre 2005; il nous livre ses impressions sur les journées de formation effectuées à Bucarest, Roman (Moldavie) et Cluj.

Entraide d’Églises. Durant ces trois journées de formation, combien de personnes avez-vous réussi à rassembler?

Jean-Claude Brau. Une bonne trentaine à Bucarest, sans compter quelques prêtres et séminaristes qui ont fait une très brève apparition dans les locaux où se tenait la formation. Peut-être étaient-ils trop peu confiants en cette entreprise lancée par des femmes !

Le public était un peu plus important à Roman, où se trouvaient une quarantaine de personnes; à Cluj, le public était aussi nombreux et plus mélangé, composé de religieuses et d’un groupe plus large de laïcs.

EE. Comment avez-vous abordé l’histoire de l’enseignement social de l’Église?

J-C.B Dans les trois groupes, j’ai présenté quelques grands axes de cette doctrine. Ma première préoccupation était de faire découvrir que dans la tradition chrétienne, les papes ont eu le souci de prendre au sérieux la question sociale et d’y fournir une réponse. Mais il fallait préciser que ces réponses ont évolué; l’Encyclique Rerum Novarum (1891) n’a pas le même contenu que Quadragesimo anno (1931), ni que le Concile Vatican II (1962), etc. En s’arrêtant au contenu de chacune de ces réponses, il était possible de percevoir à la fois un fil conducteur, une continuité, et une évolution qui prend en compte les changements sociaux, culturels et ecclésiaux, par exemple quand, dans Octogesima Adverniens (1971), Paul VI souligne que les communautés doivent prendre leurs responsabilités dans leurs contextes propres.

Nous avions aussi le souci de faire apparaître la racine biblique, qui est à la base de cette dimension de la vie chrétienne. La parabole du Bon Samaritain s’y prêtait bien.

EE. Pouvez-vous nous dire comment vous avez explicité cette parabole, et fait le lien entre l’Enseignement de la Doctrine sociale de l’Église et celui d’une pratique de terrain en Roumanie?

J-C.B La parabole du Bon Samaritain part d’une question cruciale: «Comment faire pour avoir en héritage la vie éternelle?» On pourrait transposer: comment avoir une vie qui a du sens? Apparaît, venant de l’Ancien Testament, le double commandement: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même». Les deux attitudes sont prises dans un même mouvement, exprimées par l’unique verbe «aimer» de cette phrase. Ce qui a permis de revenir sur le fait que, bien plus que dans d’autres religions, la foi chrétienne associe amour de Dieu et amour de l’autre. La rencontre de Dieu est indissociable de la relation avec le prochain que nous sommes appelés à aimer «comme nous-mêmes». Ce triangle structure la foi chrétienne et le légiste ajoute: «Qui est mon prochain», ce que nous pouvons comprendre comme: «Mais où vais-je mettre des limites? Je ne peux quand même pas prendre toute la misère du monde sur mes épaules!»

Jésus ne répond pas, mais raconte une histoire: les gens révèlent qui ils sont devant l’humain blessé, figuré ici par l’homme à moitié mort au bord du chemin. Ceux qui auraient pu témoigner officiellement de la foi en Dieu ne font rien et l’étranger méprisé est à la source d’un comportement dont la racine est la compassion. Emu au plus profond de lui-même, le Samaritain prend soin de lui puis continue son voyage. La place de l’un ne gomme pas la place de l’autre.

EE. Pas de paternalisme !

J-C. B. Exactement. Il n’envahit pas l’autre de sa bienveillance. Il vient en aide au moment où c’est nécessaire. Mais il y a une limite. L’un et l’autre ont leur vie. La suite importe peu.

La question n’est plus: «Où vais-je pouvoir mettre la limite?», mais: «Qui s’est montré le prochain de l’autre? Qui s’est élevé à ce niveau d’humanité qui lui fait mériter le titre de «prochain»? La réponse est évidente. Et Jésus ajoute: «Fais de même. Tu as la théorie. Passe à la pratique».

C’est là que s’articulent les deux dimensions de mon intervention. Depuis plus d’un siècle, les papes successifs ont explicité la dimension sociale de la foi chrétienne. Celle-ci est profondément ancrée dans la façon dont les Évangiles parlent de Dieu, des relations entre humains, du sens de la vie. Si l’on se réfère au Jugement Dernier, quand on laisse tomber tout l’accessoire d’une vie humaine, qu’est-ce qui donne à celle-ci son sens profond? La réponse est impitoyable: «Ce que vous avez été pour des humains «en risque total de vie» confère ou supprime le sens de celle-ci. Le reste n’apparaît pas dans les comptes. C’est en allant jusqu’au bout avec l’autre que l’on rencontre Dieu.

EE. Tel le: «Tout ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait»...

J-C. B. Oui, c’est tout à fait cela. Comme la parabole du Bon Samaritain, le texte du Jugement dernier est une explicitation du triangle «Dieu, l’autre et moi».

EE. Quelles furent les réactions?

Une grande attention. Je n’exclus pas le respect pour l’intervenant étranger, prêtre de surcroît. On l’écoutera avec politesse, évidemment. Mais chaque séance a été l’occasion d’un échange très intéressant partant de réalités de terrain qui ne sont pas les miennes et que je découvrais. Des discussions se nouaient également à partir des encycliques elles-mêmes. J’étais parfois amené à dire: «Écoutez, à cela , moi l’étranger, je ne sais que répondre. C’est à vous de voir».

EE. Comment prévoyez-vous la suite de ce grand travail?

L’idée de «continuation» est l’idée-pivot: une journée de formation dans trois villes différentes d’un aussi grand pays représente une goutte d’eau dans la mer. Il faut faire quelque chose qui soit décentralisé pour être réalisable.

Je devine que, dans l’Église roumaine comme dans la société, on en est encore à la découverte de ce que peut être une réflexion, une recherche menée en groupe, d’une façon démocratique et à partir des expériences de travail. Il faut donc donner les moyens de réussir aux personnes qui seront désignées pour animer et porter les différentes sections.  Nous avons le projet de travailler par fiches pour aider les Sœurs dans ce domaine. Je vois deux dimensions. Une dimension méthodologique: proposer des questions, puis pratiquer une démarche qui reprenne ces questions et permette d’élaborer une réflexion du groupe; opérer une centralisation pour revenir avec une nouvelle impulsion. D’autre part, une dimension de contenu, si l’on continue à s’appuyer sur la doctrine sociale comme sur un socle. Lors de mon passage, j’ai proposé une présentation très ramassée en une journée, mais il faut «distiller», donner plus de temps pour maîtriser ces découvertes et réagir. Il est important de réussir le point d’amorce qui donnera envie aux Sœurs de se réunir pour continuer, à certaines de porter la démarche et de réussir.

Autant je me dois de répondre à la demande, autant je n’ai pas le monopole d’intervention. Une diversité d’action serait très positive.

La suite au mois d’août de cette année, lors de mon prochain voyage en Roumanie...

Interview réalisée par Catherine Berkans.



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QUELQUES RÉACTIONS

  Sœur Lucia, Bucarest, assistante sociale

La rencontre avec le Père Brau a été pour notre commission sociale débutante une bénédiction, une aide pouvant être vraiment utile aux congrégations ainsi qu’à l’Église de Roumanie dans sa mission sur le plan de l’action charitable.
Dès le changement de régime et l’ouverture des frontières, il y a 16 ans, nous est parvenue de la part des pays catholiques une avalanche d’informations sur des modes de vie, des expériences et des expressions d’une culture religieuse autre. Il a fallu les assimiler avec une rapidité stupéfiante. Mais sur bien des points nous sommes encore en retard ou même seulement dans la phase initiale.
Presque toutes les congrégations religieuses de notre pays ont dans leur programme un engagement social caritatif. La Commission sociale de la CRSM* cherche les voies pour que toutes ensemble nous puissions écouter la voix du pauvre, de celui qui est traité injustement ou fait l’objet de discrimination. Nous sommes au début du chemin. C’est pourquoi l’apport du Père Brau est et restera un don de Dieu pour nous
*Conférence Roumaine des Supérieures Majeures

• Sœur Bernadeta, Cluj, assistante sociale

Chez nous, beaucoup de laïcs ont suivi les exposés du Père. Les discussions étaient très animées. En ce qui me concerne, en tant qu’assistante sociale, j’ai compris ce qu’impliquait l’assistance sociale et quel est son rôle dans l’Église. J’en reste très impressionnée.  

  Madame Ileana Muresanu
Professeur de roumain à la Faculté de Lettres de Cluj-Napoca

La première chose qui m’a impressionnée est le fait d’apprendre de manière concrète comment fonctionne l’esprit civique dans une société normale.
A cet égard, nous sommes encore profondément contaminés par le communisme. Il faudra «entraîner» les jeunes qui ont la vie devant eux et sont encore pleins d’énergie.
Pour répondre vraiment aux difficultés d’un nombre de plus en plus grand de personnes marginalisées, les directives de l’Église sont nécessaires pour l’organisation de la société civile.

  Zorela Craciun
Professeur au Lycée agricole à Cluj

Nous avons trouvé, lors de ces conférences, un véritable réconfort spirituel. Comme ce genre d’action est assez rare, nous sommes toujours ravis de pouvoir y participer.
J-Cl. Brau a parlé de manière à être compris par tous, personnes consacrées ou laïcs. Toute réunion où l’on parle des problèmes touchant la religion, la foi ou l’Église sont utiles chez nous, car le manque d’éducation est grave dans ce domaine.
Le P. Brau devrait revenir, former les personnes qui désirent s’impliquer, pour qu’elles puissent ensuite continuer à pratiquer ce qu’elles ont appris au niveau de leur profession à elles, dans leur vie, parmi leurs amis etc...

  Sœur Germaine Price
américaine, Sœur de St Vincent de Paul, responsable de la formation des jeunes Sœurs à Bucarest

L’enseignement du Père Brau fut pour moi une expérience très riche. Avec un langage accessible à tous, il a touché au cœur de l’Église et à son souci pour tous les membres de la société. Je me rends compte qu’il y a, ici, un très grand besoin d’éducation dans ce domaine car l’action sociale est fort limitée.
Je remercie le Seigneur d’avoir eu la possibilité d’assister à cette conférence.

  Sœur Marie-Anne Mathieu
Sœur de la Doctrine chrétienne, coordinatrice de la Commission sociale

Ce que j’ai entendu le plus souvent comme réaction de la part des participants et des participantes à la session, c’est l’étonnement devant l’actualité de l’Enseignement Social de l’Église pour la Roumanie actuelle et la découverte que le service du pauvre nécessite aussi un engagement cohérent et courageux face aux instances responsables de l’organisation de la vie sociale et ecclésiale.
Au cours de l’évaluation en fin de journée des souhaits ont été exprimés, notamment celui d’un dialogue entre laïcs et membres de la hiérarchie.

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ROUMANIE

LA JOC EN ACTION

Depuis quelques années, la JOC a fait de l’extension dans les pays d’Europe centrale et orientale, une priorité. Ces pays ont été marqués par les changements survenus après la chute du régime communiste et tous les domaines de la vie en ont été touchés.
Les jeunes ont, sans conteste, joué un rôle dans la construction d’une société plus juste. Poussés par un désir intense de changer leur vie, par l’espoir d’un avenir meilleur, par le besoin de s’associer et de prendre des responsabilités face à leur avenir et à l’avenir de leur pays ils ont été un des moteurs importants du changement.
Une série de réformes économiques, politiques et sociales ont suivi la chute du communisme. Des horizons nouveaux se sont ouverts. Se sentir libre, pouvoir exprimer ce qu’on pense et ce qu’on sent, avoir confiance en ses propres forces, pouvoir créer une vision pour son propre avenir... que de changements, que d’opportunités à saisir! D’autre part, les problèmes matériels sont devenus de plus en plus préoccupant: difficulté de trouver un emploi, taux de chômage sans cesse en hausse, dépendance des jeunes obligés de continuer à vivre chez leurs parents, discordance entre le coût de la vie et les salaires. Ce n’est donc pas un hasard si la JOC a choisi ce moment pour s’implanter en Slovaquie, en Roumanie et, depuis une année, en Ukraine.

En Roumanie,  la JOC est implantée depuis plus de dix ans: à Somcuta Mare (département des Maramures), à Negresti-Oas (département de Satu Mare) et à Cluj-Napoca (département de Cluj). Nous pouvons nous y appuyer sur une série de jeunes prêts à s’engager activement pour changer leur vie et changer la société, des jeunes forts, capables de faire une analyse détaillée de la réalité et d’entreprendre des actions pour défendre leurs droits ainsi que les valeurs dans lesquelles ils croient.
Quand on parle des jeunes ouvriers en Roumanie, on parle de deux réalités distinctes: celle des élèves (ou apprentis) et celle des ouvriers (employés légalement ou travailleurs en noir). Nous avons consacré notre analyse et notre action à ces deux domaines.

LA JOC EN ACTION:VOIR JUGER AGIR

VOIR  Quelles réalités vivent les jeunes? Analyse

Après la révolution de 1989, la Roumanie a entamé un long processus de réformes. Malheureusement, l’enseignement est resté un des domaines où les réformes et les progrès manquent le plus cruellement.
Voici les constatations relevées par notre groupe de base:

      l’enseignement est surtout théorique. Il est inefficace car il ne prépare ni à la vie ni au travail
     il y a un manque évident de stages pratiques
     les méthodes d’enseignement n’ont pas évolué; elles ne développent ni la créativité ni l’imagination. Les professeurs refusent les nouvelles méthodes pédagogiques
     la corruption est présente même dans les écoles
     on donne des écoles techniques une image dévalorisante: elles recueillent ceux qui n’ont pu réussir leur examen d’entrée au lycée.

Ces problèmes relevés par les membres de la JOC n’ont toujours pas trouvé de solution et ils continuent d’affecter nos vies. En effet, les employeurs demandent de plus en plus aux jeunes trois années d’expérience au minimum, ils demandent d’être au courant de l’informatique et des nouvelles technologies. Les conséquences sont graves pour nous, les jeunes sortis de l’école: nous n’avons pas de qualification pour un métier, pas d’expérience pratique, pas de capacités nécessaires pour accéder à un emploi.
Les choix qui nous restent sont limités: soit continuer des études, soit nous inscrire directement au chômage, soit accepter un travail en noir pour apprendre un métier sur le tas, soit émigrer pour trouver un emploi (en noir évidemment) et donc faire le choix de vivre dans l’illégalité. Le travail en noir est une pratique très courante dans nos pays. Des entreprises privées intéressées uniquement par le profit, des lois qui ne protègent pas les employés, la création d’usines par les investisseurs étrangers attirés par la matière première et la main d’œuvre bon marché, l’inefficacité des organismes d’État chargés de contrôler le travail en noir... Tous ces facteurs ont favorisé une augmentation massive du travail en noir, surtout parmi les jeunes.

JUGER S’appuyer sur nos valeurs et croyances religieuses

Ce que Jésus nous apprend peut se traduire concrètement dans la JOC: l’émulation, l’encouragement au bien, au respect, à la justice et à la dignité, la vérité, l’amitié, la solidarité, la diversité, la communauté. Toutes ces croyances sont devenues nos valeurs personnelles. Elles constituent la base qui nous incite à penser que «cela pourrait être différent».

AGIR Campagne pour une éducation meilleure

Suite à cette analyse réalisée par nos proches (jeunes, membres ou non de la JOC, amis, collègues), la JOC de Roumanie a pris l’initiative d’une campagne dont le thème est «La liaison entre l’école et la vie réelle». Par le biais de cette campagne, nous nous proposons d’informer et de conscientiser les jeunes sur le besoin d’un enseignement pratique en concordance avec les demandes du marché du travail et d’informer les responsables de l’éducation et les autorités locales sur les conséquences néfastes pour les jeunes d’un enseignement désuet et purement théorique.

Campagne pour un travail juste et une vie décente

Nous avons lancé une deuxième campagne sur le thème «Pour un travail juste et une vie décente» afin d’attirer l’attention sur le fait que ce manque de connexion entre l’école et le milieu du travail pousse les jeunes insuffisament qualifiés vers le travail en noir.

Nous essayons donc:

• d’avoir une vue détaillée de la réalité vécue par les travailleurs en noir: conditions de travail, abus dont ils sont victimes, sécurité sociale à long terme, sentiments personnels, prise de conscience de leurs droits en tant que travailleurs
• d’identifier les raisons précises de l’augmentation du travail en noir chez les jeunes
• de définir quels sont les choses importantes dans notre travail et notre vie
• de rendre les jeunes conscients de leurs droits et chercher ensemble comment faire pour diminuer le travail en noir

En résumé, le travail de la JOC en Roumanie est un travail de base qui essaie de faire prendre conscience aux jeunes de ce qui se passe autour d’eux et de développer leur esprit critique. Nous essayons de les faire réagir aux injustices qu’ils subissent.
Il y a près d’un siècle, en Belgique, le cardinal Josef Cardijn jetait les bases de la JOC. Comme lui, nous continuons à croire aujourd’hui que chaque jeune vaut plus que tout l’or du monde.

Raluca Petcu
Responsable du développement de la JOC en Europe centrale.

Roumanie, travail en noir et migration

Selon l’Institut National de Statistiques de la Roumanie, le travail en noir concerne 21-22% de la population active, mais les organisations internationales l’estiment à 30-37 % (rapport 2003).
Le travail en noir est concentré dans les secteurs suivants: l’agriculture, la construction, le commerce, l’HORECA, les services aux personnes (couture, enfants, ménage).
Le travail en noir est une des causes premières de la migration des travailleurs vers les pays d’Europe occidentale.
Une enquête effectuée par L’Organisation Internationale de la Migration en Avril 2003 a démontré que:

  17% de ceux qui ont été questionnés ont déclaré qu’au moins un membre de leur famille a travaillé à l’extérieur à un moment donné;
  17% envisagent de trouver un emploi à l’extérieur dans un futur proche;
  8% désirent quitter le pays pour étudier;
  5% ont l’intention d’émigrer définitivement dans un autre pays.

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