Bulletin septembre 2005

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Voyage d’Entraide d’Églises en Roumanie

Des chemins de solidarité et de liberté

Après la chute du mur de Berlin en 1989, l’un des enjeux importants des Églises fut d’inscrire dans une pratique sociale, économique, culturelle et politique les appels évangéliques à la grandeur et à la dignité de l’homme, durement bafouées sous le régime communiste. Confrontées à un libéralisme agressif, les nations durent partir à la découverte des chemins de la solidarité et de la liberté.

La Roumanie tend vers ces nouveaux idéaux. Entraide d’Églises livre aujourd’hui quelques images, glanées au cours de son périple dans ce pays, de Bucarest à Brasov, de Brasov à Cluj.

Nos lecteurs découvriront qu’héritiers d’une Histoire politique et religieuse agitée, Églises et communautés s’ouvrent au dialogue interreligieux. Ils constateront que dans un pays où l’on ne peut compter que sur soi, des ordres et des congrégations de toutes confessions tentent de venir en aide à la population civile. Des hommes et des femmes de bonne volonté - Occidentaux établis en Roumanie ou Roumains courageux et désintéressés - luttent, avec infiniment peu de moyens, contre les difficultés générées par l’accession à l’économie de marché, une société à deux vitesses, des soucis ethniques, une intelligentsia politique peu consciente des immenses besoins de ses citoyens.

Les pages suivantes présenteront quelques-uns de ces projets, qu’ils soient mis en œuvre par l’Église catholique, gréco-catholique ou orthodoxe.

Ce voyage n’aurait pas été possible sans la direction enthousiaste, rigoureuse et attentive de Sœur Marianne Mathieu, déléguée en Roumanie par les Sœurs de la Doctrine chrétienne et l’accompagnement diligent de Sœur Carmen Sammut de la congrégation des Sœurs de Saint Joseph de l’Apparition. Qu’elles en soient toutes deux chaleureusement remerciées. Nous n’oublions pas toutes celles et tous ceux qui les entourent, prêtres, religieuses ou laïcs, qui nous ont servi de guides à un moment ou à un autre et qui nous ont accompagnés sur les routes de leur pays.

Catherine Berkans

A Manastur, David se bat toujours contre Goliath

Cluj-Napoca. Dans le quartier “Manastur” (le quartier des Monastères) où se situe la paroisse de “Manastur 1 vest”, vit la majorité des habitants de Cluj, entassés dans de grands bâtiments rectangulaires, caractéristiques du style “Ceausescu”. Bon nombre d’entre eux ont abandonné leur village pour travailler dans les industries de Cluj. En faillite pour la plupart et donc peu créatrices d’emploi, ces entreprises rassemblent néanmoins autour d’elles une population désireuse de bénéficier de communications plus aisées que dans les villages d’origine.

Jeunes orphelins, adultes sans travail ni revenus, sans-abris, familles à problèmes, malades non soignés au moment où ils le devaient, femmes en difficulté gravitent autour de la “Strada Antonescu”, cœur de la paroisse de Manastur où se construit l’église gréco-catholique. Dans le sous-sol, le Centre Social St Joseph, dirigé par Sœur Carmen Sammut, accueille tous les jours grands et petits en difficulté, de toutes nationalités et de toutes confessions. 

Denis ou le regard d’un enfant

Marcela Crisan est l’assistante sociale du Centre Social St Joseph. Mère de famille, elle a suivi des études de théologie et d’assistance sociale à la faculté gréco-catholique de Cluj. Elle travaille cinq jours par semaine à raison d’un minimum de huit heures par jour et fait également partie de l’équipe de planning familial du diocèse.

Surgi de nulle part, un jeune garçon a fait irruption au Centre, en demandant du secours pour sa famille; Sœur Carmen, Marcela, Dana -sa collègue- et moi-même prenons la route.
Nous sillonnons la campagne: la voiture cahote sur un chemin étroit et pierreux. Soudain, ils sont là. Ils sont cinq: la maman, deux garçons et une fillette âgés de 4 à 8 ans, un garçon de 13 ans et une adolescente de 15 ans. La maison semble sur le point de s’envoler: isolée du monde, fragile construction surmontée de tôles, elle n’est pourvue ni d’eau, ni de gaz, ni d’électricité. A l’intérieur, trois cadres de lits, quelques couvertures; dans son désir de faire de cette masure un foyer, la jeune mère a placé entre les lits une petite table où figurent un réveil et un vase garni d’une fleur. Aucune trace de provisions, encore moins de médicaments ou de jouets.

Profondément humaine, sans paternalisme, Marcela pose des questions précises.

Parce qu’il a volé un morceau de fer, le mari de cette jeune femme est en prison pour deux longues années. Dans l’attente, après avoir vécu avec sa sœur et ses enfants… dans une étable, elle est expulsée par le propriétaire de l’endroit et finit par dénicher la cabane où elle vit actuellement.

Tsigane, avec cinq enfants, elle pense n’avoir aucune chance de trouver une véritable maison. De plus, elle n’ose pas déménager afin de permettre à sa fille de fréquenter une école de la campagne. N’ayant pas de travail, elle n’a pas de revenus; ni elle ni ses enfants n’ont accès aux soins de santé. Visiblement, la famille n’a aucun autre lien social.
Sœur Carmen et Marcela lui proposent de se mettre en quête d’une ferme où elle pourrait habiter et effectuer quelques travaux d’entretien; le Centre assurerait le paiement du loyer et veillerait, dans l’intervalle, à lui faire parvenir des colis alimentaires.
Durant toute la visite, Denis, le plus jeune des garçons, se recroquevillera dans un coin, effrayé, les yeux agrandis de fatigue et de tristesse; si petit, il est déjà “ailleurs”, très loin de nous.  Comment oublier ce regard?

Quelle espérance?

Au retour, nous longeons un lotissement en construction: de belles et grandes maisons s’y élèvent lentement: elles sont la propriété, pour la plupart, d’anciens fonctionnaires du parti communiste.
Marcela souligne que pour beaucoup de non Tsiganes, la situation est également très difficile, voire critique.
En quelques minutes, quelques-uns des principaux verrous qui étranglent une grande partie de la société roumaine -questions ethniques, société à deux vitesses, législation lacunaire- ont été montrés du doigt.

“En Roumanie, constate Sœur Carmen avec amertume, les lois ne soutiennent pas les chômeurs et les sans-abri, même s’ils sont de nationalité roumaine. Le système judiciaire incarcère de pauvres gens pour des banalités durant de longues années, sans leur offrir de formation ni de soutien moral et psychologique à la sortie. L’assistance médicale est réservée à des privilégiés ou à …ceux qui paient…”

La congrégation des Sœurs de Saint Joseph de l’Apparition refuse la fatalité

Un sous-sol…

 

“En 1992, raconte Sœur Carmen, notre congrégation a été invitée en Roumanie par un prêtre gréco-catholique. Nous nous sommes mises au service du diocèse, pour tenter de résoudre les problèmes les plus graves.
Nous avons constaté qu’il était urgent d’enseigner la catéchèse mais aussi de se mettre service des plus démunis. La pauvreté était indicible.
Nous avons commencé par visiter le Centre de Détention pour Enfants; à leur sortie, nous avons invité ces enfants à venir chez nous. Dans les années qui ont suivi, nous avons multiplié les contacts avec les enfants de la rue. Notre communauté occupant un appartement dans un “bloc”, les autres locataires étaient très mécontents de notre activité.
Entretemps, la paroisse gréco-catholique s’organisait. Son jeune prêtre, le Père Ovide Lapuste, nous a permis d’occuper une partie du sous-sol de l’église en construction. L’entrée étant assez large, nous avons aménagé une petite cuisine en pensant que nous pourrions nourrir une trentaine d’enfants.

...trois projets...

Dès le début de l’hiver 2001, nous avons été envahis par des personnes de tous âges, de toutes nationalités ou religions (des personnes âgées avec une très petite pension de retraite, des chômeurs, des sans-abris, des familles entières sans logement). Nous ne pouvions pas leur refuser l’entrée.

Un projet social de plus en plus grand s’est développé et nous nous sommes réorganisées avec une assistante sociale, une cuisinière, des volontaires.
Actuellement, nous offrons un plat chaud par jour à 150 personnes.

Ensuite, nous tentons d’offrir un accompagnement adapté, y compris sur le plan économique, à vingt familles en crise: si elles n’ont pas de logement, nous les aidons à en trouver un et soutenons le loyer pour une période de trois à six mois; entre-temps, nous les accompagnons dans leur recherche de travail. Nous connaissons une famille dont la maman a besoin de travailler, nous intervenons pour payer la crèche ou l’école maternelle durant quelques temps. D’autres n’ont pas payé le gaz, n’ont pas l’électricité. L’hiver est affreux; ils ne peuvent pas vivre de la sorte et nous essayons de régler leurs dettes afin qu’ils puissent survivre et faire face à leurs dépenses car les salaires sont très bas.

Enfin, un autre projet concerne les familles qui “survivent” mais qui ont besoin d’aliments et de divers objets pour leurs enfants; nous en suivons cinquante par semaine.

…et un morceau de terrain

Le travail est difficile car nous ne disposons pas de vrais locaux. Actuellement, dans notre sous-sol, il y a place pour trente personnes à la fois. Il faut donc tout recommencer pour les trente personnes suivantes. La cuisine est trop petite pour pouvoir contenir un lave-vaisselle par exemple; il faut travailler à la main. Les provisions sont réparties de différents côtés; le bureau de l’assistante sociale est l’église, c’est un grand bureau, mais il est très froid…!!
La mairie nous a concédé un terrain situé près de l’église. Mais les propriétaires de ce terrain, qui fut exproprié en 1948 suite à la communautarisation des biens par le régime communiste, contestent la donation. Après maintes tentatives de conciliation, l’affaire a été portée devant la Cour d’Appel. Nous attendons. Nous comptons y bâtir un centre social adapté à nos besoins et nous recherchons sans relâche les fonds nécessaires”.

Œcuménisme et partenariat

N’opérant aucune distinction de nationalité ou de confession parmi ceux qu’il accueille, le Centre St Joseph fait l’objet du regard bienveillant des autorités religieuses catholiques, gréco-catholiques et orthodoxes.

L’engagement de Sœur Carmen et des sœurs de sa congrégation attirent partenaires et volontaires.
Ainsi, l’Évêque gréco-catholique a-t-il inscrit dans le programme de chaque séminariste, à tour de rôle, une journée de service à Manastur.
“Nous faisons également appel à des volontaires de la paroisse, explique Sœur Carmen. Certains donnent des leçons, aident au déchargement des camions humanitaires, distribuent des vêtements. Parfois, nous faisons appel au groupe des alcooliques anonymes, car ils sont très bien organisés; leur expérience soutient et forme nos volontaires.
Certains membres des familles aidées viennent également donner un peu de leur temps au Centre.
Des entrepreneurs locaux, des amis étrangers nous envoient parfois des cadeaux pour les enfants.
Enfin, j’ai pratiqué l’enseignement lors de la première année de mon séjour, et cela a facilité les contacts avec les étudiants susceptibles de nous assister”.

Agents très efficaces du dialogue interreligieux, Sœur Carmen et son remarquable Centre social ne peuvent nous laisser indifférents…

Se former pour mieux servir

Durant un demi-siècle de joug communiste, l’être humain fut réduit à n’être qu’une pièce insignifiante dans le mécanisme tout puissant de l’État. Afin qu’émerge, dans ces pays ainsi dominés, une communauté d’hommes conscients de leur dignité, la formation est devenue une priorité non seulement dans le travail social et les médias -d’où l’Église avait été systématiquement écartée- mais aussi dans les domaines religieux et pastoraux qui, officiellement, n’avaient pas droit à l’existence. Dans la Roumanie, tout particulièrement frappée sous le pouvoir despotique du président Ceausescu, des congrégations religieuses se penchent sur cette question.

Mille septante-neuf religieuses catholiques et gréco-catholiques

Après la chute du régime de Ceausescu, quelques Sœurs de bonne volonté, de diverses nationalités et congrégations, décident de travailler ensemble en ce sens. C’est à l’initiative de Mgr John Bukovsky, nonce apostolique, que leurs efforts se concrétisent en une “Conférence Roumaine des Supérieures Majeures” dont la personnalité juridique est établie en 1998.
Dans une société où l’isolement avait été de règle, rassembler est une tâche ardue.
Passant de 60 Congrégations ou Sociétés de Vie apostolique à 76 au cours de ces dix dernières années, la CRSM a réussi à rassembler 1079 religieuses romano-catholiques et gréco-catholiques. Elle établit un lien entre les différents Instituts pour une meilleure réalisation de leur mission d’Église. Elle soutient chaque congrégation religieuse dans le développement de son caractère propre et de son charisme, tout en respectant l’autonomie de chacune. Elle s’efforce de promouvoir une collaboration œcuménique avec les autres Confessions de foi. Elle s’attelle au traitement des problèmes communs à tous les Instituts, qu’ils soient d’ordre ecclésiastique, apostolique, ou civil et administratif.

Une formation en commun

“Pour pouvoir offrir quelque chose à l’Église et à la société roumaines, disait déjà en 1996 Sœur Ioana Bota, la première présidente de la CRSM après la Révolution, nous devons d’abord nous former.
En enrichissant nos connaissances religieuses, nous pouvons améliorer notre activité, pour soulager les souffrances et atténuer la pauvreté, répondre aux besoins et combler les manques. La tâche n’est pas aisée”.
Dès 1996, la Roumanie devient le seul pays d’Europe centrale où une formation permanente des Sœurs, dans un esprit de collaboration et de communion fraternelle, est organisée pour toutes les congrégations.
Les cours sont ouverts en priorité aux jeunes Sœurs engagées dans le travail actif d’apostolat. Le nombre d’inscriptions ne faisant qu’augmenter, les cours sont répartis en plusieurs sessions. Les aspirantes et novices reçoivent une série de cours axés sur l’engagement dans la vie consacrée, et sur ses motivations authentiques; les Supérieures des communautés reçoivent un enseignement axé sur l’autorité vécue dans un esprit de service et selon les exigences de la mission apostolique. La lectio divina, la liturgie de rite oriental, l’iconographie, complétée par des cours pratiques comme la peinture d’icônes, figurent au programme et visent à ouvrir à la spiritualité orthodoxe et donc aussi gréco-catholique. Les programmes se veulent équilibrés, alliant formation et mises en situations concrètes, vie spirituelle et détente.
Une commission de formation analyse régulièrement les souhaits de formation exprimés par les Sœurs et en tient compte. Mais dans le choix des thèmes, elle s’oriente aussi d’après les priorités fixées tous les trois ans par l’Assemblée générale de la CRSM.
Ainsi, la mission d’évangélisation, le travail avec les jeunes, la présence de l’Église dans les médias et la croissance spirituelle seront-ils à l’ordre du jour des trois années futures.
Un effort tout particulier porte depuis peu sur la formation de formatrices et ceci en trois modules de neuf jours par année, pendant une durée de deux ans. Les enseignants et enseignantes viennent de Rome, de Hongrie et de Roumanie

La CRSM, la population roumaine et l’Europe

“Avant la venue du pape, les choses n’étaient pas toujours faciles, souligne Sœur Ildiko Homa, secrétaire de la Conférence. Nous étions beaucoup mieux accueillies dans les instituts hospitaliers que dans les écoles, où notre habit religieux n’était accepté que pour les cours de religion. Maintenant, l’ouverture est plus grande. Mais nous devons être prudentes: en tant que catholiques et gréco-catholiques, nous constituons une très faible minorité confessionnelle.
La Roumanie progresse très lentement: nous espérons que l’entrée dans l’Europe améliorera la situation politique et sociale et que le sens de l’initiative se développera. Inévitablement, l’attrait de la richesse et du pouvoir se manifestent dans une société à deux vitesses. La question de la responsabilité personnelle et le sens du bien commun doivent être développés. En attendant, nous poursuivons nos efforts, en nous formant nous-mêmes et en essayant de répercuter ces acquis autour de nous”.

Mociu, centre St Nicolas
Une maison de retraite où il fait bon vivre

Depuis la chute du Président Ceausescu en 1989, les Institutions d’État préposées à l’accueil des personnes âgées ne peuvent plus faire face au nombre croissant de demandes. En effet, les difficultés auxquelles sont confrontées la plupart des personnes âgées en Roumanie sont de plus en plus grandes: le plus souvent, il s’agit de personnes seules ou délaissées, qui, en raison de leurs problèmes de santé et de leur très faible pension, sont dans l’impossibilité de subvenir à leurs besoins fondamentaux.
D’autre part, la tradition selon laquelle les familles avaient à cœur de prendre soin de leurs grands-parents s’effrite dans toutes les catégories de la population.
Alertés lors de leurs visites à domicile et de leurs échanges avec les Pères spirituels des fidèles, les prêtres des doyennés de l’arrondissement de Cluj ont attiré l’attention des autorités religieuses sur cette situation.
Ouverte à l’œcuménisme, l’association philanthropique médicale chrétienne orthodoxe Christiana, qui se trouve sous l’autorité de l’Archevêché de Vad, Feleac et Cluj, offre une assistance médicale aux personnes en difficulté sans distinction de nationalité, de race, et de religion.
 Prenant en compte les besoins signalés, l’association a décidé d’aménager une grande maison de retraite située à Mociu, à 40 km de la ville Cluj-Napoca. Les bons contacts qu’elle entretient avec certains ministères et administrations lui ont permis d’obtenir le financement des salaires du personnel.

Le petit paradis du Père Justin Câmpean

Sœur Marie-Anne Mathieu, déléguée en Roumanie par les Sœurs de la Doctrine chrétienne, le Père Claudiu Precup, directeur de l’école pour jeunes défavorisés de Christiana et moi-même quittons Cluj-Napoca: nous traversons une splendide campagne aux douces ondulations d’un vert lumineux et nous nous arrêtons au centre du grand village de Mociu, doté de 3000 habitants.

Mes compagnons connaissent déjà les lieux... Dès l’abord, quelques éléments insolites attirent mon attention et je dois me convaincre que c’est bien une maison de retraite que nous visitons.

Sous ce chaud soleil de juin, la grande maison blanche enguirlandée de fleurs a un aspect provençal. Elle est plantée au centre de vastes étendues vertes, où l’on découvre successivement, d’ouest en est, un poulailler en pleine effervescence, un énorme potager, un kiosque en bois, fleuri. Lorsque nous descendons de voiture, une septuagénaire à l’air malicieux nous apporte gaillardement des œufs.
Le Père Justin Câmpean, manager des lieux, nous convie à entrer. Très vite, il apparaît que nous avons affaire à un homme hors du commun car le Père Justin Câmpean est un prêtre heureux de vivre et de travailler. Énergique, d’une discrète et rayonnante efficacité, il croit à la vie, malgré les difficultés, tout en multipliant les efforts pour offrir le meilleur à 21 pensionnaires, qui sont devenus ses amis.

Outre les services habituels d’une maison de repos conviviale et médicalement adaptée à ses hôtes, le Père Câmpean offre surtout aux résidents l’espérance d’une vie paisible mais aussi, pour ceux qui en sont encore capables, la possibilité de travailler à la ferme et au jardin, dont la maison tire par ailleurs 30% de ses productions directes !

Une grande attention est portée à l’assistance religieuse: le centre possède une chapelle et une bibliothèque d’ouvrages religieux; des réunions et conférences sur des sujets de spiritualité ainsi que des voyages dans des monastères sont organisés.

Convalescents du communisme

L’aventure du Centre Social St Nicolas débuta en décembre 2001.
Y sont admises toutes les personnes handicapées (à l’exception de celles qui souffrent de maladies neuropsychiques) et celles qui ont des difficultés sociales.

En proie à 30 années d’une dictature de fer, les Roumains ont été livrés à la sujétion et à la solitude. Faisant droit à l’initiative personnelle, tournés vers autrui et croyant à la solidarité, des hommes comme le Père Justin ouvrent  des pistes de renouveau  à une société convalescente du communisme, en transition difficile vers une économie de marché.

CB

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