Bulletin décembre 2004

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SOMMAIRE

INTERVIEW DE MONSEIGNEUR VLK
Archevêque de Prague

LE TEMPS DES FONDATIONS
Les médias catholiques tchèques et français parient sur l’avenir

TRUSKAVA
Au cœur de la Lituanie

LETTONIE
L’Église catholique lettone s’ouvre à l’Église universelle

EUROPÉENS A BRUXELLES
Accueil, pastorale, centres de réflexion

Comme un trésor d’innocence caché dans le silence blanc de la neige…

Si je ferme les yeux en pensant à Noël, c’est le bruit doux des pas sur la neige qui me vient d’abord à l’esprit. C’est ensuite le visage de ma grand’mère qui, en hiver, venait vivre chez nous. Cette petite femme courageuse était très croyante. Presque chaque jour, elle allait à la messe où je l’accompagnais parfois. En hiver, la nuit tombe tellement tôt chez nous… j’avais l’impression qu’à l’église on n’allait que lorsqu’il faisait noir. A l’époque soviétique, les églises en Lituanie étaient presque vides; seules quelques personnes âgées s’y rendaient pour la messe. D’où la seconde certitude de mon enfance: l’église est un lieu destiné aux grands-mères.

Je ne savais pas de quoi il s’agissait dans ce bâtiment. Jamais mes parents, ni même ma grand’mère ne soufflaient mot là-dessus. Moi-même, enfant généralement curieuse et active, je ne posais pas de questions à ce sujet. Comme si quelque part dans l’air était clairement écrit que ce domaine était un très grand tabou. Très peu d’enfants avaient une certaine connaissance religieuse. C’était trop dangereux. Moi, en tout cas, même si je ne savais rien et ne comprenais rien, j’aimais beaucoup accompagner ma grand’mère. Dans mon imagination, l’église était un reflet du monde des contes: un grand espace, une acoustique splendide, l’odeur de l’encens, l’éclairage comme dans un palais, de vrais tableaux! Pour nous, enfants d’un pays soviétique, l’effet était impressionnant et très romantique.

Officiellement, il n’était pas interdit de fêter les fêtes religieuses mais tout le monde savait qu’en fait, ce l’était. Heureusement, dans les pays baltes l’idéologie communiste était plus faible et nous étions un peu plus libres que les gens en Russie même. Donc, la veille de Noël, un peu en cachette, on se rassemblait autour de la table dans nos familles respectives. Je ne me rappelle pas d’une prière, je crois que les gens priaient en silence. Je suis sûre qu’on ne parlait pas de Dieu mais, même enfant, je savais que ce jour était différent des autres, qu’il était très important. Deux choses reflétaient un aspect particulièrement magique: on mettait une assiette en plus sur la table pour dire que, ce soir-là, la porte était ouverte; si quelqu’un voulait sonner, on l’inviterait à manger avec nous. De même, on laissait les plats sur la table toute la nuit parce que “les esprits des morts viennent fêter la Noël quand nous dormons”. J’adorais cette tradition surtout à partir du moment où ma grand’mère a fermé ses yeux pour la dernière fois; la nuit de Noël, je restais éveillée très longtemps, j’essayais de sentir la présence des esprits espérant toujours revoir ma grand’mère bien-aimée…

Maintenant, bien sûr, j’en sais beaucoup plus sur cette fête, mais la Noël de mon enfance, sans bruit commercial, sans obligations parfois forcées, reste en moi comme un trésor d’innocence caché dans le silence blanc de la neige.

Zydre Bakutyte (Lituanie)

Interview

IL FAUT FORMER LE PEUPLE DE DIEU
Interview de Monseigneur Vlk, Archevêque de Prague

A l’occasion de la présentation de l’avant-première du “Temps des Fondations”, nous avons eu le privilège de nous entretenir avec Monseigneur Vlk, Archevêque de Prague. Nommé Évêque en 1990, il fut désigné Cardinal il y a 8 ans. Avec force, sincérité et simplicité, Monseigneur Vlk nous parle de son Église.

EE. ÉMINENCE, QUEL EST LE VISAGE ACTUEL DE L’ÉGLISE TCHÈQUE?

Mgr Vlk. De manière générale, l’héritage du communisme est très lourd; l’Église reste isolée et les laïques y sont très passifs. Maintenant que le régime communiste a disparu, il est nécessaire d’ouvrir l’Église et de l’unir au peuple de Dieu. Y engager les laïques est très important pour nous, spécialement en collaboration avec les pasteurs, les prêtres, dans les paroisses et au niveau des diocèses.

Les prêtres aussi ont besoin d’être formés; en effet, ils ont vécu 40 ans dans un système d’isolement qui limitait leurs activités; pour cela aussi, il faut favoriser la collaboration avec les laïques. Les mentalités doivent changer.

Il faut bâtir des conseils paroissiaux, des conseils économiques, des conseils de laïques. Il faut restructurer les paroisses: la situation des paroisses chez nous rappelle très fort celle de l’époque de l’empire austro-hongrois; après deux siècles, le changement est nécessaire! Nous sommes en train de l’accomplir.

Les médias constituent un champ de travail très important. Au niveau des médias locaux, les gens ne sont pas capables de collaborer à l’élaboration des journaux et revues de paroisse, et nous devons aussi former des laïques pour ce travail. Nous devons apprendre à collaborer avec les médias d’état, qui produisent arbitrairement films et émissions contre l’Église; il faut réagir or, suite à l’héritage du communisme, les gens ont perdu l’habitude de réagir.

De manière globale donc, il faut éduquer le peuple de Dieu.

EE. Y A-T-IL DES ORGANISMES DE FORMATION CATÉCHÉTIQUE?

Mgr Vlk. Dans chaque diocèse, il y a un Centre de catéchèse qui organise la formation. Ce sont surtout des dames qui se chargent de la catéchèse.

EE. COMMENT S’ORGANISE LA FORMATION DES PRÊTRES?

Mgr Vlk. Nous pratiquons la formation continue du sacerdoce. Après l’ordination, les prêtres ont le devoir de poursuivre leur formation théologique et spirituelle durant cinq ans à la Faculté de Théologie. Des revues sont à la disposition des prêtres, dans chaque diocèse. Enfin, nous organisons des rencontres pastorales tous les mois. Nos Évêques participent à ces rencontres.

EE. QUELLE EST L’IMPORTANCE DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE EN RÉPUBLIQUE TCHÈQUE?

Mgr Vlk. Sur 29% de personnes inscrites dans l’Église catholique, 8 ou 9% sont des “visiteurs de l’Église”. Ceci n’est pas l’indicateur le plus pertinent pour la vie chrétienne, car elle ne consiste pas seulement à participer à la messe, mais c’est une indication. Nous constituons une minorité dans la nation. Il est indispensable de s’en rendre compte. Il est nécessaire de retrouver une attitude de service envers les Communautés.

EE. QUEL EST SON IMPACT DANS LA SOCIÉTÉ?

Mgr Vlk. L’aspect social est très important chez nous. Dès la chute du communisme, nous avons relancé la Caritas, qui occupe une grande place dans la société, ne rencontre pas d’obstacles au niveau de l’Etat tchèque, et œuvre pour les sans-abris, les marginaux, les handicapés. La Caritas travaille aussi pour l’étranger: l’adoption à distance, l’Inde où sept mille enfants sont soutenus dans leurs études, l’Angola et l’Ouganda, où nous voulons construire un hôpital; c’est une face de l’Église ouverte sur la société.

EE. COMMENT PEUT SE POURSUIVRE LA COLLABORATION AVEC ENTRAIDE D’ÉGLISES?

Mgr Vlk. Entraide d’Églises peut aider des laïques tchèques à aller se former à l’étranger, afin qu’ils acquièrent une expérience dans divers milieux, les médias par exemple.

Interview réalisée par Catherine Berkans

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LE TEMPS DES FONDATIONS
Les médias catholiques tchèques et français parient sur l’avenir

Depuis 2002, la société de production tchèque IMAGO, qui travaille exclusivement dans le domaine de la création cinématographique centrée sur les sujets spirituels, et le Comité Français de Radio-Télévisons (CFRT) se sont associés pour réaliser et produire “Le Temps des Fondations”. Le 18 novembre, à Paris, s’est tenue à l’Ambassade tchèque l’avant-première de cette coproduction. Son Éminence le Cardinal Vlk et Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Pavel Fischer honoraient cette soirée de leur présence. Entraide d’Églises a répondu avec joie à l’invitation qui lui a été faite d’assister à cette avant-première.

En Europe centrale et orientale où rien n’a pu se faire librement durant 50 ans de régime communiste, l’Église a été systématiquement écartée des domaines religieux, pastoraux, mais aussi du travail social et des médias. La formation y est dès lors une priorité absolue: en effet, le journaliste de l’après 1989 -date de la chute du mur de Berlin et de la fin du régime- doit faire l’apprentissage non seulement des techniques spécifiques à son métier, mais aussi de la liberté d’expression!

Prague: l’Institut de la Communication

 

Avec une grande lucidité, conscient de l’urgence pour l’Église catholique tchèque libérée de se doter de médias adéquats, le Cardinal Miloslav Vlk, Archevêque de Prague, y fonde en 1993 l’Institut de la Communication. Il fait appel au Père Noël Choux, prêtre de la Mission de France et grand professionnel dans ce domaine. Celui-ci s’établit dans la capitale et un profond travail de collaboration débute. Une équipe de journalistes professionnels se met progressivement en place sous la direction du Père Choux.

De 1993 à 1999, Entraide d’Églises soutient l’action de cet Institut. Dans le même temps, afin d’avoir la liberté de produire des films et de pourvoir à son indépendance financière, l’Institut crée une société de production audiovisuelle, IMAGO, qui bénéficie de l’apport des compétences du CFRT.

Celle-ci crée des films pour les enfants, basés sur la solidarité, la force de la famille, l’amitié… traduits et distribués dans la plupart des pays d’Europe. En collaboration avec la télévision tchèque, la société s’attache aussi, dans divers documentaires, à présenter un nouveau visage de l’Église.

Aujourd’hui, Imago finance ses propres activités et subvient aux besoins de l’Institut: l’on ne peut qu’admirer le chemin parcouru!

 

“Le Temps des Fondations”

 

La collaboration entre les médias catholiques tchèques et les médias catholiques français culmine dans ce superbe film d’animation en 27 épisodes dont les principaux personnages sont des marionnettes animées. Unissant savoir-faire tchèque et qualité de production et de diffusion française, “Le Temps des Fondations” voudrait faire découvrir à de jeunes spectateurs les éléments fondateurs des trois grandes religions: le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.

Consacrée au Judaïsme, la première série présente la libération du peuple hébreu de l’Égypte et les événements du Mont Sinaï; la seconde série sera consacrée au Christianisme et relatera les événements qui se sont déroulés, de la Crucifixion de Jésus à la naissance des premières communautés chrétiennes. Quant à la troisième, elle montrera l’Islam en train de naître, lors de la fuite du prophète Mahomet à Médine. Un conseiller religieux de chaque confession a accompagné les scénariste, réalisateur et producteur.

Le coup de génie de cette magnifique coproduction est de présenter à des enfants de 7 à 10 ans trois séries d’aventures vécues par des personnages qui, eux aussi, sont des enfants. En s’identifiant aux marionnettes, ils “entrent dans les événements et comprennent les valeurs humaines fondamentales indépendamment des différences entre les religions, les peuples et leurs histoires”. Le film garde l’esprit des textes fondateurs.

 

Un pari sur l’avenir

 

“La République tchèque entre dans l’Union européenne avec ses richesses; l’une d’elles est la  qualité de son cinéma d’animation, souligne Monseigneur Vlk dans son discours  d’inauguration. Avec cette coproduction franco-tchèque, l’Église prend sa place dans l’éducation des jeunes. La culture et l’artisanat y sont mis au service de la foi. Nous désirons faire connaître aux enfants les débuts des trois grandes confessions et les racines de l’identité européenne, et contribuer ainsi à la construction de la paix. Nous souhaitons qu’en découvrant mutuellement leurs différences et leurs richesses, tous les enfants du monde apprennent à se connaître et à s’aimer “.

 

Monsieur Pavel Fischer, ambassadeur de la République tchèque en France, insiste sur la nécessité de promouvoir la culture religieuse et de collaborer par-delà les frontières.

 

Ce pari sur l’avenir, ajoute-t-il, l’est aussi sur un plan technique: la série complète “sortira” en 2006.

 

C’est ce que confirme le Père Choux, en commentant le passionnant petit film de clôture de cette avant-première, consacré à la fabrication des figurines et à leur animation. Chaque personnage est d’abord dessiné, la marionnette est réalisée ensuite. Le tournage s’effectue image par image: 25 images par seconde reproduisent le mouvement. Deux minutes sont réalisées par semaine (chacune des trois séries comporte 9 épisodes de 7 minutes). L’investissement en compétences, temps et salaires est donc considérable.

“Nous vous invitons, ajoute-t-il, à l’avant-première de la série Christianisme qui aura lieu dans un an, puis à celle de la série Judaïsme qui se tiendra dans deux ans.”

 

En conclusion

 

Il reste à espérer que les chaînes de télévision européennes seront tout aussi séduites que les spectateurs de cette avant-première, tant par la délicatesse avec laquelle les thèmes spirituels sont abordés que par la qualité technique du film, au niveau du mouvement et de la poésie des couleurs.

L’Église universelle y tient ici, avec efficacité et élégance, son rôle dans la construction européenne.

Catherine Berkans

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TRUSKAVA

Au cœur de la Lituanie

 

Située aux frontières de la Russie, entre la Lettonie et la Pologne, en bordure de la Mer Baltique, la Lituanie est la plus grande des Républiques baltes. Sur ses 3.700.000 habitants, 80% sont lituaniens, 8.2% sont russes, 6.9% sont polonais.

Ukrainiens, Biélorusses et Juifs composent 3% de l’ensemble.

Le pays est, en majorité, de confession catholique.

Après la chute du régime communiste, une véritable soif de vie religieuse contemplative et un désir de renouveler le cœur de la vie chrétienne se développent.

 

La Communauté Marie Porte de l’Aurore et Sainte Petite Thérèse

En 1991, Sœur Rose-Anne Graulich, belge et infirmière de formation, quitte définitivement notre pays pour s’installer en Lituanie.

Quarante-sept jours après son arrivée, deux jeunes femmes lui demandent de commencer une vie de Carmel en sa compagnie. Monseigneur Backis, alors archevêque de Vilnius, encourage Sœur Rose-Anne à fonder une Communauté qui offrirait à diverses personnes la possibilité de passer plusieurs heures ou quelques jours dans le silence et le recueillement.

Il lui offre à Vilnius, la capitale, un couvent délabré qu’elle reconstruit, avec l’aide de sa famille, d’amis et de groupes de prière belges et français.

Le 25 mars 1994, débute une vie à trois de communauté, et d’accueil des jeunes qui désirent entamer un chemin de restructuration intérieure.

De Vilnius à Krikstenai, de Krikstenai à Truskava

En décembre 1995, la nouvelle Communauté se voit dans l’obligation de quitter Vilnius et de laisser le couvent à la paroisse. A l’appel de Monseigneur Matulaitis, les trois Sœurs déménagent à Krikstenai, dans le diocèse de Kaisiadorys. La Communauté s’est agrandie. Cinq Sœurs prient 7 heures par jour et leur travail consiste à faire le ménage, la cuisine et le jardin. Elles effectuent en outre une annonce de la parole, une aide à la prière, un approfondissement de la liturgie et l’accompagnement des retraites, individuellement ou par petits groupes.

C’est en 2003, quand la Maison devient trop petite et que la Communauté doit refuser du monde, que l’Evêque du diocèse de Panevezys propose à Sœur Rose-Anne d’occuper un petit domaine, situé à trois heures de la capitale, et composé d’une grande et belle maison, d’une église et d’un presbytère.

Le 5 septembre 2004, La Communauté Marie Porte de l’Aurore et Sainte Petite Thérèse inaugurait à Truskava la Maison Marie, Mère de Miséricorde et fêtait le dixième anniversaire de l’existence de la Communauté. Entretemps, trois Sœurs étaient venues les rejoindre…

Truskava, une communauté priante

C’est en présence du Nonce apostolique pour les pays baltes, Monseigneur Peter-Stephan Zurbriggen, de Monseigneur Preiksas, Evêque émérite de Panevezys, et de Monsieur Pierre Minonzio, Consul Honoraire de Lituanie en France, que fut célébrée la messe de ce dixième anniversaire.

Devant une foule attentive et recueillie, Monseigneur Zurbriggen salue le charisme de ce Carmel placé à mi-chemin entre le Carmel cloîtré et le Carmel apostolique tel qu’on le connaît en Belgique (évangélisation et prière). Il insista sur la nécessité, pour le monde, de “centres spirituels, où l’on prie sans relâche et où l’on rend grâce en toutes circonstances”. Il salua la confiance, le courage et la persévérance de la Fondatrice et de sa Communauté. Il souligna enfin avec énergie la nécessité de forger une “humanité de respect des uns envers les autres”…

Après la célébration, la Maison “Marie, Mère de Miséricorde” fut bénie de haut en bas et les invités furent conviés à un de ces merveilleux buffets dont les Lituaniens ont le secret. Un film retraçant l’histoire de la Communauté clôtura cette journée, qui ancre définitivement la Communauté Marie Porte de L’Aurore. Et Sainte Petite Thérèse dans l’Église lituanienne.

Catherine Berkans

 

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L’Église catholique lettone s’ouvre à l’Église universelle

Tous les systèmes qui nient la dignité humaine commencent par prendre le contrôle de l’information. Il semble donc que l’information soit un élément capital dans la vie de l’homme qui assume sa liberté. Le domaine religieux n’échappe pas à cette nécessité. Depuis 2003, l’Église catholique lettonne s’investit dans le domaine médiatique.
Sous l’impulsion et la direction énergique du Père Andris Kravalis, jeune père spirituel du Grand Séminaire de Riga, est en train de se créer le “Centre d’Information de l’Église catholique lettonne”. Ordinateurs et fax sont installés dans deux petits bureaux d’une aile du Grand Séminaire et le travail débute. Rapidement, le projet prend de l’envergure.

Au service de l’Église lettonne

De Offices à Riga à Églises en action, puis à Carnet d’adresses 2004, le Centre informe la société lettonne sur l’histoire et l’actualité de son Église catholique et des Églises-Sœurs.

Véritable “laboratoire d’œcuménisme”, le pays rassemble 20% de catholiques (de rite latin ou byzantin), 24% de luthériens et 20% d’orthodoxes et le dialogue interconfessionnel y est fécond.

Tandis qu’Offices à Riga livre en six langues au citoyen letton et au touriste étranger les horaires des offices catholiques, orthodoxes, luthériens, baptistes, Églises en action présente l’histoire, la spiritualité et les activités des congrégations, organisations et communautés de l’Église catholique lettonne. Tout comme le Carnet d’adresses 2004, les deux brochures établissent d’abord un “état des lieux” puis se veulent des outils de contact avec les divers acteurs de la vie chrétienne.

Une série de dépliants comportant une information concentrée sur les différentes spiritualités approfondit le propos.

Au service des Églises-Sœurs

Deux cents abonnés reçoivent notamment par mail un recueil hebdomadaire des principaux événements de la vie chrétienne lettonne.

Une véritable activité d’agence de presse à destination des médias lettons est mise sur pied, dans le même esprit de service et de travail œcuménique. “Nous devons nous entraider, nous écouter. Nous n’essayons pas de fonder un bastion de la catholicité, mais nous tentons de bâtir un dialogue”, dira le Père Kravalis.

Au service de l’Église universelle

Un site web multiforme et constamment alimenté voit le jour. Ses concepteurs se préparent à le traduire en anglais. En attendant, ils tissent des liens avec diverses agences de presse d’Europe centrale et orientale, et sont ouverts à toutes les propositions de collaboration avec les agences occidentales.

Étape par étape, le Centre d’Information est en train d’élaborer une Église virtuelle. Ainsi, en collaboration avec la mairie de Riga, mettent-ils au point un procédé permettant à l’internaute penché sur le plan de Riga de pénétrer par le biais d’un simple clic dans les églises de la communauté catholique, d’en découvrir l’histoire, l’architecture, et grâce à une technique panoramique, de les visiter.

Une conception dynamique

Le Centre d’Information est un exemple frappant de courage et d’énergie. Dix à quinze bénévoles, laïques pour la plupart, y travaillent, en fonction de leurs disponibilités professionnelles ou familiales. Une, voire deux personnes s’y relaient en permanence pour un salaire dérisoire.

Dans la communauté catholique en pleine expansion (15 nouvelles paroisses se sont créées au cours des 10 dernières années), les collaborations entre l’Église et le laïcat se multiplient. Fruit de ce partenariat, né d’une conception dynamique de dialogue entre l’Église et la société, le Centre d’Information de l’Église catholique doit à présent rechercher les moyens de son action, tant sur le plan financier que sur celui du personnel, toutes aides dont elle a été privée durant cinquante interminables années de régime communiste.

Catherine Berkans

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EUROPÉENS A BRUXELLES
Accueil, pastorale, centres de réflexion

LE FOYER CATHOLIQUE EUROPÉEN

L’installation des institutions européennes à Bruxelles, en 1958, a amené en cette ville de nombreux fonctionnaires avec leur famille. Très vite une première école européenne fut créée. Les fonctionnaires, non formés à vivre à l’étranger comme le sont les membres du corps diplomatique, éprouvaient un réel dépaysement. Venant de six pays majoritairement catholiques, ils étaient à la recherche d’une “patrie religieuse”. Le Cardinal Suenens confia cette tâche pastorale aux jésuites, très vite secondés (Vatican II oblige) par de nombreux laïcs. Le Foyer catholique européen était né (1962). Son objectif: “Etre un signe d’unité de chrétiens engagés dans le processus d’unification de l’Europe”.

Le Foyer fut fréquenté depuis les origines par les Italiens et les Français suivis par les Espagnols et les Polonais, les autres pays se regroupant plutôt par communautés linguistiques (actuellement, quatre communautés anglophones à Bruxelles).

un centre de réflexion, de rencontres, de développement personnel et de célébration.

Selon la spiritualité de St Ignace sur laquelle il est basé, sa méthode est de partir du monde et des défis qui nous entourent, d’observer attentivement la réalité et d’entreprendre des changements là où ils sont nécessaires. Le Centre travaille en étroit lien avec la pastorale des communautés d’origines étrangères reliées au Vicariat qui touche plutôt les travailleurs migrants.

Rue du Cornet, 51

1040 Bruxelles

 

LES ECOLES EUROPEENNES

 

Elles regroupent les enfants des fonctionnaires de l’Europe ainsi que de l’Otan et du corps diplomatique. Aujourd’hui, 7.500 élèves fréquentent les trois écoles.

Une quatrième école est en construction (on attend 1.000 élèves de plus). L’enseignement religieux fut confié initialement aux jésuites. Ils sont moins présents actuellement: une seule coordinatrice est mandatée par le cardinal pour recruter 45 enseignants. L’élaboration du programme se fait en collaboration avec la COMECE(voir ci-après).

 

LA CHAPELLE DE LA RESURRECTION

Située rue Van Maerlant (au bas de la rue Belliard, sortie de gauche), la chapelle en fort mauvais état a été achetée, il y a 8 ans, par une ASBL formée par des fonctionnaires européens et des jésuites. Elle est aujourd’hui un havre de silence au cœur du quartier administratif européen. Espace de réunions, de célébrations, de logement, de recueillement, c’est un lieu de vision et d’ouverture œcuménique.

Rue Van Maerlant,
1040 Bruxelles

LA VIALE

 

Accueil et animation spirituelle

 

La Viale est née du Foyer Catholique Européen, en 1969, dans un petit hameau de Lozère, en ruine. Les jeunes y sont accueillis par une équipe sous la responsabilité d’un jésuite (actuellement, Etienne Amory) pour faire l’expérience du travail manuel, du partage, de la prière, pour trouver ou retrouver un sens à la vie.

En 1975, s’est ouverte à Uccle, Chemin d’Opstal, une maison d’accueil du même style. Les célébrations eucharistiques y sont très vivantes. Enfin, récemment, s’est ouverte La Viale Europe.

Chaussée de Wavre,105
1050 Bruxelles

L’OCIPE

Office catholique d’information et d’initiatives pour l’Europe

 

D’origine jésuite également, l‘Ocipe désire être présent auprès des décideurs pour entretenir avec eux un dialogue, leur poser des questions, voire manifester son désaccord. Informer les Églises d’Europe et les fonctionnaires européens des décisions prises en haut lieu, surtout dans les domaines religieux et sociaux. Bulletin mensuel: Europe infos

Rue du Cornet, 51,
1040 Bruxelles

 

LA COMECE

Commission des évêques de la Communauté européenne

La Commission n’a pas de fonction pastorale directe mais elle informe les évêques européens des enjeux de la construction de l’Europe. Elle a la responsabilité des programmes de religion dans les Écoles européennes.

C’est avant tout un centre d’études, entre autres, des lois européennes et de la présence de l’Islam en Europe.

DOMINICAINS ET FRANCISCAINS

Il n’y a pas que les jésuites qui se soucient du présent et de l’avenir de l’Europe.

La communauté internationale des dominicains se centre sur la prière et l’eucharistie en plusieurs langues. “L’Espace” promeut l’étude des cultures et le partage de vie pluriculturelle. En son sein, le “Forum Renaissance” est un centre important de dialogue et de conférences.

Avenue de la Renaissance, 40

1040 Bruxelles

 

Les franciscains forment une communauté internationale à dimension européenne et mondiale.

Avenue du Chant d’Oiseau, 2

1050 Bruxelles

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Avec nos remerciements à Pax Christi Wallonie-Bruxelles pour les renseignements communiqués.
L’accueil plus spécifique des chrétiens orthodoxes et protestants n’est pas mentionné dans cet article.
B.M.