Bulletin septembre 2002

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Poser des gestes de é
 

C'est bien connu: les hommes ne sont jamais contents. En effet, quand leur satisfaction croît, du même coup croît aussi le niveau de leurs aspirations.

 

Dans les pays de l'Est, l'écroulement du communisme a provoqué une immense satisfaction mais entraîné aussi d'immenses aspirations. Après quelque douze ans, l'heure est au réalisme, seule manière positive d'échapper à d'immenses déceptions. Cela est vrai dans les domaines du politique, du social, de l'économique mais aussi dans les Eglises. La liberté retrouvée - nous l'avons signalé plusieurs fois - n'a pas été qu'une bénédiction: elle a ouvert la voie à de nouveaux défis mais aussi à de nouveaux conflits.

 

Mais l'avenir, au Centre et à l'Est, c'est aussi la prochaine entrée dans l'Union Européenne. Certains y aspirent et sans doute vont-ils ainsi à la rencontre de grandes illusions qui, elles aussi, devront trouver l'équilibre d'un réalisme positif.

 

Nous qui appartenons à cette Union Européenne depuis qu'elle existe, nous avons à les y accueillir, à les mettre en garde sans les décourager, à poser des gestes de solidarité qui parlent mieux que des paroles.

De ces gestes de solidarité, le présent bulletin pose une liste, modeste sans doute, mais qui a le mérite d'être réaliste, à la portée de tous ceux qui se demandent ce qu'ils pourraient faire concrètement pour que les pays et les Eglises du Centre et de l'Est de l'Europe pressentent qu'ils seront bien accueillis parmi nous.

 

LOIN DES CLICHÉS ET DES STÉRÉOTYPES,

LA POLOGNE...

 

Une fois de plus, nous vous convions à un grand voyage dans un pays qui serait presque occidental si l'on n'y retrouvait avec bonheur tant de traits caractéristiques des contrées d'Europe centrale: la Pologne. Ainsi, si la Halle aux Draps "Renaissance" de Cracovie évoque pour nous l'architecture florentine, nous y retrouverons très vite, déterminante, la rencontre des influences culturelles de l'Orient et de l'Occident. De même, à Varsovie, nous découvrirons une galerie de magasins de luxe ouverts jusqu'à minuit, voisinant avec un minuscule salon d'art qui expose depuis des années les œuvres d'artistes proscrits durant le régime communiste. Préservation de la mémoire toujours, et éternelle résistance à la perte d'identité... Cette sensation d'avoir saisi une réalité qui se révélera ensuite autre, différente, plus riche, plus diversifiée, sera récurrente durant notre périple.

 

A L'HORIZON, L’UNION EUROPEENNE

 

Car la Pologne, loin des clichés et des stéréotypes, est en plein bouillonnement économique, spirituel, intellectuel. L’entrée du pays dans l'Union Européenne, prévue pour 2004, mobilise toutes les énergies et cristallise toutes les résistances.

 

Le pays poursuit la libéralisation de son économie; si, dans les grandes villes, on constate de réels progrès du niveau de vie, un chômage tenace accable encore 18% de la population; des artères modernes y jouxtent des quartiers totalement défavorisés. Dans les campagnes, une relative aisance voisine avec une évidente misère; les petits agriculteurs polonais voient avec crainte et colère leurs terres louées et achetées à bas prix par des Occidentaux...

 

C'est dans l'espoir que des échanges créateurs de richesses s'établiront entre les Européens de l'Ouest et ceux du Centre et de l’Est que s'expriment les tenants de l'adhésion.

 

LA VOIX DE L'EGLISE

 

Il serait irréaliste de sous-estimer, en général d'abord, dans cette problématique ensuite, l'influence du clergé polonais. Espace de résistance, de liberté, gardienne de la foi et des valeurs traditionnelles durant le régime communiste, l'Eglise est présente de manière évidente dans la société: il n'y a pas de crise des vocations au sein du clergé, et l'âge moyen des prêtres est de 45 ans, contre 65 ans dans l'Union européenne.

 

Deux courants s'y font jour.

Nous avons rencontré une Eglise ouverte mais intensément désireuse d'exister dans le chœur européen comme « une nation qui a sa particularité spirituelle et culturelle, son indéniable tradition historique, liée dès le début avec le christianisme »:(*) Par ailleurs, un autre courant, virulent et hostile à l'Union Européenne, s'exprime par le biais de la célèbre radio Marija. Mettant en avant les principes d'un fondamentalisme catholique basé sur l'identité nationale, la religion et la tradition, Radio Marija stigmatise « le manque de morale et de respect » affectant les rapports humains, culturels et politiques en Occident.

 

« Citadelle assiégée », cette Eglise-là ne risque-t-elle pas, par excès de protection des siens, de « gripper » la confrontation entre les citoyens polonais et leurs homologues de l'Ouest? Qu'est la vie sans échanges ni confrontations?

 

Indispensables dans ce paysage culturel, les nombreux pôles de réflexion, laïques ou non, qui gravitent dans la mouvance de l'Eglise et lui permettent de s'exprimer comme communauté : le Club des Intellectuels chrétiens (KIK), les Editions Znak, le journal Tygodnik Powchekny, la revue Wiez, la Maison Jean-Paul Il… Ils incitent l'institution ecclésiale à se rapprocher de la population et à se pencher davantage sur des réalités sociales pressantes, comme l'aide aux plus démunis et le chômage, et la questionnent dès lors sur son fonctionnement.

 

Enfin, tout un travail œcuménique mené par la base nous éloignera de l'illusion d'une Pologne exclusivement catholique.

 

Nous adressons nos plus chaleureux remerciements à tous ceux, membres du clergé et laïques, qui ont été nos guides: le Père Stefan Wylezek, administrateur de la Fondation Jean-Paul Il et directeur de l'Institut polonais de la culture chrétienne à Rome, Sœur Marie-Christine Rottenberg, directrice du Centre Joannicum à Varsovie: tous deux ont magistralement orchestré notre voyage. Merci au Père Richard Krupa et au Père Marian Radwan, respectivement directeur et responsable de l'Unité de recherche de la Maison Jean-Paul Il à Lublin, à Anna Mateja, journaliste-politologue au journal Tygodnik Powchekny à Cracovie, au Père Marek Spyra, aumônier universitaire de Katowice et membre du Comité européen des Aumôniers universitaires, à l'Abbé Marek Starowieyski, professeur à l'Université de Varsovie et fondateur d'une extraordinaire bibliothèque de patristique... Tous se sont montrés d'une inépuisable disponibilité dans chaque ville-étape de ce voyage.

 

Bon nombre d'entre eux ont croisé la route d'Entraide d'Eglises durant le régime communiste; en souvenir de ces grandes amitiés et de ces fructueuses collaborations, ils nous ont ouvert toutes grandes les portes de leur beau pays.

 

Catherine Berkans

 

(*) Cité dans "Les Evêques polonais face à l'intégration européenne", publication du Secrétariat de la Conférence des Evêques Polonais, Varsovie, 21.03.2002.

 

POLOGNE:

 

Population: 38 millions d'habitants

Capitale: Varsovie (1.700.000 habitants), baignée par la Vistule, le plus long des fleuves polonais

Monnaie: le zloty

Chef d'état: Alexandre Kwasniewski

 

PREMIERE ETAPE:

LUBLIN, AU CARREFOUR DE TOUS LES MONDES

 

C'est à Lublin, située en Pologne orientale, au pied des premiers contreforts des Carpates, que se scella en 1569 l'Union polono-lituanienne; la ville fut rattachée successivement à l'Autriche (1795), au Grand-duché de Varsovie (1809), à la Russie (1815), pour être à nouveau occupée par les Autrichiens de 1915 à 1918.

Envahie par l'Allemagne en 1939, "libérée" par les troupes soviétiques en 1944, elle devint capitale de la Pologne libre et le siège du gouvernement provisoire de la République polonaise. C'est ici qu'ont vécu côte à côte pendant des siècles Polonais, Juifs, Ukrainiens, Biélorusses, Russes et Allemands. Terre des nations, des cultures, et des confessions multiples, à 100 kilomètres de l'Ukraine, de la Biélorussie, de la Slovaquie et de la Lituanie, Lublin l'Universitaire nous est apparue comme une ville en mouvement perpétuel, tout à la fois légère et profonde, curieusement jeune et pleine d'espérance.

 

LA MAISON JEAN-PAUL Il

 

Cette Maison, créée par la Fondation Jean-Paul Il de Rome, a été construite grâce à la générosité de la fondation Connelly de Philadelphie.

Son objectif est d'octroyer bourses d'études, logement et suivi spirituel à 150 étudiants d'Europe du Centre et de l'Est désireux de se former à l'Université Catholique de Lublin.

 

Originaires d'Ukraine, de Biélorussie, de Lituanie, du Kazakhstan, de Russie, de Slovaquie..., ces étudiants suivent une formation supérieure en théologie, droit canon, philosophie, sciences humaines, musicologie, économie, informatique... Un cinquième d'entre eux environ prépare un doctorat.

 

Le choix de ces jeunes gens s'est porté sur Lublin car l'enseignement de la théologie y est réputé. D'autre part, située aux confins de la Pologne orientale, la Maison Jean-Paul Il leur permet de développer leur culture propre: si les cours sont donnés en polonais, la liturgie y est célébrée en biélorusse, ukrainien ou slavon ... pour les catholiques latins et les gréco-catholiques.

 

Comme tous les étudiants du monde, ces étudiants pratiquent le judo, le football, le tennis... ou participent à la vie de diverses associations dont certaines s'occupent des problèmes des étudiants de l'Est!

 

L'une des caractéristiques de la Fondation Jean-Paul Il est de favoriser, sous l'impulsion du Père Krupa, son directeur, une vie culturelle et artistique authentique.

 

Enfin, pour ouvrir l'horizon de ces étudiants à d'autres univers, quelques voyages sont organisés, notamment à Paris ou à Rome. Pour certains, des séjours linguistiques sont proposés en Suisse (Fribourg), en Italie et aux USA.

 

Les étudiants d'hier sont repartis vers leur pays d'origine et coopèrent à son développement matériel et spirituel: l'un est devenu vicaire au Grand Séminaire de Vilnius, en Lituanie, l'autre prépare l'édition d'un missel ukrainien. Beaucoup se destinent aux grands Séminaires de l'Est, aux évêchés, aux archevêchés...

 

Nous avons rencontré cette nouvelle génération de laquelle dépend l'avenir de l'Europe du Centre et de l'Est. La qualité et la précocité de leur engagement à la reconstruction physique, matérielle et spirituelle de leur pays est une source perpétuelle d'étonnement et d'admiration. En leur permettant, grâce à son système de bourses, de réaliser ces objectifs, la Fondation Jean-Paul Il accomplit une œuvre d'envergure qu'il faut soutenir!

 

 

DEUXIÈME ETAPE

CRACOVIE OU L’IMPORTANCE DE LA CULTURE

POUR UNE NATION

 

Célèbre pour ses bâtiments historiques, comme la Cathédrale château de Wawel, la ville est le siège de l'université Jagellon, fondée au X/~me siècle, actuellement première université du pays. Située sur la rive gauche de la Vistule, Cracovie fut la capitale des rois de Pologne du XIVème au XVIème siècle.

 

L'ÉVIDENTE PRÉSENCE DE L'EGLISE POLONAISE ET DE SON CLERGE

 

Perpétuellement présent à l'esprit des Cracoviens, le Pape Jean-Paul Il fut l'Archevêque de la cité de 1964 à 1978, date de son élection comme Pape. A l'écoute des habitants de la ville, nous réalisons la vénération qu'ont ses compatriotes pour celui qui a descellé pour eux, par à-coups implacables, les pierres de l'édifice communiste.

 

On nous raconte ce printemps 1979 à Varsovie où Jean-Paul Il dénonça à mots feutrés les abus du régime et exhorta les Polonais au courage. On évoque cette année 1983 où le Pape vint explicitement soutenir le syndicat "Solidarité", mis hors-la-loi sous l'état d'exception instauré par le Général Jaruzelski. On mentionne lors de la crise socio-économique de 1987 son indéfectible encouragement à l'opposition démocratique avec laquelle les communistes négocieront en 1989.

 

Son successeur, le Cardinal Marcharsky, nous accueillera ensuite. ,­

Nous assisterons à l'impressionnante montée des séminaristes vers le Wawel, le jour de l'Ascension et nous prendrons part, dans une église -comble- de la ville à l'office du jour.

 

Majestueuse, opulente, sont les qualificatifs qui viennent à l'esprit lorsque l'on considère l'Eglise polonaise et l'omniprésence de son clergé.

 

L'histoire justifie sans doute cet état de fait. L’histoire récente tout d'abord: c'est au sein de l'Eglise et grâce à ses dirigeants que la population polonaise découvrit un espace de résistance religieuse et culturelle au régime communiste. D'autre part, au gré des mutations historiques de la fin du XVIIIème siècle jusqu'en 1919, la Pologne fut supprimée en tant qu'Etat. C'est dans le domaine de la culture que l'identité de la nation se manifesta, et l'institution qui transcendait la frontière des démembrements successifs fut, là aussi, l'Eglise.

 

LA CULTURE, ENCORE ... ZNAK ET TYGODNIK POWSZECHNY

 

C'est à Cracovie que nous découvrons deux des institutions culturelles et littéraires les plus célèbres de Pologne: le journal d'opinion Tygodnik Powszechny et la maison d'édition Znak.

 

En 1945, en effet, s'est constitué à Cracovie un groupe d'intellectuels catholiques liés par l'adhésion aux idées personnalistes de Maritain et de Mounier. Leur but était de protéger, de développer la culture nationale et la culture chrétienne face au communisme qui s'installait. Sous la protection du Cardinal Sapieha, un hebdomadaire fut créé, Tygodnik Powszechny, puis un mensuel, Znak.

 

Aujourd'hui, la Pologne est libre. Avec l'avènement de la démocratie et le développement de l'économie de marché, des idées et influences nouvelles sont apparues.

Tygodnik Powszechny et Znak rassemblent des membres du clergé (évêques, prêtres, théologiens), mais également un grand nombre de laïques ; ils se définissent eux-mêmes comme "catholiques au service de la communauté ecclésiale", mais se veulent indépendants d'une Eglise institutionnelle et hiérarchique qu'ils n'hésitent pas, au travers de graves questions contemporaines, à questionner, voire à mettre en cause. Ils ne craignent pas d'aborder quelques sujets délicats, comme certaines pages jusque-là inconnues de l'histoire de la Pologne durant la Seconde Guerre mondiale, l'entrée dans l'Union européenne, le fonctionnement moral et financier de l'appareil de l'Eglise ou la place du catholicisme dans la vie publique...

 

 

TYGODNIK POWSZECHNY (L’HEBDOMADAIRE UNIVERSEL)

 

Son objectif est de réaliser un journal indépendant, "catholique mais non institutionnel", préoccupé de la vie de l'Eglise, de la foi, de la théologie, mais aussi centré sur la culture, la vie sociale, économique et politique. Lieu d'expression pour les intellectuels catholiques ou non, enraciné dans la culture et la religion polonaise, ouvert à la pensée et à l'Eglise universelle, Tygodnik Powszechny tente de présenter les exigences de l'Evangile dans le domaine social et la mission de l'Eglise envers le monde.

 

"Nous essayons une présentation objective des faits, en traitant la culture politique avec une certaine distance, déclare Adam Boniecki. Nous parlons aux catholiques qui se sentent différents. Nous exprimons également le point de vue de ceux qui sont à la lisière de l'Eglise".

 

ZNAK (LE SIGNE)

 

Il faut distinguer le mensuel du groupe Znak et la maison d'édition du même nom.

 

Tiré à 3000 exemplaires, le mensuel est au centre d'un univers intellectuel extrêmement actif qu'il alimente par ailleurs, en traitant de la situation de l'Eglise sur la place publique polonaise.

La maison Znak publie environ 120 titres par an avec un tirage moyen de 5000 exemplaires.

30 à 40% sont des livres de théologie, philosophie de la religion et spiritualité. Les 60 autres % sont des œuvres littéraires, philosophiques, des essais culturels et politiques, des manuels scolaires. L'inspiration philosophique du catalogue s'articule autour de questions ethniques et métaphysiques, comme la participation au beau et au vrai.

Znak se définit comme une maison d'inspiration catholique sortie du cercle confessionnel. L'ambition est de contribuer à l'approfondissement du catholicisme, de lui donner un contenu plus intellectuel, de l’ouvrir à la culture universelle.

 

Dans le même esprit que Znak et Tygodnik Powchekny, à Varsovie:

 

WIEZ (LE LIEN)

 

Catholiques laïques liés personnellement ou spirituellement à l'Eglise, dont ils sont indépendants institutionnellement, les 5 membres de l'équipe de Wiez et leurs collaborateurs occasionnels élaborent une magnifique revue. Très moderne d'allure, elle recense des articles en polonais, en anglais, en allemand, en français. "Wiez" signifie "lien" : son objectif est de faire le lien, le pont entre diverses nations -notamment entre les Polonais et leurs voisins - entre diverses confessions, religions, opinions, et d'établir, dans l'esprit de Vatican Il, une communion ouverte avec le monde, à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Eglise. Wiez édite également des livres consacrés à la foi et à la culture, traitant de la crise de l'identité de la personne humaine.

 

LES INTELLECTUELS CHRETIENS (K.I.K)

 

Ces clubs d'intellectuels chrétiens reflètent une réalité typique de la Pologne: l'existence d'une intelligentsia soudée, de groupes sociaux communs, qui ont une culture propre et des liens spécifiques. Cinq Clubs existent depuis 45 ans dans les villes les plus importantes, 60 à 80 furent créés après le dégel dans des villes moyennes.

 

Le KIK de Varsovie comprend 2000 membres, dont 300 membres ordinaires appelés à prendre des responsabilités. Un Conseil général se réunit une fois par mois, et un Praesidium de 7 personnes une fois par semaine.

 

Des collaborations sont établies avec des structures d'Eglise et d'Etat, avec d'autres associations catholiques et non catholiques, avec la Jeci-Miec et Pax Romana, et dans une moindre mesure, avec des universités.

 

 

 

TROISIÈME ETAPE

KATOWICE, LA SYMBOLISTE.

 

Nous traversons Katowice, cité de haute Silésie, et nous goûtons le paradoxe de voir l'Eglise de cette ville à tradition industrielle mettre en exergue le caractère symboliste de sa culture.

A l'intérieur de la cathédrale aux magnifiques vitraux, nous admirons une superbe représentation du baptême: pan de mur d'un ciel bleu-vert, colombe en relief surplombant une main d'ivoire largement ouverte... Citons encore la crypte, véritable chef d'œuvre par la perfection de sa perspective et le caractère résolument novateur et allégorique des peintures de son chemin de croix. Nous ne serons pas surpris de savoir que cet édifice qui parle au cœur est rarement vide.

 

L'IMPORTANCE DE LA FORMATION,

POUR LES PLUS PETITS ET LES PLUS GRANDS

 

Assis, le visage concentré sur la page d'un prochain numéro, ou virevoltant dans son bureau, l'air malicieux, le jeune Père Marek Gancarczyk est le rédacteur en chef de la revue MALY GOSC, mensuel de catéchèse et de pastorale à l'usage des enfants de 9 à 14 ans.

 

Doué d'une imagination débordante, il crée à longueur de journée des pages, des cartes, des jeux plus attractifs les uns que les autres et qui constituent le matériel catéchétique mis à la disposition des 1500 paroisses du diocèse. La volonté de l'équipe de rédaction est de créer un lien permanent entre la revue Maly Gosc et la vie diocésaine, entre ce journal et d'autres médias, la télévision par exemple...

 

De nombreux efforts se portent en Pologne sur la formation de la jeunesse. C'est ce que nous expliquera le Père Marek Spyra, aumônier universitaire, en nous pilotant dans les locaux de l'Université. A Lublin déjà, la nécessité d'offrir un projet concret de formation à de jeunes étudiants était manifeste...

 

LIER LA VIE PAROISSIALE

ET LA VIE LITURGIQUE ET LES OUVRIR AU MONDE

 

Pour le Père Stefan Wylezek, originaire du diocèse de Katowice, l'important, en Pologne, c'est l'éducation: la catéchèse est enseignée dans les écoles, mais il est nécessaire de la lier à la vie liturgique et à l'exercice de la vie paroissiale. Il ya encore tellement de choses à faire dans ce domaine. Car si être chrétien, c'est vivre conformément à l'enseignement de l'Evangile, c'est vivre sa foi là où on se rencontre pour célébrer la liturgie, où l'on travaille, où l'on vit, c'est aussi être membre d'une société qui connaît des problèmes.

 

La société polonaise est en pleine transformation : sont notamment en question aujourd'hui la vie de famille et la notion de solidarité avec les plus démunis, avec ceux qui n'ont pas de travail.

La vie de la paroisse se centre encore trop sur la liturgie du dimanche sans impact sur la vie de chaque jour. Il est temps de regarder davantage autour de nous.

Car, à terme, être chrétien en Pologne aujourd'hui, c'est faire partie de la vie politique du pays... Si l'exercice de la politique signifie "prendre le pouvoir", alors l'Eglise est étrangère à cette réalité. Si la politique signifie "œuvrer pour le bien de la société", l'Eglise a quelque chose à dire, pour le bien de cette société.

 

Il faut être un chrétien d'aujourd'hui: mais il n'y a pas de recette. Il ya la vie, c'est tout.

Catherine Berkans

 

QUATRIÈME ETAPE

CŒUR D'UNE AUTRE POLOGNE

OU S'EFFECTUE UN TRAVAIL ŒCUMENIQUE AUTHENTIQUE

 

Varsovie, capitale de la Pologne depuis quatre siècles. En compagnie de l'abbé Marek Starowieyski et de Sœur Marie Christine Rottenberg, nous découvrons la Vieille Ville, entièrement reconstruite après la guerre, avec ses superbes maisons de style bordant les étroites ruelles. Mais Varsovie n'est pas qu'une cité historique: elle représente aussi un important centre industriel et une ville d'affaires. La place manque pour livrer ici tous les moments importants que nous y avons vécus. Citons une audience avec le Cardinal-Primat, Monseigneur Glemp, la visite de l'extraordinaire bibliothèque de patristique composée par l'abbé Starowieyski, les rencontres avec les Petits Frères de Foucauld, avec le philosophe thomiste Stefan Swiezawski... Nous avons choisi de vous présenter "une autre Pologne", moins connue, bien réelle.

 

Pour bien des Européens de l'Ouest, la Pologne est un pays exclusivement catholique. Entraide d'Eglises a ramené un grand nombre d'éléments attestant l'existence d'un réel travail œcuménique.

Sœur Marie-Christine Rottenberg, qui dirige actuellement le Centre Œcuménique Joannicum, nous décrit cette "autre Pologne" dans l'interview qui suit.

C'est à l'initiative de sœur Jeanne Lossow, principale cheville ouvrière de la cause de l'unité des chrétiens en Pologne, que ce Centre fut fondé à Varsovie près de l'église Saint-Martin, rue Piwna, au début des années 60.

 

Sœur Marie-Christine est née en 1938 à Lwow (Ukraine). Diplômée de l'Université de Wroclaw, de la Sorbonne et de l'Université du Cardinal Wyszynski à Varsovie (doctorat-ès-lettres), elle est l'auteur de deux thèses et de nombreux articles sur l'histoire, la spiritualité de l'œuvre de Laski et l'œcuménisme. Elle est aussi traductrice assermentée pour les procès de béatification des Fondateurs de Laski. Elle vient d'effectuer une grande "tournée" œcuménique chez les bénédictines du Bec Hellouin en Normandie, elle a rendu visite à la communauté de Grandchamp en Suisse, elle a participé à la rencontre internationale dans l'Abbaye di Maguzzano (Lonato) en Italie...

 

Sœur Jeanne Lossow et sœur Marie Christine Rottenberg appartiennent à la congrégation des sœurs franciscaines servantes de la Croix, fondée en 1917/1918, dont la maison-mère se trouve dans le village de Laski (15 km de Varsovie) et la maison générale près de l'église Saint-Martin. Le domaine de Laski est aussi un important établissement éducatif et scolaire pour aveugles (300 élèves environ) fondé par Rose Elisabeth Czacka, aveugle elle aussi.

 

 

UNE POLOGNE CATHOLIQUE?

 

Le cliché de la Pologne catholique est très répandu, même en Pologne! Autrefois, le Polonais devait être forcément catholique, le Russe orthodoxe et l'Allemand protestant (luthérien). Le Polonais moyen, et non seulement lui, hélas, a eu du mal à transgresser cette vision stéréotypée et à admettre que l'on puisse être polonais sans être catholique.

 

Une obsession quasi maladive du régime de la Pologne populaire était d'unifier le pays sur le plan national et sur le plan ethnique. On a voulu avant tout se débarrasser des minorités et ce fut un désastre. A force de vouloir unir la nation, on est arrivé à un autre monolithe - encore pire - du parti seul et unique.

 

UN PAYS À GÉOGRAPHIE CONFESSIONNELLEMENT VARIÉE

 

A l'heure actuelle nous sommes donc en présence de chrétiens de diverses confessions. La grande majorité, bien sûr, est catholique. Compte tenu des déplacements forcés de la population de l'Est vers l'Ouest après la seconde guerre mondiale, de nombreux orthodoxes et gréco-catholiques se sont retrouvés sur le territoire polonais, en Silésie par exemple ou au nord du pays. Dans l'entre-deux-guerres toute une partie de la Pologne orientale était habitée par les Biélorusses ou les Ukrainiens, d'où un grand nombre d'orthodoxes ou de gréco-catholiques. Après la guerre, époque marquée par de notables déplacements de frontières, les uns sont restés, les autres sont partis pour la Pologne.

 

Selon les estimations officielles du Conseil œcuménique de Pologne, le nombre des orthodoxes en Pologne atteint environ un million de membres. Viennent ensuite les luthériens avec 100 000 membres environ, principalement au Sud, en Silésie, et quelques îlots isolés au Nord (la Mazurie) et au centre du pays (Varsovie et la région de Mazovie). Les réformés constituent une très petite communauté avec leurs 4000 membres.

 

Mentionnons encore l'Eglise polono-catholique (50 000 membres), et l'Eglise vieille-catholique des mariavites (25 000 membres).

L'Eglise polono-catholique est née aux Etats-Unis à la fin de XIXe siècle dans le milieu des émigrés polonais qui se sont sentis marginalisés là où ils vivaient. L'Eglise constituait pour eux une petite famille (patrie) où l'usage de la langue polonaise dans la liturgie s'est vite imposé.

 

Les structures officielles de l'Eglise polono-catholique ont été établies en Pologne vers 1922 seulement. Si, au départ, l'usage du polonais dans la liturgie manifestait une rupture avec la tradition de l'Eglise catholique romaine, après le Concile Vatican Il ce problème a définitivement disparu.

 

L'Eglise des mariavites est née d'un élan d'accentuation de la piété mariale et du culte du Saint Sacrement. Sa fondatrice, mère Maria Franciszka Kozlowska, était une femme fervente, dirigée spirituellement par un Capucin, le père Honorat Kozminski, fondateur de 17 congrégations franciscaines "cachées": L'idéal de ces congrégations était de vivre comme "un levain dans la pâte", au milieu du peuple. Cet "apostolat de la présence" reste d'ailleurs très actuel à notre époque. La rupture définitive des mariavites avec l'Eglise catholique romaine a eu lieu en décembre 1906. Après le décès de la fondatrice en 1935, la communauté des mariavites s'est scindée en deux groupes, celui de Felicjanow et celui de Plock. Le premier prit le nom d'Eglise catholique des mariavites, le second celui d'Eglise vieille catholique des mariavites. Les deux groupes existent toujours, mais le second seulement fait partie du Conseil Œcuménique de Pologne.

 

Le dialogue entre l'Eglise catholique romaine et l'Eglise polono-catholique, tout comme avec l'Eglise vieille catholique des mariavites, se poursuit et ses résultats permettent d'espérer qu'un jour cette douloureuse rupture va disparaître.

 

LA SITUATION À VARSOVIE

 

Varsovie jouit d'une situation privilégiée sur le plan œcuménique à cause de la présence des hautes instances de "Eglise catholique - la Curie métropolitaine et deux diocèses - ainsi que des Eglises faisant partie du Conseil Œcuménique de Pologne. Il y est plus facile de nouer des contacts et d'obtenir les autorisations nécessaires quand on veut réaliser un projet en commun (un office, une rencontre, une session etc.) Nos rapports sont plus fréquents avec les orthodoxes, les luthériens et les réformés, qu'avec les mariavites et les polono-catholiques. Mais nous nous efforçons de nous ouvrir à tous.

 

Il y a également les baptistes (depuis 1858), les méthodistes (depuis 1914), et plus récemment un tout petit nombre d'anglicans. Les méthodistes sont appréciés à Varsovie, car ils y ont établi une excellente école d'anglais. Les diplômes de cette école sont reconnus, l'enseignement y est de premier ordre.

 

Nous connaissons bien l'aumônier anglican. Sa tâche n'est pas facile, car la communauté anglicane est composée principalement de hauts fonctionnaires, d'employés dans les ambassades, d'hommes d'affaires pas trop pratiquants d'ailleurs.

 

Il y a aussi quelques communautés ecclésiales dites libres.

 

Ces communautés naissent, disparaissent ou se transforment quelquefois selon le charisme du chef. Parfois telle ou telle paroisse se scinde. Une partie suit un pasteur, l'autre accompagne un autre pasteur. On a pu voir de tout près ce processus de dislocation de petites communautés. Néanmoins, il y a dans toutes ces Eglises et communautés ecclésiales des personnes que nous apprécions beaucoup et auxquelles nous sommes fort attachées.

 

LES DÉBUTS DE L'ŒCUMÉNISME EN POLOGNE

 

Sœur Jeanne Lossow s'est totalement investie dans cette tâche avant le Concile Vatican Il et avec la collaboration de quelques laïcs engagés - membres du Club des Intellectuels Catholiques à Varsovie. Au moment même où le Club fait les premiers pas vers les luthériens de la paroisse de la Sainte Trinité, elle demande au Cardinal Primat Wyszynski la permission de rendre une visite fraternelle aux diaconesses qui travaillent dans cette paroisse.

 

A cette époque, pour ce genre "d'incartade", les religieuses catholiques devaient avoir une autorisation spéciale et strictement personnelle!

 

A force d'insistance, elle obtient l'accord du Cardinal. Une grande amitié se nouera entre elle et la diaconesse sœur Regina Witt, amitié qui durera 37 ans jusqu'à la mort de cette dernière en 1998. Actuellement le diaconat Tabitha(1) ne recrute plus à Varsovie. Il est en train de disparaître et les tâches à caractère social et caritatif sont accomplies par des laïcs, ce qui semble mieux correspondre aux besoins actuels. Il existe par contre un diaconat vivant et fort dévoué dans le Sud-ouest de la Pologne.

 

(1) Il s'agit d'une congrégation de diaconesses luthériennes très dévouées au service des malades et des enfants orphelins.

 

Nous sommes au début des années 60. Le Cardinal Wyszynski engage bientôt sœur Jeanne à la Curie métropolitaine où est installé le Secrétariat pour l’Unité des Chrétiens. Dorénavant, la vie de Sœur Jeanne se poursuit sur deux voies parallèles: officiellement à la Curie, et plus discrètement à l'ombre de l'église Saint-Martin et à Laski où elle organise les premières rencontres œcuméniques; elle y invite d'abord les luthériens avec le pasteur Zygmunt Michelis, fondateur du Conseil Œcuménique de Pologne et père spirituel du diaconat Tabitha; elle y convie également les orthodoxes avec l'abbé Jerzy Klinger, ainsi que d'autres frères de diverses confessions.

 

La Prière pour l'Unité s'inscrit au cœur de l'œcuménisme spirituel. Sœur Jeanne désire organiser les offices œcuméniques en s'inspirant dans ce domaine de l'œuvre du père Paul Couturier de Lyon et de Dom Lambert Beauduin. On reconnaît volontiers à ce dernier, fondateur du Monastère de l'Union d'Amay puis de Chevetogne, la qualité de pionnier de l'œcuménisme. Sœur Jeanne reçoit enfin les autorisations nécessaires.

 

Obstacles d'hier...

 

C'est ainsi que la première messe pour l'unité des chrétiens aura lieu le 10 janvier 1962 dans l'Eglise Saint-Martin, en présence de nombreux prêtres catholiques invités pour la circonstance et quelques frères de différentes confessions. Il faut noter que nous étions encore dans la Pologne populaire et que les petites Eglises y étaient encore plus opprimées par le régime que l'Eglise catholique. Par ailleurs, à l'intérieur de ces petites Eglises il y avait aussi des conflits: sœur Jeanne se souvient que certains frères qui désiraient assister à l'office œcuménique devaient le faire en cachette. D'autre part le gouvernement jouait son rôle de diviseur en favorisant quelquefois les petites Eglises pour s'opposer à l'Eglise catholique romaine. Il était difficile de savoir qui venait aux offices par inclinaison et qui venait en tant qu'agent. Les débuts furent difficiles.

 

Plus tard, lorsque le Gouvernement ne parvint plus à s'opposer à ce mouvement, il tenta au moins d'exercer une influence au sein du Conseil Œcuménique de Pologne en y mettant ses agents. Selon Sœur Jeanne aujourd'hui, une révolution quasi copernicienne s'est produite dans les rapports mutuels entre les chrétiens, malgré les difficultés qui subsistent et quelques coups de frein de diverse nature. Même la petite communauté adventiste [elle compte à l'échelle nationale 7 500 fidèles environ] qui, jusqu'à une date récente a été considérée comme une secte et ne fait même pas partie du Conseil Œcuménique ni en Pologne ni à Genève, participe fidèlement à notre prière et à nos rencontres fraternelles; ses pasteurs et ses fidèles nous sont devenus très proches. Certains sont professeurs à l’Université de Varsovie et à l’Académie Chrétienne de Théologie. Ils participent activement à la grande entreprise que représente la traduction œcuménique de la Bible sous la direction de la Société Biblique de Pologne, avec la collaboration de l'Eglise catholique romaine.

 

Obstacles d'aujourd'hui...

 

La déclaration "Dominus Iesus" du cardinal Joseph Ratzinger fut un choc pour nos frères et pour nous autres, catholiques romains engagés à la cause de l'unité. Pendant un temps cet événement jeta une ombre sur nos rapports avec les frères. Petit à petit, à force de prier et de nous expliquer mutuellement, nous sommes arrivés à la conclusion qu'après tout rien n'a changé et que nous devons travailler, comme avant et encore plus, afin que tous soient un.

 

Pour l'instant, les Eglises issues de la Réforme, les méthodistes et les anglicans pratiquent en principe l'hospitalité eucharistique. Les catholiques romains sont autorisés à communier chez les orthodoxes, mais ces derniers ne les admettent pas ou très rarement. Les orthodoxes acceptent d'ailleurs difficilement la façon de célébrer les offices œcuméniques -messes pour l'unité - dans les églises catholiques en Pologne. Pendant la liturgie, tel pasteur ou prêtre non catholique est invité à lire la Parole de Dieu et à prêcher ensuite l'homélie. Cette pratique est très répandue chez nous, surtout en janvier pendant la Semaine de la Prière Universelle pour l'Unité des Chrétiens, et tout au long de l'année chaque dernier jeudi du mois à l'église Saint-Martin. En principe, les orthodoxes n'ont pas tort, le Directoire Œcuménique dit la même chose, mais en Pologne, compte tenu de la tradition locale vieille de plus de 40 ans, il n'y a plus à reculer.

 

L'ÉGLISE SAINT-MARTIN DE VARSOVIE,

LIEU ŒCUMÉNIQUE

 

L'église Saint-Martin n'est pas une paroisse. Elle se trouve à proximité de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, au cœur de la Vieille Ville. Le couvent attribué aux sœurs franciscaines par le cardinal Wyszynski dans les années 50, abrite aujourd'hui, outre la maison générale de la congrégation avec le noviciat, plusieurs services à caractère social et pastoral dont le Centre Œcuménique Jean XXIII.

 

Chaque messe pour l'unité, célébrée le dernier jeudi du mois, est suivie d'un repas partagé autour d'une table fraternelle pendant lequel on discute, on s'informe, on partage entre frères ce qu'on a vécu dans telle ou telle communauté. C'est aussi une excellente occasion de mieux connaître les problèmes auxquels doivent faire face diverses Eglises chrétiennes du pays, afin de leur venir en aide.

 

Le Centre Œcuménique Joannicum organise à Laski deux fois par an (en février et en octobre) des rencontres pour des jeunes chrétiens de diverses confessions (étudiants, séminaristes) sous forme d'une session ou d'une retraite spirituelle. Le programme d'une telle rencontre est élaboré longtemps à l'avance par des spécialistes venant de l'Université Catholique de Lublin, l'Académie Pontificale de Théologie (Cracovie), la Faculté de Théologie à l'Université d'Opole. Cela nous permet de construire un réseau d'amitiés qui puisse prendre notre relève et dépasser un jour le cadre de Laski. Les participants des rencontres œcuméniques de Laski sont informés des autres initiatives intéressantes. Citons Bialystok chez les Sœurs missionnaires de la Sainte Famille qui entretiennent surtout des relations avec les orthodoxes ou les gréco catholiques ; Grabarka chez les moniales orthodoxes; Koden, pour les journées de la jeunesse orthodoxe, une fois par an...

 

Ce vaste réseau de contacts œcuméniques à entretenir tout au long de l'année requiert une énorme correspondance, beaucoup de travail de secrétariat. C'est notre lot quotidien. Le tout greffé sur la prière et l'espérance.

 

LE MEILLEUR SOUVENIR DE SOEUR MARIE-CHRISTINE?

 

Un rapprochement notable entre les chrétiens des diverses confessions en Pologne, qui a abouti à la signature de la reconnaissance mutuelle du baptême par toutes les Eglises membres du Conseil Œcuménique de Pologne ainsi que par l'Eglise catholique romaine (23 janvier 2000).

Interview réalisée par Catherine Berkans