Bulletin septembre 2001

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Après la visite du

 

Plusieurs d'entre vous ont bien voulu nous dire l'intérêt qu'ils ont pris à notre dernier Bulletin qui traitait plus largement de l'Ukraine et tentait de faire percevoir le contexte difficile dans lequel la visite du pape allait se dérouler. Nous leur devons sans doute quelques nouvelles sur la suite des évènements.

 

Le pape s'est bien rendu comme prévu, le 23 juin, en Ukraine, à l'invitation du gouvernement ukrainien. Comme prévu, de nombreux orthodoxes ont manifesté bruyamment leur réprobation mais les deux Eglises latine et gréco-catholique ont été ravies de le rencontrer encore que la célébration du dimanche 24 juin à l'aéroport de Chayka, à vingt kilomètres de Kiev, destinée aux catholiques de rite latin en rassemblât beaucoup moins qu'attendu.

 

Dans la soirée, le pape a été reçu, en terrain neutre, au Palais de la Philarmonique, par le Conseil ukrainien des Eglises et des organisations religieuses. Le patriarche orthodoxe de Kiev, le métropolite de l'Eglise autocéphale d'Ukraine, le rabbin de Kiev, des représentants baptistes et de la communauté musulmane l'y ont reçu et écouté. Seul le patriarcat de Moscou n'était pas officiellement représenté.

 

Le lundi 25 juin, le pape est retourné à l'aéroport pour y célébrer la liturgie en rite byzantin à l'intention des gréco-catholiques auxquels s'étaient joints de nombreux orthodoxes. "J'élève ma prière avec vous, y dit-il, pour que tous les chrétiens soient unis".

 

Le soir, il s'est rendu à Lviv, fief des gréco-catholiques où la Pologne fut longtemps présente. Cette fois, la foule était au rendez-vous: l'accueil au pape polonais ne pouvait être que chaleureux et il le fut.

 

Le mardi 26 juin sur l'hippodrome où s'étaient rassemblées quelque trois cent mille personnes (dont beaucoup de Polonais venant de leur Pologne toute proche), le pape procéda (selon son habitude) à deux béatifications (en latin), celle de l'archevêque Joseph Bilczewski (+ 1923) et du père Zigmund Horazdwski (+ 1920).

 

Le 27 juin, l'hippodrome de Lviv fut encore le théâtre d'une célébration au cours de laquelle le cardinal Husar demanda pardon pour" les faits horribles dont se sont rendus coupables les gréco-catholiques qui ont consciemment et volontairement fait du mal à leurs voisins et compatriotes ". Le pape, pour sa part, y béatifia vingt-sept martyrs ukrainiens, victimes des nazis ou des communistes.

 

La prière pour la paix et pour l'unité entre les chrétiens porterait-elle déjà du fruit? Toujours est-il que les treize et quatorze juillet, s'est tenue à Zurich une réunion officielle de délégations du patriarcat œcuménique de Constantinople et du patriarcat de Moscou, de l'Eglise orthodoxe du patriarcat de Kiev et de l'Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne dans l'intention de chercher ensemble une solution aux schismes ecclésiastiques entre orthodoxes en Ukraine.

 

Elles ont convenu en tout cas de continuer leurs efforts communs en vue de la guérison de ces déchirures. Pourquoi notre prière ne se joindrait elle pas à la leur?

Pierre Delooz (Informations diffusées par CIP

 

 

Voyage en Lituanie

Au pays des cigognes et des lupins bleus

 

Chers amis d'Entraide d'Eglises,

 

C'est à un voyage passionnant que nous vous convions. En effet nous vous proposons de cheminer avec nous sur les routes de la Lituanie, la plus grande (65,300km²) et la plus peuplée des Républiques baltes (3, 7 millions d'habitants). Sur les 3,7 millions d'habitants que compte le territoire, 80% sont des Lituaniens, 8,2% sont des Russes, 6,9% sont des Polonais. Mentionnons également les Biélorusses (10/0), les Ukrainiens (10/0), les Juifs (0,7%)...

Magnifique pays au relief varié, au paysage légèrement ondulant, recouvert de vastes forêts, la Lituanie est une terre de rivières et de lacs. L'amour et le respect de la nature sont par ailleurs solidement ancrés au cœur de ses habitants. L'été en Lituanie nous évoquera toujours de grands champs de lupins et de gracieux vols de souples cigognes...

 

Mais le plus remarquable en Lituanie, ce sont ... les Lituaniens. L'une des caractéristiques les plus joyeusement toniques de ce peuple est son incroyable esprit de résistance, celui-là même qui les fit refuser de plier sous la botte soviétique. Le Lituanien résiste de toutes les manières à l'absorption, à la perte d'identité. Tout d'abord, il parle une langue étonnante, vecteur d'une civilisation qui l'est tout autant, apparentée au sanskrit et dont les racines plongent dans la nuit des temps. Ensuite il protège son identité culturelle: artiste, il développe son art. Par exemple, le bois étant l'une des ressources naturelles du pays, le Lituanien l'utilise pour ses sculptures... Nous avons encore en mémoire le magnifique chemin de croix aux multiples stations de Berciunai ! Mentionnons également Ciurlionis, peintre et musicien, qui fut l'un des hôtes du Musée d'Orsay à Paris....

 

Si la Lituanie est fière de son passé (elle fut un puissant royaume au Moyen Age), gardienne jalouse de ses traditions, elle est pourtant résolument tournée vers l'avenir. Persuadée de pouvoir offrir une voix supplémentaire au chœur européen, elle attend avec impatience l'entrée en 2004 dans la Communauté européenne, dont elle accepte les standards culturels.

 

Enfin, la Lituanie a pris la voie d'une nouvelle évangélisation. Persécutée durant 50 ans, l'Eglise catholique lituanienne a été limitée dans son travail social. Gardienne de la foi et des valeurs nationales, elle a défendu ses principes et ses traditions et a soutenu la population. Aussi l'orientation vers la liturgie de Vatican II est-elle encore un tournant délicat à opérer car il faut modifier une tradition légitimée par des années de pratique...

 

Nous avons rengntré de jeunes Lituaniennes et Lituaniens courageux, dynamiques, gais, d'une gaieté qui se pimente parfois d'un rai de mélancolie, dont la raison de vivre est de poursuivre, avec une lente inflexibilité, la reconstruction physique, intellectuelle et morale de leur beau pays. Nous avons rencontré de jeunes Lituaniennes et Lituaniens généreux, dont la disponibilité, la qualité d'accueil et le sourire sont définitivement inoubliables.

 

Nous vous invitons donc à rejoindre Sœur Rose-Anne Graulich, le Père Algirdas Dauknys, Giedre Rugeviciute, Zita Trucionene, Zydre Bakutyte et bien d'autres encore, et à nous suivre au pays des cigognes et des lupins bleus...

Catherine Berkans

 

LITUANIE

Population: 3.700.000 habitants

Capitale: Vilnius (580.000 habitants)

Chef d'Etat: Valdas Adamkus

11 mars 1990 : Le Conseil Suprême de Lituanie déclare le rétablissement de la Lituanie indépendante

17 septembre 1991 : Adhésion du pays aux Nations Unies

31 août 1993 : Retrait définitif de l'armée soviétique

Source: Lo Lituanie - Faits et chiffres, Akreta, 2000

 

Bruxelles-Vilnius: aller simple

 

Sœur Rose-Anne Graulich est l'énergique prieure d'une petite Communauté contemplative fondée il y a sept ans et demi. De nationalité belge et infirmière de formation, elle quitte son pays en 1989 pour venir s'installer définitivement en Lituanie. Elle possède à présent la double nationalité belgo-lituanienne.

 

Entraide d'Eglises Pour quelle raison avez-vous pris la décision de fonder un Carmel en Lituanie?

 

Sr Rose-Anne  A l’ origine, je ne suis pas venue en Lituanie dans le but de fonder une nouvelle Communauté religieuse. Néanmoins, 47 jours après mon arrivée, 3 jeunes femmes m'ont demandé de vivre avec moi et de débuter une vie de Carmel.

 

Je me suis alors très vite rendu compte qu'il y avait dans ce pays une réelle soif de vie religieuse contemplative et carmélitaine. J'ai rencontré l'Archevêque de Vilnius; il m'a encouragée à fonder une Communauté qui puisse offrir à diverses personnes la possibilité de prier -ou d'apprendre à prier- et, en tout cas, de passer plusieurs heures ou quelques jours dans le silence et le recueillement.

 

EE Quel type de Carmel avez-vous fondé?

 

Sr R-A Notre Carmel est à mi-chemin entre le Carmel cloîtré et le Carmel apostolique tel qu'on le connaît en Belgique, à l'intérieur duquel les Sœurs ont souvent une occupation à mi-temps.

 

A Krikstenai, nous avons 7 heures de prière par jour et notre travail consiste à faire le ménage, la cuisine, le jardin, à effectuer une annonce de la Parole, une aide à la prière, à l'approfondissement de la liturgie, à l'accomplissement d'une retraite. Notons que cet accompagnement spirituel ne peut dépasser 10 jours par mois et par Sœur à l'extérieur de la Communauté.

 

EE Pourquoi la Communauté s'est-elle installée à Krikstenai?

 

Sr R-A L'Archevêque de Vilnius m'a offert un couvent délabré dans la capitale; avec l'aide d'amis, de ma famille, et de groupes de prière belges et français, je l'ai reconstruit. Le 25 mars 1994, nous avons débuté, deux Sœurs et moi-même, une vie de communauté; bien que nous soyons restées longtemps à trois, nous avons accueilli beaucoup de monde, surtout des jeunes qui passaient quelques mois avec nous pour entamer un chemin de guérison et de restructuration intérieure.

 

Lorsque les travaux du couvent ont été terminés, en décembre 1995, la paroisse nous a dit avoir besoin des lieux. Nous avons donc cherché un autre endroit et, après moult péripéties, le Seigneur, de façon inattendue et miraculeuse, nous a conduites ici, dans cette petite maison du village de Krikstenai. Nous y habitons depuis septembre 1996 : nous y sommes heureuses et il semble que nous y fassions du bon travail. La Communauté s'est agrandie entretemps; nous vivons aujourd'hui à cinq : Sœur Diana et moi-même qui avons prononcé des vœux perpétuels; Sœur Marija qui les prononcera le 13 octobre prochain ; Sœur Lina et Sœur Talita sont, elles, des novices.

 

EE Quelles sont les activités du Carmel?

 

Sr R-A Nous accueillons, individuellement ou par petits groupes, des personnes de tous âges lors de retraites ou de journées de prière et de réflexion. Nous livrons aussi un enseignement sur la prière, la vie de Foi, animons la liturgie et la chorale des jeunes, organisons des groupes de prière pour jeunes et enfants. Nous nous rendons dans les paroisses ou les écoles qui nous demandent de témoigner de notre foi, et nous accompagnons spirituellement plusieurs personnes.

Les enfants du village viennent presque chaque jour chez nous pour nous aider au travail du jardin. Bien que cela ne fasse pas partie de notre vocation, nous assurons également la distribution de convois humanitaires car, vu la situation du pays et la possibilité que nous avons d'assurer cette tâche grâce à nos nombreux amis, nous pensons que c'est notre devoir de le faire tant que cela s'avérera nécessaire et que nous en aurons les moyens.

 

EE Quel est l'avenir du Carmel de Krikstenai?

 

Sr R-A Notre charisme est celui de la prière: nous désirons guider ceux et celles qui le désirent, essentiellement en organisant et en animant des retraites et des récollections. Notre Maison est beaucoup trop petite pour cet accueil et nous devons trop souvent refuser du monde.

 

Le manque de maisons de retraite spirituelle est un problème récurrent dans toute la Lituanie : seules trois Maisons existent; elles sont toujours remplies et refusent donc régulièrement des personnes qui veulent se ressourcer.

 

Dans cette optique, nous avons réfléchi en communauté à l'ouverture d'une nouvelle Maison. Après avoir demandé l'avis du cardinal de Lituanie et celui de notre évêque, qui nous y ont encouragées, nous avons décidé de construire une Maison de prière et d'accueil sur un terrain qui nous a été donné dans un très bel endroit, calme et d'accès facile. La Communauté et le noviciat habiteront également ce nouveau bâtiment. C'est pourquoi nous envisageons au total une cinquantaine de chambres.

 

Notre seul problème est financier. Nous devons trouver environ 5 millions de litas (soit 1.250.000 $). La Communauté ne dispose d'aucune réserve financière et l'Eglise de Lituanie est pauvre. D'autre part, nous ne voudrions pas emprunter car cela nous obligerait à demander aux personnes qui viendront chez nous un prix élevé, qu'aucune ne pourrait payer. Il nous faudra donc chercher d'autres sources de financement.

Catherine Berkans

 

La première force de la pastorale, c'est d'abord la foi.

 

Diplômé de l'Institut des Etudes Théologiques de Bruxelles en théologie dogmatique, le Père Algirdas Dauknys est le dynamique titulaire des paroisses de Naujamiestis et de Berciunai du Diocèse de Panevezis. Très actif dans la clandestinité de la résistance religieuse et culturelle avant 1989, il a participé à la "révolution chantante". Il représente actuellement le Diocèse de Panevezis au Conseil Œcuménique de l'Eglise catholique et est également responsable pour le Diocèse des programmes religieux et culturels de la radio régionale « Pulsas »

 

 

Entraide d'Eglises Quelles sont les réussites de la pastorale, en Lituanie, aujourd'hui?

 

Père Algirdas Une attitude est en train de naître, faite de confiance envers l'enseignement de l'Eglise. L'enseignement de l'Eglise n'est pas un conte ou une histoire, mais une base de réflexion, un fondement de vie.

 

De plus en plus de personnes viennent à la messe, surtout les jeunes familles, écouter la Parole.lls veulent cultiver leur foi.

 

En outre, certains d'entre eux veulent participer à la messe: ils acceptent de faire les lectures, par exemple. Ils comprennent que la messe n'est pas la célébration d'un seul prêtre mais une célébration en communauté et que l'Eglise doit former les gens de la Communauté dans la Communauté pour la Communauté. Il y a là un grand travail à réaliser, car la mentalité ancienne portait surtout sur la tradition, et la transition n'est pas toujours évidente.

 

Il faut réaliser que l'essentiel de la réalité chrétienne ne change pas. Enfin, je crois qu'il y a des gens qui veulent vraiment s'engager, mais il n'yen a pas encore beaucoup, comme toujours et partout...

 

EE Comment les choses se passent elles concrètement à Naujamiestis et à Berciunai?

 

P. Algirdas Il faut distinguer Naujamiestis de Berciunai : Naujamiestis est une paroisse plus traditionnelle, tandis que Berciunai est une paroisse nouvelle, d'une optique plus communicative. Les gens viennent tout simplement se promener dans le parc de Berciunai puis ils assistent à la messe. Nombreux sont ceux qui, auparavant, venaient dans le parc sans entrer dans l'église! Maintenant, ne pas assister à la célébration, c'est rater quelque chose! C'est un résultat....

 

De plus en plus de personnes désirent y célébrer leur mariage ou leur anniversaire de mariage... ou faire baptiser leurs enfants...

 

 Nous travaillons également avec ceux-ci. Nous savons que certains paroissiens viennent à la messe parce qu'il y a un service de la Parole aux enfants. Lors des sermons, un catéchiste s'occupe d'eux. Les enfants préparent une pièce ou un sketch, en fonction de l'Evangile du jour, qu'ils présentent après le sermon - et leur mémoire en garde des souvenirs - ou bien ils dessinent, et nous affichons leurs dessins au mur de l'église. Lors d'événements ou de fêtes, nous servons une petite collation après la messe.

 

Le Vendredi Saint, nous effectuons un chemin de croix avec les paroissiens du

Diocèse (500.000 personnes). Notre Evêque porte la croix .A ce moment là, l'église et le chemin de croix de bois - taillé par des artistes - qui l'entoure et la prolonge, deviennent en quelque sorte un sanctuaire du Diocèse...

 

Le 13 juin, nous commémorons les grandes déportations de Lituanie : pendant 7 nuits en effet, 40.000 personnes ont été déportées par le Régime soviétique.

 

EE Finalement, le tissu social se reconstruit autour de l'église...

 

P. Algirdas Tout à fait. Il faut souligner l'importance du trait communautaire. Nous célébrons la messe, nous parlons avec les gens, nous présentons l'enseignement de l'Eglise contemporaine. Les gens commencent à réfléchir par eux-mêmes, à s'acheminer ensemble dans la voie de l'Eglise.

 

EE y a-t-il des éléments que l'on peut regretter ?

 

P. Algirdas Si nos paroissiens viennent à la messe, ils donnent encore trop peu de leur temps pour servir vraiment. Nous recevons une aide ponctuelle, mais l'organisation d'un service permanent reste problématique.

 

Il faut apprendre aux personnes à devenir responsables. Par contre, lorsque l'on établit le contact avec la jeunesse, on remarque qu'elle est disponible. Il y a donc des signes d'espérance.

 

EE Il ya visiblement beaucoup de travail dans une paroisse et tous les paroissiens ne se sentent pas responsables de son dynamisme. Son titulaire peut-il être aidé par d'autres desservants ?

 

P. Algirdas Des prêtres de mon entourage m'aident beaucoup, afin que je puisse circuler dans mes paroisses, gérer les activités des jeunes et agir sur le champ culturel. Mais il n'y a aucune possibilité d'avoir un plus grand nombre de prêtres par paroisse. Chacun doit se débrouiller, d'autant plus que l'activité n'est pas rémunérée.

 

EE Comment un prêtre peut-il se positionner actuellement dans sa paroisse?

 

P. Algirdas Il doit faire preuve de professionnalisme et utiliser une pédagogie adaptée, pour la réalité du mariage, la vie de famille, la guidance des jeunes. Il doit être « professionnel » mais il doit surtout être en harmonie, en continuité avec lui-même, avec la nature qu'il faut aimer et respecter, avec l'autre, avec Dieu. Ce n'est pas simple... Il faut arriver à mettre l'accent sur la relation avec l'autre: savoir l'accepter dans sa différence, l'aimer, lui pardonner. Nous ne devons pas oublier que c'est l'autre qui choisit de travailler avec l'Eglise pour Dieu.

 

EE Nos lecteurs nous donnent des intentions de messe pour les prêtres de l'Est. Quelle est leur importance en Lituanie?

 

P. Algirdas Les prêtres des petites paroisses ne reçoivent aucune contribution pour exercer leur magistère, si ce n'est les intentions de messe qui constituent leur unique moyen de fonctionnement. Ils reçoivent une contribution lors des mariages, des baptêmes...

 

Actuellement, les intentions de messe diminuent fortement, parfois jusqu'à 400 litas (4000 frs belges) par mois. Souvent, dans un esprit de partage et de solidarité, les prêtres des moyennes et grandes paroisses invitent ceux des paroisses plus petites à concélébrer avec eux.

 

EE Que peut faire EE pour la pastorale en Lituanie?

 

P. Algirdas Soutenir la formation dans les Centres catéchétiques : nous avons besoin de catéchistes solides. Les adultes et les enfants doivent être formés. C'est une question cruciale. Seulement alors les gens comprendront que la vie de leur paroisse leur appartient et qu'ils doivent l'organiser.

 

EE En conclusion?

 

P. Algirdas On continue sur la route de l'Evangile, en explorant ce qui est bien, comme dit St Paul, et en associant tous nos efforts pour construire une société meilleure, c'est-à-dire plus humaine. Une paroisse au visage humain, une communauté au visage humain, une Europe au visage humain.

 

Un défi à relever

 

"Le défi de l'urgente nouvelle évangélisation à travers la formation des prêtres mais aussi des laïcs est en train d'être relevé", disait Son Eminence le Cardinal Backis en 1998 aux deux premiers "envoyés spéciaux" d'Entraide d'Eglises en Lituanie.

Par ailleurs, Monseigneur Juozas Preiksas, Evêque du diocèse de Panevezis, nous confirme en cette année 2001 la nécessité de consacrer une attention particulière à la catéchèse des adultes, afin de "ranimer leur désir de spirituel", et de leur permettre de "transmettre cette flamme à leurs enfants".

 

Lors de notre visite, nous constatons en effet les multiples efforts en ce sens accomplis par les Centres de Vilnius et de Panevezys, dont les réalisations en matière de sessions d’éducation religieuse à l'intérieur de l'école de l'Etat, et d'élaboration d'un enseignement catéchétique sacramentel dans les paroisses, sont remarquables.

 

Cette diversité a une histoire : au début des années 1990, deux sœurs lituaniennes, Sœur Maryte Sirkaite et Sœur Adele Petraskaite avaient suivi une formation pour la catéchèse à l'Institut de Formation pour la Catéchèse des adultes à Lille (IFAC) : la théologie et l'exégèse de la Bible y sont enseignées à l'aide des moyens audio-visuels les plus modernes.

 

De retour en Lituanie, les deux Sœurs adaptent ces méthodes de travail à leur objectif: s'engager pour l'Eglise de Lituanie et par là-même pour l'Eglise universelle. Les manuels de l'IFAC et les supports écrits de l'enseignement audio-visuel français sont traduits en lituanien. Elles font l'acquisition de diapositives et de matériel de projection.

Deux groupes se constituent dans les diocèses de Vilnius et de Panevezys.

 

Le Centre catéchétique de Vilnius est actuellement placé sous la direction de Mme Giedre Rugeviciute, celui de Panevezys est dirigé par Madame Zita Trucioniene. Celles-ci accomplissent un travail d'envergure, avec intelligence et détermination, en collaboration avec des instituts français, tels l'Institut Notre-Dame de Vie, de Venasque.

Les Centres recherchent activement une aide pour pouvoir acquérir le matériel pédagogique (livres, cartes...) et audio-visuel indispensable à l'enseignement livré par les catéchistes toujours plus nombreux, mais surtout pour pouvoir subvenir à la formation permanente de ces derniers, dont la jeunesse et l'engagement sont une source récurrente d'étonnement.

Catherine Berkans

 

« Sandora », le « Sel de la Terre », et «  Lux »...

 

Depuis 1989, date désormais célèbre de la chute du mur de Berlin, un grand nombre de maisons d'édition ont fleuri en Lituanie. Ainsi, sise au numéro 6 de la rue Dominikonu à Vilnius, "Kataliku Pasaulis" manifeste une grande vitalité. Nous avons rencontré Monsieur Rimantas Meskenas, nouveau directeur de "Kataliku Pasaulis", et Mademoiselle Zydre Bakutyte, journaliste et chargée de promotion de l'activité éditoriale. Ils nous ont parlé avec passion de leur travail.

 

La production de cette dynamique maison d'édition est passée de 10 à 35 livres par an, de manière à répondre, selon l'expression de son directeur, "aux besoins de l'âme toujours croissants " de son public.

 

En effet, les œuvres choisies sont principalement d'ordre religieux - les ouvrages publiés tentent de répondre à la question du vécu de la foi, ici et maintenant- et psychologique, axés sur les réalités de l'amour et de la mort.

 

La Maison a innové dernièrement en inaugurant une série de livres à thèmes: dix questions, toujours identiques, portant sur l'expérience de Dieu, la prière et les miracles, sont posées à diverses catégories de la population: chaque catégorie fait l'objet d'un petit fascicule, ceux-ci sont très prisés par les lecteurs. Jusqu’a présent, des religieux et des artistes ont été interviewés.

 

"Kataliku Pasaulis" édite également un panel de revues adaptées à différentes tranches d'âge. Ainsi la revue "Sandora" ("Alliance", 12 numéros tirés à 4000 exemplaires) et le "Sel de la Terre" (11 numéros, 3000 exemplaires) s'adressent à un public plus traditionnel et orientent la réflexion sur le Dieu de la tradition et sa réalité dans la vie quotidienne.

"Lux" (11 numéros, 3000 exemplaires) est conçue spécialement pour la jeune génération et s'efforce de rencontrer certaines de ses préoccupations : l'émigration sans retour des étudiants, l'homosexualité...

 

La maison édite encore à 3000 exemplaires un calendrier qui présente les portraits des personnalités religieuses du pays.

 

Malgré la progression de "Kataliku Pasaulis" dans le paysage éditorial, sa situation reste à consolider. La concurrence des autres organismes éditoriaux est réelle. De plus, ses coûts de production sont supérieurs aux recettes de vente.

 

En effet, il faut en moyenne un an pour fabriquer un livre: la traduction d'un livre étranger en lituanien par exemple est longue ; le processus d'amortissement des coûts est donc très lent. De plus, le livre est cher pour le Lituanien moyen et se vend donc difficilement.

 

Afin de se faire connaître et de développer ses créneaux, "Kataliku Pasaulis" s'est récemment orientée vers la traduction en lituanien de livres étrangers d'inspiration chrétienne. L'Italie, l'Amérique, la Belgique, l'Espagne, la Slovaquie, la Suisse sont ses réservoirs d'inspiration.

Catherine Berkans

 

ZOOM SUR LUX,

REVUE POUR LES JEUNES DE 15 A 25 ANS...

 

Indépendante depuis 10 ans, la Lituanie vit une période de changements religieux, sociaux et culturels brutaux. Le style de vie s'occidentalise. Les parents, professeurs, prêtres... doivent trouver une réponse adéquate aux questions et aux nouveaux besoins des jeunes en matière d'éducation.

 

La revue "LUX" veut proposer aux jeunes Lituaniens une culture alternative basée sur les valeurs de l'Evangile plutôt que sur celles du néo-libéralisme, en promouvant en particulier l'ouverture, le dialogue et le sens de la responsabilité. Elle veut répondre de manière judicieuse aux besoins d'une formation catéchétique, adaptée aux jeunes d'aujourd'hui et soutenir les agents de pastorale (professeurs de religion, prêtres)

 

 

Le Centre de Formation professionnelle. De Vilnius ou

le symbole du mythe d’Orphée

 

« Rien n'est aussi contagieux que l'enthousiasme. C'est le vrai symbole du mythe d’Orphée L'enthousiasme est le génie de la sincérité et, en vérité, on ne réalise aucune victoire sans lui ».

 

UN CENTRE D'ART ET D'ARTISANAT DE HAUT NIVEAU

 

Le Centre de formation est composé de grandes pièces d'une simplicité monacale où tout est mis au service de l'art.

 

Inexistantes jusque-là, les filières professionnelles qui y sont développées rencontrent les besoins artisanaux relatifs aux biens de l'Eglise qui parvient ainsi à leur ouvrir des débouchés dans des niches de métiers uniques.

 

Nous passons d'abord par l'atelier "Textiles" où se confectionnent des vêtements réservés à l'usage du clergé et de quelques particuliers, pour aboutir dans un atelier de "broderie" où les plus surprenantes réalisations nous attendent. Nous visitons ensuite l'atelier "Restauration de meubles anciens" et nous poursuivons la visite par la salle de "Travail sur bois", où un artisan confirmé termine un miroir sur pied. Le joyau du bâtiment est la salle de restauration de fresques murales du patrimoine religieux...

 

L'Archidiocèse de Vilnius a sélectionné des artistes et artisans ayant à la fois un haut niveau de qualification et une longue expérience dans leur secteur d'activité. Chacun de ces artisans accepte déjà des étudiants apprentis. Ceux-ci, en fin de formation, pourront être engagés à l'intérieur ou à l'extérieur du Centre.

 

En lien avec ces activités d'Eglise ou avec des œuvres de charité fonctionne un petit café avec une salle de banquet adjacente; une "soupe populaire" délivre près de 700 repas quotidiens; une activité de blanchisserie est en fonctionnement dans les locaux.

 

UNE OEUVRE DE PEDAGOGIE

 

Au cœur des préoccupations de son fondateur, il y a un désir humain, chrétien de contribuer à l'élaboration du schéma éducationnel en Lituanie. En effet, à la chute du système soviétique, nombreuses sont les industries, entreprises, boutiques et commerces qui ont fermé leurs portes, confinant au chômage - dont le taux atteint actuellement 20% de la population active - un grand nombre de personnes.

 

La situation économique et sociale du pays étant toujours précaire, les enfants et les jeunes gens quittent fréquemment leur campagne appauvrie pour se réfugier dans les villes.

 

De plus, les critères budgétaires établis par le Gouvernement ont eu pour conséquence, dans ces mêmes campagnes, la fermeture des dernières classes de secondaire. C'est ainsi que la jeunesse des campagnes est souvent obligée de parcourir de longues distances pour suivre les classes de collège et rares sont ceux qui peuvent poursuivre au-delà de la 10e classe. Les personnes atteintes de handicap rencontrent une difficulté supplémentaire. Dès la fin de leurs études secondaires, elles restent souvent chez elles.

 

Enfin, la réinsertion professionnelle et civile est difficile pour les orphelins et les jeunes qui ont vécu dans des maisons de redressement.

 

Le Centre de Formation professionnelle de Vilnius prévoit un encadrement spirituel afin de répondre aux besoins humains et moraux des étudiants qui auront vécu des situations difficiles, et de leur réapprendre l'entraide, la confiance, la vie en communauté.

 

Ceux-ci passeront un examen pratique à la fin du cycle afin de recevoir un diplôme de spécialiste. La Commission d'examen d'Etat sera composée d'experts dans chaque domaine et dépendra des institutions gouvernementales.

 

Les diplômes seront délivrés par le Centre de Formation, avec l'autorisation du Département lituanien de l'Inspection du Travail.

 

UNE visée RELIGIEUSE

 

Le Centre de Formation professionnelle permet à l'Eglise d'entreprendre la restauration de ses collections d'œuvres d'art, de ses biens et de ses bâtiments, fortement détériorés pendant la période soviétique, tout en assurant un travail social utile. En recourant à des artisans lituaniens pour la conservation et la restauration de son patrimoine, il n'est pas tributaire de ressources spécialisées étrangères.

 

D'autre part, un certain nombre d'entreprises du pays peuvent être amenées à collaborer avec le Centre de Formation. Chaque métier, hormis la restauration culinaire, est choisi en fonction de son manque actuel. Le but est d'éviter toute concurrence dans les créneaux professionnels et secteurs d'activité.

 

La totalité du complexe "Latran" est actuellement la propriété de l'Archidiocèse de Vilnius. Délabré durant le régime soviétique, il est en reconstruction. Le coût de l'ensemble des travaux - qui s'échelonnent sur 2 ans - est estimé à 4.050.000 litas (40.050.000frs belges). Un dossier a été rendu à des fonds divers, notamment au Fonds Lituanien aux Etats-Unis...

 

Le Centre recherche activement l'équipement nécessaire à tous les ateliers, sous forme de matériel usagé ou de dons provenant d'institutions qui œuvrent suivant les mêmes principes.

 

Il recherche notamment des machines à coudre perfectionnées pour permettre à des handicapés de pouvoir travailler avec un minimum d'efforts.

 

Ne dit-on pas que la Beauté aussi sauvera le monde?

Catherine Berkans