Bulletin décembre 2000

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CYRILLE ET METHODE
Patrons de l’Europe
Ils étaient frères. Ils étaient pleins de courage et d'intelligence.
Ils n'ont pas fini de nous étonner

 

Cyrille et Méthode "éducateurs des Bulgares ". Icône bulgare du 1ge siècle. Brutalement chassés de la Moravie après la mort de Méthode,
ses disciples trouvèrent refuge en Bulgarie où ils donnèrent un nouvel essor à la mission slave qui se répondit ensuite dons toute l'Europe orientale.
 Choque année, une importante délégation bulgare se rend à Rome pour la fête des deux frères.


Si les peuples slaves de l'est de l'Europe sont devenus chrétiens, ils le doivent à deux Grecs, deux frères, Cyrille et Méthode qui, partis de Thessalonique, montèrent vers le Nord pour y annoncer la bonne nouvelle de l'Evangile, C'étaient deux hommes, non seulement vertueux mais intelligents, qui comprirent rapidement que, si la Parole devait être entendue, la langue grecque, bien qu'elle fût celle de l'Evangile, ne suffisait pas, ne convenait pas à des populations qui parlaient seulement le slavon.  Ils se mirent donc en devoir de traduire leur message dans cette langue et de traduire aussi la liturgie eucharistique à laquelle ils invitaient leurs nouveaux fidèles. Il leur fallut compléter, pour ce faire, l'alphabet grec qui ne comptait pas certaines consonnes propres aux langues slaves. Douze siècles après leur initiative, non seulement le  christianisme qu'ils prêchaient est toujours vivant là où ils sont passés mais aussi l’alphabet  dit, aujourd'hui, cyrillique, utilisé pour écrire les langues bulgare, serbe et russe.
Pourtant leur initiative ne plut pas à tout le monde. Des chrétiens occidentaux, notamment les missionnaires bavarois, virent d'un mouvais œil cette atteinte ou latin et à l'influence qu'ils espéraient lui associer dans cette partie de l'Europe. Selon une coutume bien ancrée parmi les catholiques trop conservateurs –qui confondent leur tradition avec la Tradition-, ils dénoncèrent les deux frères à Rome.

Cette dénonciation malveillante allait toutefois se révéler providentielle. En effet, en allant à Rome pour y défendre la couse des Slaves, ils rencontrèrent heureusement un pape intelligent, Hadrien Il, qui leur donna raison.

Méthode fut cependant le seul à rentrer en Moravie (aujourd'hui en République tchèque) d'où ils étaient partis à deux, son frère Cyrille étant mort à Rome, le 14 février 869.

Mais la Moravie était sons doute trop proche de l'Empire germanique pour qu'on y laissât Méthode en paix.  Il y eut des pressions sur un nouveau pape pour qu'il condamnât la liturgie slavonne, ce qu'il fit.

Sur ce, la Moravie ayant disparu sous le coup des invasions hongroises et Méthode étant mort à Velehrad, le 6 avril 885, ses disciples se replièrent sur la Bulgarie d'où leur liturgie passera ensuite en Serbie et en Russie. Ces pays se placèrent ainsi dans la communion de l'Eglise grecque de Constantinople et donc, plus tard, de l'orthodoxie.

Cela n'empêchera pas Jean-Paul Il, en 1980, de déclarer les deux frères patrons de l'Europe, d'écrire en leur honneur, en 1985, I’ encyclique  Siavorum Apostoli, d'aller vénérer le tombeau de Méthode à Velehrad en 1990. Il y vit "une pierre angulaire de l'unité européenne " sur laquelle s'appuie" les deux immenses traditions qui forment ensemble l'Europe chrétienne" et où se rencontrent ainsi, ajoutera-t-il encore, " deux Eglises sœurs ".


L'alphabet cyrillique

Afin d'évangéliser en profondeur les peuples slaves de Moravie où ils avaient été appelés, les deux frères grecs, envoyés par Constantinople, doués d'une intelligence et d'une ouverture d'esprit exceptionnelles, eurent l'idée élémentaire mois qui s'est avérée géniale de traduire dans la langue du peuple l'écriture sainte et la liturgie. *  
Dans ce but, se basant sur l'alphabet grec, ils créèrent un nouvel alphabet apte à transcrire le slavon.

Cet instrument culturel irremplaçable permit l'essor non seulement du christianisme mais aussi de la culture slave. De nos jours, l'alphabet cyrillique est employé dons les pays de l'Europe de l'est: en Russie où il fut simplifié au 18e siècle, Belarus, Ukraine, Bulgarie et Serbie. La Roumanie est revenue à l'alphabet latin au 19e siècle.

Actuellement, le slavon, figé dans la langue liturgique n'est plus guère compris des fidèles. Les liturgistes les plus avancés voudraient traduire les textes sacrés, en russe notamment, mais les plus hautes instances de l'Eglise orthodoxe russe et le clergé conservateur s’y opposent farouchement.

* En Europe occidentale, le latin est resté la langue liturgique quasi universelle jusqu'aux années qui précédèrent le Concile de Vatican Il en1963.  La constitution sur la liturgie rendit alors obligatoire ce qui se faisait déjà depuis la guerre.

La traduction de la bible en français date du 13e siècle, et la première édition dans cette langue, de 1487. La traduction de la bible en allemand par Luther date de 1534.

 

 

Pierre Delooz

 

ROUMANIE

LA SITUATION ÉCONOMIQUE ET SOCIO-POLITIQUE

D'après le rapport de voyage d'une délégation de la commission Europe Centrale-Est-Ouest

de Pax Christi Wallonie-Bruxelles, du 7 au 26 avril 2000.


 

L'effondrement du régime dictatorial avait provoqué le rêve d'une amélioration importante et rapide. Sil la liberté d'expression est un fait acquis des plus appréciables, les déceptions se multiplient dans bien des domaines.

La situation est désastreuse du point de vue socio-économique: une société duale s'installe, les pauvres sont plus pauvres,  les riches sont plus riches et la classe moyenne est pratiquement inexistante. Mis à part les "riches" -mais comment le sont-ils devenus?- toute la population est concernée par des difficultés pécuniaires.

Les conditions journalières de vie sont très dures.  Les prix grimpent et les salaires sont loin d'être proportionnés au coût de la vie.

La fermeture d'entreprises, quoique parfois essentielles en tant que service public, a eu comme conséquence la perte d'emplois. Le chômage sévit dans tout le pays. Dans les campagnes,  le matériel agricole est redevenu primitif.  Les loyers sont chers et les conditions de logement souvent pénibles : locaux exigus, installations détériorées, bâtiments vétustes, trop peu de constructions, nombreux sans-logis dans les centres urbains (dont certaines personnes âgées privées de droits sociaux).

La société urbaine voit se développer une sous-alimentation importante (qu'arriverait il en cas d'épidémie ?), une corruption à échelle croissante dans certains milieux, des divorces, de nombreux avortements, une extension de l'alcoolisme et de l'usage des drogues, le phénomène de la prostitution.

Quelques progrès voient le jour. Une aide sociale se met lentement en place mais reste totalement insuffisante. Un cas parmi d'autres: une jeune maman ne peut nourrir son bébé, le montant de l'allocation familiale mensuelle qu'elle perçoit couvre la dépense d'une seule boîte de lait alors qu'il en faudrait 15 par mois.

Que faire individuellement? Rechercher des " petits boulots" à côté de l'emploi officiel (s'il y en a un).  Si on a la chance de posséder un petit lopin de terre ou un jardin, on le cultive. Un ménage rencontré a des ruches. Dernière extrémité, se livrer à la mendicité.

Il est certain que les plus faibles sont les plus touchés: les femmes, les personnes âgées, les malades, les enfants. Les pensions de vieillesse sont insignifiantes, les soins médicaux et pharmaceutiques sont très onéreux. Il existe une médecine d'Etat (gratuite) et une médecine privée (qui n'est accessible qu'à une population relativement aisée).  Les médecins sont très mal payés et l'habitude de leur donner des commissions n'a pas disparu.  Le maire d'une grande ville nous disait: "Il n'est pas bon d'être malade en Roumanie !".

De nombreux enfants vivent dans les rues, déguenillés, parfois pieds nus, mendiant, sniffant. Pour la plupart, le dortoir, c'est l'égout.

Quelles sont les initiatives à prendre pour répondre à de telles situations? Il y en a peu, trop peu et si elles apportent de l'aide, elles ne résolvent pas fondamentalement les problèmes.

Certaines émanent du gouvernement ou des municipalités mais restent fortement insuffisantes. Les Eglises, les ONG,  des services sociaux privés mettent sur pied diverses organisations tels des centres d'accueil de jour pour les jeunes et les enfants (qui souvent préfèrent la liberté dans les rues, le soir venu).  Ils offrent une aide matérielle et psychologique aux familles en détresse, aux personnes âgées et aux malades. Devant la grande pauvreté et les injustices sociales flagrantes, toutes les Eglises font indiscutablement un grand effort pour soulager les pauvres, mais sans protester publiquement contre les insuffisances du régime politique actuel. Ces activités caritatives, aussi utiles soient-elles, ne remplacent aucunement un système de sécurité sociale fiable mis en place par l'Etat.

Des Roumains prennent eux-mêmes les choses en main avec intelligence et grande générosité : telle une polyclinique privée créée notamment à l'initiative d'un médecin à la retraite qui décide de " changer de vie" afin d'aider les plus démunis; des consultations régulières y sont assurées par des confrères bénévoles. A proximité d'un dispensaire, ouverture d'une école de rattrapage pour les enfants mal scolarisés. Des bénévoles créent un petit service social adossé à une paroisse...

Dans certaines régions touristiques, le logement chez l'habitant ou dans de petites maisons privées s'organise dans le but d'améliorer le niveau de vie des intéressés.

Malgré ces initiatives positives, de grands pas restent à franchir. Outre l'assistance et la solidarité, il s'avère indispensable d'envisager un nouveau système économique, une vue nouvelle du partage, une lutte vigoureuse contre la corruption. Cela exige un gouvernement compétent et intègre, des hommes d'affaires humains et pas seulement affairistes


 

COURRIER DE ROUMANIE


 

CLUJ-NAPOCA.

Des nouvelles de l'Ecole Christiana pour jeunes en abandon scolaire

Projet soutenu par Entraide d'Eglises

" L'école de récupération scolaire de Floresti a eu la chance de pouvoir déménager à Cluj-Napoca. La ville a donné à l'association orthodoxe philanthropique "Christiana" le droit de s'installer dans une école maternelle désaffectée et elle a même contribué à l'aménagement du rez-de-chaussée et des alentours qui serviront de cour de récréation aux jeunes. On a pu repeindre le premier étage et divers parrainages ont permis de refaire les installations sanitaires et les conduites d'eau, de remplacer les fenêtres et d'installer le chauffage.

Ainsi l'école a fait un grand progrès pour accueillir les quarante jeunes qui ont la chance de la fréquenter durant cette année scolaire afin de rattraper le retard considérable qu'ils ont dans les études, ce qui les empêche de trouver un emploi.

D'autre part, profitant de l'expérience des deux années précédentes, le conseil d'administration a pourvu l'école d'une structure d'organisation plus serrée, ce qui fut possible grâce à l’aide financière accrue des différents organismes de soutien.  Le coordinateur du projet est un prêtre orthodoxe venant des Etats-Unis, le Père David Hudson et sa présence régulière dans l'école constitue un bienfait pour les jeunes ainsi qu'un encouragement pour les professeurs dont seize sont bénévoles.

Peu à peu, l'école Christiana prend sa place dans la ville de Cluj. Les organisateurs savent gré à Entraide d'Eglises de lui faire confiance en assurant les salaires de deux personnes qui y travaillent à plein temps.

Veuillez traduire ce merci chaleureux aux membres bienfaiteurs de votre association qui a compris l'enjeu humain et ecclésial d'une solidarité avec l'Europe du Centre et de l'Est.

A mon tour, je dois vous dire que nous-mêmes, sœurs de la Doctrine Chrétienne, qui vivons en Roumanie depuis sept ans, nous partageons de tout cœur la consigne dynamique que vous avez choisie pour vos journées diocésaines du 4 au 12 novembre: « D'Est en Ouest solidaires dans l'espérance ".

Ci-joint quelques mots de la psychologue Codruta Bozdog sur le travail qu'elle effectue avec les jeunes, en groupes ou en consultations particulières:

«  Les jeunes nous arrivent de familles à niveau économique très bas et souvent d'un milieu culturel où les informations sur un style de vie saine ne pénètrent pas. Nous essayons donc d'abord de leur expliquer comment se nourrir sainement même avec des moyens limités et comment le manque d'hygiène alimentaire peut être la cause des maladies qu'ils rencontrent autour d'eux.

La plupart des enfants viennent également de familles ou d'un entourage dépendant de l'alcool, du tabac ou de la drogue. Nous essayons de développer en eux une image positive d'eux-mêmes, de les aider à identifier les pressions de leur entourage dans ce domaine et comment et pourquoi y résister.  Beaucoup de jeunes sont aussi victimes de maltraitance physique affective ou sexuelle.  Nous leur apprenons à reconnaître ces abus et à pouvoir s'en défendre efficacement.  Nous leur faisons connaître les Droits de l'enfant et les services spécialisés auxquels ils peuvent recourir ".

Sr Mathieu, responsable de l'école. Cluj

CLUJ NAPOCA Des nouvelles des sessions de formation pour les religieuses (CRSM)

Projet soutenu par Entraide d'Eglises

 

« Pendant cette année 2000, toute l'attention de la CRSM (Conférence roumaine des supérieures majeures) s'est portée sur la formation permanente des sœurs, dans un esprit de collaboration et de communion fraternelle entre les différentes congrégations catholiques et gréco-catholiques afin de mieux répondre aux demandes de l'Eglise, de la société et des personnes qui ont besoin de notre aide.

Les cours étaient ouverts en priorité aux jeunes sœurs engagées dans le travail actif d'apostolat.  Le nombre d'inscriptions ne faisant qu'augmenter, nous avons été obligées de répartir les cours en plusieurs sessions.  Les aspirantes et novices ont reçu une série de cours axés sur l'engagement à la vie consacrée, ses motivations, la connaissance de soi, l'affectivité dans la vie consacrée, comment vivre ses vœux; en plus des cours plus généraux comme la peinture d'icônes, la spiritualité patristique etc...  Les supérieures avaient droit à un cours intitulé: l'autorité dans l'esprit du ministère, l'esprit de service.

Les programmes étaient bien équilibrés, alliant la formation avec exercices pratiques et mises en situations concrètes,  vie spirituelle et détente.

Nous voudrions mentionner spécialement le cours de peinture d'icône donné par la Mère Meletina Morozan de l'archevêché orthodoxe de Cluj. Le fait de peindre nous-mêmes une icône, l'icône de la mère de Dieu Eleusa (Douce caressante)l, selon les méthodes traditionnelles nous a permis de pénétrer plus intimement dans la spiritualité de nos consœurs gréco-catholiques et orthodoxes

Les « exercices spirituels de St Ignace » nous ont offert une occasion de changer le rythme de notre vie, disposant nos âmes à faire le vide,  pour mieux nous concentrer sur Dieu dans la prière.

Grâce aux fonds reçus des organisations qui nous soutiennent, nous avons pu offrir aux congrégations la gratuité de ces sessions et nous en sommes très reconnaissantes. Que le bon Dieu vous bénisse pour votre charité fraternelle, pour l'aide accordée et pour votre précieuse collaboration ".

La Présidente: Sr Angela Bitiusca
(Sœur de l'Assomption)

La Secrétaire: SrIIdiko Homa

 

REPUBLIQUE TCHEQUE


BILLET de PRAGUE

" En cette année 2000, année du jubilé, il faut dire malheureusement que l'Eglise catholique, ici, est en proie à des divisions internes assez fortes entre progressistes et conservateurs. Ces derniers voudraient, entre autres, que le "pouvoir" reste entièrement dans les mains du clergé. Les laïcs, qui ont pourtant joué un rôle important dans notre pays, n'ont actuellement plus rien à dire. Le recteur de la Faculté de théologie de l'université Charles IV à Prague est très intégriste et les séminaristes qui sortent de là ont la même tendance. Heureusement, la Faculté de théologie d'Olomouc est beaucoup plus ouverte, dans la ligne de Vatican II.

Les prêtres ordonnés clandestinement sous le régime communiste et mariés sont environ 160. Une vingtaine d'entre eux ont accepté de faire partie d'un évêché fictif gréco-catholique (où les prêtres peuvent être mariés). Mais il n'y a pratiquement pas de paroisses gréco-catholiques chez nous; pour toute la Bohème-Moravie on compte environ 2000 gréco-catholiques, la plupart étant des réfugiés assez âgés d'Ukraine, d'U.R.S.S. L'évêque gréco-catholique, nostalgique, voudrait profiter de ce nouvel apport de prêtres pour donner une nouvelle vigueur au gréco-catholicisme; mais à quoi sert-il de risquer de nouvelles causes de division? Mgr Vlk, l'archevêque de Prague a récemment demandé à Rome la permission pour ces prêtres de célébrer la messe dans le rite latin, ce qu'il a obtenu.

Que d'énergie dépensée alors qu'on n'a pas assez de temps pour résoudre des problèmes vitaux!

Par exemple, à la Faculté de médecine, à Prague, il y a de fortes pressions pour que les cours d'éthique soient supprimés afin d'être remplacés par des matières purement scientifiques. Actuellement ces cours sont libres et suivis par un cinquième des étudiants. C'est là qu'on réfléchit aux questions si importantes sur l'avortement, l'euthanasie, le rapport médecin-malade.

Enfin, la médecine, chez nous tend à s'humaniser. Le malade n'est plus un objet entre les mains du médecin, on lui demande de plus en plus de prendre part aux décisions le concernant.

Il faut continuer à travailler sans perdre courage ".

Correspondance particulière
 

ALBANIE

L'évêque Cosmas, le plus ancien clerc de l'Eglise orthodoxe d'Albanie, est décédé le 11 août dernier dans sa 80e année. Ses obsèques ont été célébrées solennellement dans

la cathédrale St Thomas de Vlorës.  La vie de l'évêque Cosmas a été un exemple de foi, de courage et d'abnégation. De 1945 à 1990, alors qu'il était prêtre de paroisse, il a accompli son ministère pastoral en dépit des persécutions du régime communiste.
Il connut alors la prison et la clandestinité. Après la reconstitution de l'Eglise d'Albanie en 1991, il avait repris ouvertement son ministère.

Entièrement anéantie par le régime communiste en 1967, l'Eglises orthodoxe d'Albanie n'a pu renaître de ses cendres qu'à partir de 1991 grâce à l'action pastorale et au dynamisme de l'archevêque Anastase, ancien missionnaire grec en Afrique noire qui, avec l'aide des quelques rares prêtres à avoir sur

vécu aux persécutions, a su reconstituer, en un bref laps de temps, clergé et structures ecc1ésiales. Depuis 1991, plus d'une centaine de prêtres ont été ordonnés, plus de cent paroisses et

quatre monastères ont été rouverts, ainsi qu'un séminaire de théologie, trois centres d'assistance médicale, un service d'aide sociale et caritative, une revue mensuelle et une station de radio.

L'ensemble des orthodoxes albanais est estimé, du point de vue sociologique à environ 20% de la population totale du pays.

Service Orthodoxe de Presse Nov. 2000

N.d.l.r. L'archevêque Anastase est souvent intervenu en paroles et en actes en faveur de la tolérance et du dialogue entre les religions dans les Balkans. Il a travaillé sans relâche pour accueillir les réfugiés Kosovars.

Ceux-ci seraient encore au nombre de 200 à 300.000, dispersés dans des familles fort pauvres. L'acheminement de l'aide alimentaire est toujours rendue difficile par les attaques de la mafia.

Les catholiques, quant à eux, représentent environ un dixième de la population. Etablis majoritairement dans le nord du pays, il sont accueilli généreusement les réfugiés de guerre avec qui ils partagent encore bien souvent leur pauvreté.


 

HONGRIE

Pierre blanche pour l'œcuménisme. Un saint catholique canonisé par le patriarche de Constantinople.

Au mois d'août dernier, le patriarche Bartholomée de Constantinople s'est rendu à Budapest pour canoniser le roi Etienne de Hongrie, proclamé saint par les catholiques en 1083. Depuis le grand schisme de 1054, c'est la première fois qu'un saint catholique est également canonisé par les orthodoxes.

La Hongrie célèbre cette année le millénaire de sa fondation, c'est en effet en l'an 1000 que le roi Etienne établit fermement l'autorité monarchique et créa les institutions qui régirent la Hongrie pendant huit siècles. Le samedi 19 août, eut lieu, dans la principale église luthérienne de la ville, le plus important service œcuménique jamais célébré en Hongrie. Le patriarche Bartholomée rappela que saint Etienne, bien qu'il ait opté pour Rome et ses missionnaires, avait également reçu et encouragé les missionnaires grecs dans l'évangélisation de son pays. Après la cérémonie œcuménique, les hôtes furent invités à une descente du Danube. Le pape Jean-Paul Il, absent, avait envoyé un long message où il rendait hommage à tous les membres de l'Eglise hongroise, notamment au cardinal Mindzenty, qui furent emprisonnés sous le communisme et parfois moururent en exil.

Le dimanche 20 août, le patriarche orthodoxe célébra l'eucharistie dans une église catholique. Le lendemain, beaucoup de hauts dignitaires de toutes les confessions, dont le patriarche, se rendirent à la célèbre abbaye bénédictine St Martin à Pannonhalma pour ce qu'ils appelèrent le plus grande rencontre œcuménique de l'année du jubilé.

 

The Tablet, 26/8/2000