Bulletin septembre 1996

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Comme des amis.

Rappelez-vous l'explosion de joie qui a accompagné la chute du mur de Berlin, il n'y a pas si longtemps.

Qui aurait dit alors que les années à venir seraient si dures à vivre pour les peuples de l'Est arrachés au totalitarisme et à son cortège de mensonges, d'oppression et de terreur?

C'est que le totalitarisme détesté a été remplacé, aux yeux de beaucoup, trop souvent par le vide.

Le communisme était au moins clairement identifié. On savait ce qu'il ne voulait pas: le capitalisme et son marché, la propriété privée des moyens de production, les libertés dites bourgeoises, la religion dite opium du peuple, etc.

On savait à quoi s'en tenir à son égard, même si personne ou presque n'y croyait plus. Mais justement, comme on n'y croyait plus, le communisme s'est détruit de lui-même.

Avec surprise, on a constaté qu'il était difficile à remplacer par ce dont il ne voulait pas -le marché, l'enrichissement individuel, la liberté bourgeoise, la religion à la carte - parce que beaucoup n'y croyaient pas non plus.

Conséquence: désarroi d'une grande partie de la population.

Remède? Quand nous sommes nous-mêmes désemparés, ce qui peut nous réconforter et nous empêcher de perdre cœur est la présence de nos amis. Même s'ils ne disent rien, ils nous rassurent sur nous-mêmes et nous font échapper à la solitude dévastatrice.

A l'égard des chrétiens de l'Est, c'est ce que nous voudrions être: des amis qui ne leur tiennent pas de discours, qui ne prodiguent pas de bons conseils, mais qui sont là, qui posent des gestes de solidarité parlants par eux-mêmes, qui leur montrent qu'ils ne sont pas seuls et que, nous aussi, cela nous fait du bien qu'ils soient là, que nous ne sommes pas seuls, grâce à eux.

 

Un problème délicat: la présence catholique en pays orthodoxe.

Peut-on aider sans diviser, aider pour réconcilier?

Interview du Père Michel Van Parys, Abbé de Chevetogne. (1)

 

Dans notre travail à l'Entraide d'Eglises, nous nous posons souvent des questions au sujet de l'aide que nous apportons dans les pays d'Europe du Centre et de l'Est. Comment cette aide est-elle perçue là-bas, par les uns et par les autres? Ne risquons-nous pas parfois de faire œuvre de division, de créer des jalousies, des animosités entre Eglises? Pour nous éclairer sur le sujet, nous avons toute confiance dans le jugement de M. Van Parys. Abbé de Chevetogne depuis vingt-cinq ans, il a mis toute son intelligence et sa sensibilité au service du rapprochement des Eglises. Il connait bien les situations concrètes des pays concernés avec lesquels il est constamment en étroit contact.

 

Nous sommes souvent étonnés, voire choqués par les dissensions existant actuellement entre les Eglises chrétiennes d'Europe centrale et orientale. Nous aimerions les voir s'atteler ensemble aux tâches urgentes qui les attendent, nous aimerions les entendre parler d'œcuménisme. Mais le mot œcuménisme semble avoir là-bas, très mauvaise presse. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi ?

 

C'est vrai que le mot «œcuménisme», tout comme le mot paix d'ailleurs, est un mot piégé dans beaucoup de milieux en Europe centrale et de l'Est. Je pense qu'il y a plusieurs raisons à cela.

Durant la période communiste, les Eglises ont essayé d'ouvrir et de maintenir des contacts avec les autres Eglises de par le monde. El/es ont dû, pour cela, faire des concessions à la pression du Parti et de l'Etat. Aux yeux de gens peu ou pas informés, l'œcuménisme était synonyme de compromission de la part de l'Eglise, qu'elle soit orthodoxe ou catholique ou luthérienne dans les Pays Baltes. Le phénomène du double langage joue maintenant à rebours: l'œcuménisme, c'est une compromission.

Le deuxième élément, à mon avis, c'est que pour beaucoup de gens, œcuménisme équivaut à internationalisme, dans le sens du slogan communiste qui niait la spécificité culturelle et nationale des peuples.

Enfin, pour les chrétiens, souvent aux yeux de beaucoup d'orthodoxes mais aussi de catholiques et de protestants, le mot œcuménisme laisse sous-entendre libéralisme dans la foi, nous dirions syncrétisme interchrétien.

 

Les Eglises chrétiennes participeraient en fait au courant actuel de forte affirmation de l'identité propre, qu'elle soit nationale ou religieuse ?

 

Je pense qu'il faut essayer de comprendre qu'il existe un traumatisme postcommuniste dont on commence seulement à mesurer l'ampleur des séquelles et qui engendre un besoin presque instinctif de retrouver ses racines. Qu'y avait-il avant le régime communiste? Il y a certainement une idéalisation de ce qui a précédé, mais je pense qu'on ne pourra pas faire l'économie de cette réaction identitaire. Il faut la respecter et essayer de l'accompagner par la formation, par la connaissance historique objective, par les rencontres etc. Si on se contente, comme beaucoup de milieux européens, même œcuméniques, de vitupérer contre les nationalismes, c'est un peu hypocrite. Comme si le nationalisme ne concernait pas l'Europe occidentale! Nous avons aussi nos problèmes.

 

En ce qui concerne la peur de l'œcuménisme, il ne s'agit donc pas principalement de la peur de se faire manger par Rome?

 

Bien sûr, cela intervient. Mais je pense que c'est beaucoup plus profond. Il y a évidemment dans la culture de certains peuples orthodoxes, des gènes antilatins. Et un certain comportement catholique réactive des angoisses ou des agressivités qui sont présentes dans l'histoire de la culture. Exemple classique : le peuple serbe. L'angoisse remonte à une ou deux générations avec le phénomène des oustachis et donc d'une politique perçue comme la politique de l'Eglise catholique et du Vatican (la réalité n'est pas si simple mais elle est perçue comme telle). Pour la Russie aussi, il y a eu depuis le seizième siècle un rêve de «conquista» du monde catholique. Cette vieille expérience a été réactivée dans les années 20-30 par tout un projet catholique d'évêques clandestins. Les intentions étaient certes généreuses mais pas très œcuméniques. Si notre fondateur Dom L.Beauduin a été écarté en 1928, c'est parce qu'il ne voulait pas collaborer à ce projet de mission massive en Russie, imaginée par certains, au Vatican.

 

En fait, quel est le but final de l'œcuménisme? Quel sera le visage d'un œcuménisme chrétien pleinement réalisé ?

 

Je crois que c'est d'arriver à une communion eucharistique qui est l'expression de la charité retrouvée entre les Eglises. Unité dans la diversité avec comme objectif, la mission, le témoignage de la joie du salut. C'est cela qu'il faut. Ce n'est pas que l'Eglise devienne plus grande, plus importante, c'est que le salut de Jésus-Christ soit proposé à tous dans le respect des consciences. Les divisions entre Eglises et entre chrétiens sont un contre-témoignage sur le contenu de la foi chrétienne. Il est évident que les disputes entre Eglises, chez nous, mais plus encore dans des sociétés en recherche de valeurs spirituelles comme celles de l'Europe centrale ou orientale, rendent extrêmement difficile pour les gens qui cherchent vraiment, de percevoir le message d'un Dieu Amour.

Pour moi, c'est cela le but du rapprochement œcuménique. On prie et on œuvre pour cela car on sait qu'il faut le faire, même si on sait qu'humainement, le poids de l'histoire va toujours dans le sens des divisions. Il est plus facile de se séparer que de revenir ensemble.

 

Parlant des rapports entre chrétiens, un pasteur protestant de Moscou vous disait récemment: « au temps où nous étions persécutés, nous savions nous parler, maintenant que nous sommes libres, nous n'arrivons plus à avoir de dialogue ». Comment expliquer cette évolution?

 

C'était lors d'une réunion œcuménique en 1991, mais la situation n'a guère changé. C'est vrai que les Eglises chrétiennes sur place, avaient plus de contacts au niveau hiérarchique officiel, simplement parce qu'elles collaboraient lors d'initiatives pour la paix. Elles devaient, par exemple, envoyer ensemble des délégations à l'étranger. Tout cela est devenu beaucoup plus difficile maintenant.

Mais il faut bien se rendre compte qu'un des obstacles majeurs au dialogue, c'est l'existence des Eglises gréco-catholiques(2) en Slovaquie, en Ukraine et en Roumanie (en Russie, il n'y a qu'une petite diaspora gréco-catholique ukrainienne). Toutes les Eglises orthodoxes ressentent le fait même de l'existence de ces Eglises gréco-catholiques comme un démenti de la sincérité œcuménique de l'Eglise catholique. Je ne dis pas qu'elles ont raison mais voilà comment elles ressentent ce fait.

Les Eglises gréco-catholiques quant à elles, ont un contentieux extrêmement douloureux avec les Eglises orthodoxes. Elles accusent celles-ci de s'être servi du bras séculier, en l'occurrence le bras communiste, pour essayer de les absorber et de les liquider. Les orthodoxes répondent : «vous avez fait la même chose il y a trois siècles».

Donc il y a des blessures et quand il y a blessure, il faut essayer d'entamer un dialogue, des rencontres. Ne pas nourrir l'imagination continuellement de reproches à l'autre sinon on finit par parler avec son frère qui n'est plus que l'imagination de ce qu'il est, des deux côtés. Une des choses les plus urgentes actuellement, c'est qu'on puisse, entre les deux Eglises, mais aussi entre les Eglises orthodoxes-mères et les Eglises gréco-catholiques, entamer un dialogue. Dans une première phase, essayer de dire simplement «qu'est-ce qui fait mal? Est-ce qu'il y a moyen de lire notre passé commun en des termes qui se ressemblent un peu ?»

 

Quelle est la réaction de l'Eglise orthodoxe devant le développement des missions religieuses étrangères en Russie?

 

A la fin du mois de juillet dernier, il y a eu, à la Douma, une discussion à propos du prosélytisme des religions étrangères. Le métropolite Cyril de Smolensk, responsable du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, a signé avec un certain nombre de parlementaires une pétition demandant que toutes les religions non russes demandent une permission spéciale pour pouvoir exercer leurs activités en Russie. A ses yeux, les religions russes sont: l'orthodoxie, le bouddhisme et l'Islam. Le chef officiel de l'Islam s'est déclaré d'accord avec cela et il se pourrait qu'un certain nombre de responsables baptistes en Russie aient le même avis. C'est que, eux aussi, sont débordés de missions qui viennent de l'étranger avec des moyens que les communautés sur place, qui ont vécu des situations très difficiles, ne sont pas capables de gérer et d'intégrer dans leur vie.

Les conséquences sont évidentes pour l'Eglise catholique parce qu'en Russie, les 9/10e des prêtres, des religieux et des religieuses sont étrangers. Ils ont besoin d'un permis de séjour, ils n'ont pas la nationalité russe. Or, la plupart des catholiques sont d'origine allemande, polonaise ou ukrainienne et s'ils sont là, c'est souvent parce qu'ils ont été déportés, pas seulement sous le régime soviétique mais déjà sous le régime tsariste. Il est donc tout à fait normal que ces gens reçoivent enfin un accompagnement pastoral normal. En même temps, la jeune génération, pour autant qu'elle reste en Russie (ceci vaut surtout pour les Allemands) ne s'intéresse plus tellement au fait d'avoir une langue qui est l'Allemand. Ils sont russophones maintenant. Les problèmes pastoraux de ces catholiques sont très grands.

 

En Russie, l'Eglise catholique est continuellement accusée de prosélytisme. Pensez-vous que ces accusations soient fondées ?

 

Il faut écouter ces accusations. A mon avis, beaucoup d'initiatives catholiques, en Russie, ne tiennent effectivement pas compte des orthodoxes. Il n'y a pas la collaboration œcuménique souhaitée (du moins officiellement) par l'Eglise catholique. Cela vaut pour des congrégations religieuses, pour les mouvements. Il y a des congrégations religieuses qui prennent des initiatives scolaires ou caritatives. C'est, en soi une chose excellente. Mais en même temps, elles commencent à créer une petite paroisse. Autre, scénario que j'ai vu plusieurs fois: il y a une initiative caritative ou scolaire, des gens sont attirés et deviennent catholiques. Pourquoi pas? Le problème en Russie est qu'ils deviennent catholiques latins. Après trois ou quatre ans, ils ne se sentent plus tellement à l'aise dans cette liturgie latine. Naît alors la tentation d'organiser des communautés catholiques de rite byzantin. Si on se laisse tenter par cela, c'est la fin du dialogue œcuménique. Bien sûr, il est normal qu'une communauté qui reçoit beaucoup d'aide extérieure matérielle et intellectuelle ait un certain rayonnement et puisse attirer des non-croyants de toute origine. Mais quand est-ce qu'on est frappé par la charité active d'une Eglise, ce qui est un témoignage et quand est-ce que cette charité devient indiscrète? C'est assez complexe.

 

A quelle condition les catholiques peuvent ils alors exercer une action caritative?

 

Cela suppose que l'on essaie de collaborer continuellement avec l'épiscopat orthodoxe. Ce n'est pas facile, on est humilié, mais il faut voir plus loin. Il faut voir le Christ. C'est lui qui doit être annoncé, pas l'Eglise catholique ou l'Eglise orthodoxe. Tout n'est pas blanc ou noir, cela dépend de la manière dont on agit. Sur place, la situation doit être assez complexe mais je pense que le but à rechercher est d'aider les orthodoxes à trouver leur élan missionnaire. Ils ont cette possibilité en eux. Bien sûr, ils ne travaillent pas comme nous, mais cela c'est un problème culturel. Ils sont moins efficaces à nos yeux, mais il faut voir après vingt ou trente ans. Il peut y avoir là une émulation positive, un échange d'expérience.

 

Il semble y avoir actuellement, dans l'Eglise orthodoxe une importante crise de croissance qui se manifeste en conflits internes entre les partisans de deux approches différentes de la tradition, l'une ouverte à l'œcuménisme et jugée réformiste, l'autre davantage repliée sur son passé. En aidant un courant plutôt que l'autre ne risquons nous pas d'attiser le conflit plutôt qu'aider à le résoudre ?

 

Il ne faut pas penser que ceux qui aiment avoir des contacts et sont les plus ouverts constituent la majorité de l'Eglise orthodoxe. Les gens de cette trempe sont une petite minorité et ils méritent d'être encouragés et soutenus. Mais il faut essayer aussi d'avoir des contacts avec les autres, aider d'autres initiatives tout en posant au préalable la condition que cela ne soit pas utilisé pour une propagande anticatholique.

Il faut comprendre ce retrait sur le passé, il est lié à toute cette recherche d'identité. Je pense qu'il y a trois phénomènes qui jouent. Premièrement, les temps d'après persécutions ont été, dans toutes les périodes de l'histoire de l'Eglise, des temps difficiles. Rétablir la communion demande un travail d'une ou deux générations. Déjà dans l'Eglise ancienne, il y avait les «Iapsi» qui avaient trahi et les confesseurs, les rigoristes et les libéraux.

Deuxièmement, à cause de la déculturisation opérée par le parti communiste, l'Eglise et en particulier l'Eglise orthodoxe (comme l'Eglise catholique en Pologne) est devenue en quelque sorte le réservoir de l'identité nationale et culturelle.

S'ajoute à cela le phénomène actuel du pluralisme dont le choc est beaucoup plus douloureux et plus brutal que chez nous où il s'est opéré en trente ou quarante ans.

 

La brutalité des changements intervenus dans les sociétés des anciens «pays de l'Est » n'engendre-t-elle pas un rejet de tout ce qui vient de l'Occident?

 

Beaucoup d'évêques, de moines et de croyants ont l'impression que la destruction de la société par le néocapitalisme sauvage chez eux est plus grande que celle faite par le communisme. La brutalité des transformations actuelles est telle qu'il y a effectivement une espèce de rejet de tout ce qui vient de l'Occident. Pour beaucoup d'évêques orthodoxes, ce sera tout ce qui vient du catholicisme et du protestantisme, mais j'ai rencontré des évêques latins en Biélorussie qui n'osent pas envoyer leurs séminaristes étudier à l'extérieur tant «la théologie y est désastreuse».

Il est évident pour nous que ce ne sont pas les Eglises catholiques qui ont organisé cet assaut de matérialisme, du coca-cola à la pornographie, dans ces pays. Cela pose une question politique beaucoup plus large: que fait l'Union Européenne au delà de l'aide économique qui profite à un pourcentage réduit de la population? Quelle place trouver pour les Eglises dans ce dialogue? Il est quand même frappant de voir, à Moscou par exemple que ce qui «marche» c'est ce qui est d'Eglise! Je pense que là, le dialogue entre les Eglises aura une grande importance.

 

Pour terminer, pourriez-vous nous donner quelques conseils pratiques concernant notre travail à l'Entraide d'Eglises?

 

Continuez comme vous le faites à trouver et à soutenir de petits projets qui permettent d'avoir un contact personnel. Essayez de multiplier les contacts, de mettre les gens en rapport les uns avec les autres. C'est ainsi que tombent les préjugés.

Informez ici sur ce qui se passe là-bas mais aussi là-bas sur ce qui se passe ici.

La formation est la priorité par excellence. Toute initiative concernant la formation est chose extrêmement positive. Plus il y aura de bourses accordées mieux ce sera. Mais il faudrait aussi que des gens d'ici acceptent de suivre des sessions de formation là-bas.

En ce qui concerne l'aide accordée aux uns plutôt qu'aux autres...Aidez les courants ouverts et progressistes, ils doivent être soutenus. Mais essayez d'avoir des contacts avec les autres aussi.

Catholiques, gréco-catholiques, orthodoxes... parfois on nous somme de choisir! Mais nous ne devons pas choisir car les autres sont aussi nos frères. Parler ainsi, ce n'est pas faire la leçon, c'est simplement dire ce qui est. Nous devons en tout cas demander que toute aide accordée ne soit pas utilisée contre une autre confession chrétienne. Nous devons demander aux catholiques qu'ils fassent tout ce qu'ils peuvent pour travailler en collaboration et en accord avec les orthodoxes de l'endroit ou de la région, comme le stipule le document du Vatican, paru sur ce sujet, en 1992.

 

Merci, Père Van Parys, infiniment

Interview: Baga Martens

 

(1) Chevetogne (Condroz). Des moines bénédictins, d'origines multiples, se consacrent à l'unité des chrétiens. Un lieu d'accueil, d'échange, au service de tous les chrétiens, par la louange et la liturgie, par la diffusion de l'art et des icônes, par l'étude et la recherche et surtout par la prière.

(2) Gréco-catholiques: il s'agit des fidèles de diocèses de tradition et de rite byzantins, en communion avec l'Eglise de Rome.