Bulletin décembre 1994

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Comprendre les serbes?

Olivier Clément (1)

 

(1) Théologien orthodoxe de renom, Olivier Clément est professeur à l'Institut de théologie Saint Serge à Paris. Cet article a paru dans le quotidien catholique français "La Croix" en janvier 1994.

 

Un orthodoxe ne peut, aujourd'hui, éviter de parler du problème de l'ex-Yougoslavie. Le peuple serbe, au long d'une histoire tragique, s'est souvent montré noble et héroïque. Il a développé, au contact de l'Orient et de l'Occident, une haute culture, qui va des fresques médiévales à la grande littérature du 20e siècle. Il a particulièrement souffert sous la domination ottomane, subissant oppression, massacres et déplacements de populations.

 

Au début du 18e siècle, par exemple, lorsque les Autrichiens ont restitué aux Turcs de vastes territoires serbes qu'ils venaient de libérer, ces territoires se sont partiellement vidés de leur population qui a fui dans l'empire des Habsbourg (et parfois jusqu'en Russie).

 

C'est alors que le Kosovo, berceau du peuple et de l'Eglise serbes, où se trouvent les chefs-d’œuvre de son art médiéval, a commencé d'être occupé par les Albanais, alliés des Turcs (ce qui n'est pas une raison pour interdire toute autonomie aux 90% d'Albanais qui, aujourd'hui, le peuplent). La Serbie est le pays d'Europe qui a eu, proportionnellement à sa population, le plus de pertes pendant la première guerre mondiale.

 

Le drame actuel est né de la dislocation hâtive, trop vite reconnue par l'Europe et d'abord par l'Allemagne, de la Fédération yougoslave, alors qu'il aurait fallu au préalable imposer une négociation car les frontières n'ont rien d'intangible et il est absurde de les sacraliser. Il est né aussi de la volonté serbe d'appliquer le principe des nationalités tel qu'il s'est formulé sous la double inspiration de la pensée française et de la pensée allemande dans l'Europe du 19e siècle, et tel qu'il n'a pu jouer sans violence ni injustices avec la liquidation des empires turc, autrichien puis soviétique.

 

La reconnaissance trop rapide de la Croatie a provoqué la guerre: de nombreux Serbes - plus de 12% de la population - avaient été installés en Croatie par les Habsbourg pour défendre la chrétienté et avaient reçu d'eux toutes garanties. Pendant la seconde guerre mondiale, les «oustachis» croates, et les SS musulmans, ont perpétré un véritable génocide, peut-être 700.000 victimes!

 

A Medjugorje, comme le souligne Cyrille Auboyneau dans un livre récent « La vérité sur Medjugorje, clé de la paix (Ed. Guibert) » on trouve à flanc de colline une de ces immenses fosses communes où l'on entassa les cadavres et qui furent soigneusement bétonnées sur l'ordre de Tito. La Vierge, apparue non loin de là, demanda aux Croates d'aller demander pardon aux Serbes. Ils ne l'ont pas fait...

 

Lorsque la Croatie proclama son indépendance, la minorité serbe qui avait toutes raisons pour se considérer comme chez elle et surtout d'avoir peur en souvenir du génocide, a appelé au secours l'armée fédérale. Il ne s'agit nullement de justifier les horreurs que les Serbes ont pu commettre et commettent encore, comme le supplice gratuitement imposé à Sarajevo, témoignage pervers d'une pure haine. Elles suscitent la honte et exigent le repentir. Mais il faut rappeler que :

 

a) Ces horreurs ont été d'abord le fait de l'armée fédérale qui se considérait comme engagée dans une guerre de sécession et appliquait les méthodes de l'école soviétique c'est-à-dire le bombardement préalable des villes, bombardement terroriste, «mémoricide» (qu'on pense à Vukovar, Dubrovnik et Karlovac); qu'elles ont été ensuite, particulièrement en Bosnie, le fait d'une lie de la population engagée dans des milices d'irréguliers «tchetniks» ou «aigles blancs», et le produit de la «dé-moralisation» communiste: n'oublions pas que deux Serbes sur trois et huit Monténégrins sur dix ne sont pas baptisés.

 

b) Croates et Musulmans ont commis d'analogues atrocités, sur une échelle plus restreinte certes car ils étaient moins bien armés et occupaient des territoires moins étendus. Les Serbes ont aussi beaucoup souffert de la guerre : 200 villages serbes détruits en Slavonie, 50 en Herzégovine. On compte jusqu'à 500.000 réfugiés en Serbie et l'aide humanitaire les néglige. Si les campagnes serbes peuvent vivre en semi autarcie, l'effondrement économique et monétaire provoqué par l'embargo frappe durement les citadins, surtout les enfants et les vieillards...Dans les hôpitaux (si l'on met à part les cliniques privées réservées aux nouveaux riches), il faut apporter médicaments et nourriture.

 

c) Le peuple serbe a été et reste encore conditionné par une propagande totalitaire qui dénonce le «complot» contre l'orthodoxie, l'alliance du Vatican et de l'islam (!) et reprend inlassablement les souvenirs atroces de l'histoire du pays : en Croatie, le génocide de la seconde guerre mondiale, en Bosnie, le rappel de plus d'un demi-millénaire d'exactions ottomanes dont certains féodaux serbes s'étaient rendus complices en se convertissant à l'islam. Fatalité de la haine : les Musulmans bosniaques, hier sécularisés et modérés, glissent peu à peu vers un islamisme radical sous l'influence de rudes guerriers venus du Sandjak et des volontaires arabes et iraniens.

 

d) La confusion entre le politique et le religieux, comme en Irlande du Nord, dans la Croatie dite «catholique», que dans la Serbie dite «orthodoxe». Alors que tous les combattants appartiennent en réalité à la même ethnie, l'appartenance «religieuse», d'ordre psychologique et sociologique, a créé de pseudo-ethnies qui, toutes, cherchent à s'épurer, au prix d'effroyables déplacements de population.

 

Il ne faut ni diaboliser (ce qui est le cas en Occident) ni justifier è tout prix le peuple serbe (ce qui est le cas en Europe orientale qui ne connaît guère, faut-t-il le rappeler, que les actualités serbes). Il importe d'aider la courageuse Eglise serbe qui, depuis le début de 1992, s'oppose très clairement au régime cryptocommuniste et appelle au respect des personnes et de la paix.

 

On doit enfin s'Interroger sur l'utilité de l'embargo. L'extrême misère des masses les rejette vers les nationalistes les plus violents qui font campagne contre la corruption et la pauvreté et les livre plus que jamais au conditionnement télé-visionnaire, personne ou presque n'ayant assez d'argent pour acheter les journaux de l’opposition.

 

Tant de souffrances semblent Inutiles. La mort des enfants serbes n'empêche pas celle des enfants de Sarajevo. La solution serait sans doute d'imposer, par une énorme et réelle pression militaire, une négociation générale sur les frontières et le statut des minorités. Une négociation qui comprenne le désir d'unité des Serbes; seul moyen d'arracher ceux-ci à leurs meurtrières obsessions.

SOP 2/94

 


Une réflexion - témoignage à partir du travail de l'équipe catéchétique Symbolon de Zagreb (Croatie).

 

Promouvoir la culture du dialogue et de la paix par l'éducation

Josip Baricevic

 

 

Exemple de collaboration du Centre Catéchétique SYMBOLON
 avec la communauté islamique de Croatie:
la réalisation d'un manuel de religion islamique
.

 

C'est avec joie et en même temps avec un grand désir de rester silencieux que j'ai accepté l'invitation d'écrire une réflexion - témoignage sur la façon dont la tolérance se vit en Croatie, plus particulièrement dans le travail de "équipe interdisciplinaire catéchétique Symbolon.

 

Un grand désir de rester silencieux parce que nous sommes très conscients de la souffrance de centaines de milliers de personnes touchées par l'injustice, la violence et la mort, pour qui il est extrêmement difficile d'oser croire et espérer que la réconciliation et la paix authentique soient possibles. Avec joie parce que nous sommes également convaincus qu'il est nécessaire et possible d'espérer « contre toute espérance» (Rom.4,18).

 

Déjà à l'époque du régime communiste, depuis une vingtaine d'années, une de nos préoccupations les plus importantes était de savoir comment, dans une situation multiculturelle, multiethnique et multiconfessionnelle, nous pouvions contribuer à une vraie rencontre de la foi et de la culture, à un dialogue authentique entre les personnes concrètes, différentes par leur culture, leur nationalité et leur appartenance religieuse. Cette même question, nous nous la posions, de façon plus aiguë et plus développée, vers la fin du régime communiste et au début des changements politiques radicaux dans les pays de l'ex-Yougoslavie, surtout en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Il était en effet de plus en plus clair que la violence l'emporterait sur la manière civilisée de résoudre les conflits.

 

Ce que nous pouvions faire, c'était d'essayer de nous engager de la manière la plus créatrice possible à promouvoir une vraie culture du dialogue et de la paix, par l'éducation. Education qui permettrait aux enfants, aux jeunes et à leurs parents, de connaître, de garder et de développer leur propre identité culturelle, religieuse et nationale mais en même temps de connaître et de respecter l'identité culturelle religieuse et nationale des autres.

 

C'est dans cette perspective que nous avons cherché à établir les modèles les plus adéquats possibles d'éducation et de culture religieuse pour les communautés croyantes et pour les écoles. Dans l'éducation profane également, notamment dans l'enseignement de la langue, de la littérature et de la culture, nous avons contribué à la recherche et à l'établissement de la perspective interculturelle.

 

Toutes ces approches, nous avons essayé de les concrétiser en créant et en publiant des manuels de religion, de littérature et de culture, destinés aux enfants, aux jeunes et à leurs familles (plus de 600.000 exemplaires de manuels originaux et plus de 500.000 exemplaires de manuels traduits et adaptés d'après des originaux en langue française ou allemande).

 

Nous nous sommes également engagés dans le dialogue et la collaboration concrète avec les responsables des communautés islamiques en Croatie, Slovénie et Bosnie-Herzégovine ainsi qu'avec les responsables de l’Eglise orthodoxe et d'autres communautés chrétiennes non catholiques.

 

Pour être concret je vous parlerai plus spécialement d'un de nos derniers livres: « Rijechrvatska» (Parole croate), manuel de littérature et de culture pour les élèves de 11 à 13 ans, destiné également aux jeunes et à leurs familles vivant en diaspora en Europe ou dans d'autres continents.

 

Le thème central de ce livre est: « Moi et l'autre, un grand mystère ». En guise d'introduction, nous proposons ce texte à méditer:

 

« L'autre c'est quelqu'un

qui est proche de moi et que j'aime. Mais j'autre peut être aussi l'étranger dont j'ai peur et qui a peur de moi. »

 

« L'autre est toujours ailleurs

c'est pourquoi je peux m'approcher de lui, et c'est pourquoi il peut me devenir lointain comme s'il n'existait pas.

Moi et l'autre deux rivages

qui s'interpellent

et qui peuvent restés séparés pour toujours »

 

Dans le même thème, on trouve aussi des sous-thèmes concernant différents aspects de l'altérité de l'autre, de son identité:

 

Des noms différents.

« Pourquoi nos noms sont-ils si semblables

et si différents ? »

« Si tu es chrétien, on t'a donné un nom

de baptême, si tu es musulman, on t’a donné

un nom pendant une célébration familiale »

 « La signification des noms chrétiens

et des noms musulmans »

 

Des langues différentes.

Il s'agit de sensibiliser les jeunes et leurs familles au fait que nos différences de langues à la fois cachent et révèlent nos plus grandes richesses. Pour pouvoir donner accès à ces richesses, nous proposons un choix de poésies accompagnées d'un commentaire. Les textes sont donnés dans leur version originale avec une traduction en croate. Ils sont choisis dans la littérature allemande, serbe (en caractères cyrilliques et translitération en caractères latins), slovène, macédonienne, albanaise, anglaise, danoise, suédoise, française, espagnole et turque.

 

Pour conclure, j'ose revenir à ce que je disais au début de cet article : nous sommes convaincus qu'il est nécessaire et possible d'espérer contre toute espérance. Une éducation de qualité, à la fois motivée et animée par le respect de sa propre identité et par le respect du mystère de l'autre, peut jouer un rôle tout particulier et irremplaçable dans l'établissement de la paix et du dialogue. L'équipe de Symbolon essaie d'y offrir sa part. Ce n'est pas par hasard qu'elle a choisi, à l’origine, ce nom de Symbolon qui signifie en grec « mettre ensemble, se rencontrer, se reconnaître »

Zagreb, 20,11,1994.

 

Visite en Albanie

 

Au cours du mois de Juillet de cette année, un groupe de 14 Jeunes, de 17 à 30 ans, encouragés par quelques membres de la communauté albanaise de Belgique, s'est rendu pour une quinzaine de jours dans le petit village d'Obot, au nord de l'Albanie, afin d'aider les habitants à reconstruire leur église. Sachant qu'Entraide d'Eglises soutient, à Bajze, non loin de là, la communauté franciscaine de Sœur Anna Luija, Ils ont eu la gentillesse d'aller la saluer de notre part et de nous envoyer de ses nouvelles à leur retour.

 

« Au cours de notre séjour en Albanie, en juillet dernier, nous avons eu l'occasion de rendre visite à Bajze, ce qui nous permet de vous donner quelques nouvelles.

 

Notre camp dans le village d'Obot s'est très bien passé, tant sur le plan des échanges avec les Albanais que du point de vue de notre groupe.  Dès l'arrivée au port de Durrës nous avons fortement ressenti le contraste socioculturel tant les différences sont immenses. Cependant nous avons été frappés par la grande qualité de l'accueil: ces gens qui ont si peu, parviennent à partager encore. C'est toute une qualité de vie qui se découvre alors...Notre vie de groupe a beaucoup appris de cette dimension d'accueil.

 

Les habitants d'Obot, comme beaucoup d'Albanais, sont à la recherche de leur identité culturelle.

Le communisme ayant tout détruit, il est essentiel de retrouver des repères, de se rattacher à des racines. Ils ont entrepris de reconstruire leur ancien village dont ils ont été chassés après un tremblement de terre. Les communistes en avaient profité pour raser tout et développer la culture des terres sur de grandes étendues. Les habitants déplacent maintenant leur maison pour revenir sur leurs terres.

 

Cette recherche d'identité passe aussi par l'expression de la foi. Privés de toute forme de religion sous l'ancien régime, les Albanais y accordent maintenant une place centrale. Pour Obot, village catholique, l'affirmation de la chrétienté se concrétise par la reconstruction d'une église, à l'emplacement de l'ancienne. C'est un enjeu d'une importance capitale dans un pays à forte majorité musulmane. Un projet a été conçu en concertation avec les villageois et deux architectes belges et nous avons participé aux travaux de fondations qui ont commencé au début de l'été.

 

En général, nous avons passé la matinée au travail sur le chantier. L'après-midi était plutôt consacré à la détente... avec une animation pour les enfants en fin de journée. Nous avons également organisé quelques excursions avec nos hôtes, dans ce pays magnifique: randonnée en montagne, visite de Shkodra et de sa citadelle...et Bajze. Nous sommes allés directement au petit monastère de Sœur Anna Luija. Vous pouvez imaginer sa joie de voir débarquer quelques Belges venus tout spécialement pour la rencontrer!

 

Elle nous a reçus très gentiment, heureuse de cette conversation en français parfois entrecoupée d'Albanais pour que nos amis puissent comprendre... Elle nous a exprimé toute sa gratitude pour le soutien d'Entraide d'Eglises et pour toute l'aide apportée, notamment pour la camionnette qui lui est bien utile! Sœur Anna va bien, avec ses deux sœurs franciscaines de Bajze, mais aussi huit novices albanaises apparemment bien motivées.

 

De l'autre côté du chemin qui mène au monastère, le chantier d'une église est commencé: les fondations ont été réalisées par un entrepreneur de la région. Un temps de recueillement dans la chapelle avec Sœur Anna avant de poursuivre notre route plus au nord pour découvrir cette belle église de Hot, bâtie en un an parait-il (par les gens de l'endroit et selon les plans de l'ancienne église, démolie) et que de jeunes Italiens terminaient de mettre en peinture. Quel dynamisme! C'est l'expression d'une foi vraiment vivante chez les Albanais.

 

Nous voici rentrés en Belgique et nous poursuivons quelques activités autour des projets d'aide aux habitants d'Obot. Il n'est pas possible de rester les bras croisés après tout ce que nous avons vécu. Nous témoignons de cette expérience, nous cherchons des moyens pour poursuivre cette coopération avec l'Albanie. Nous avons pris conscience que la population a énormément besoin qu'on l'aide dans ce processus de changement. On n'efface pas facilement quarante cinq années de communisme. Cependant toute aide doit être adaptée à leurs attentes, à leurs besoins spécifiques. Nos initiatives se veulent localisées et bien limitées.

 

Parce qu'ils ne possèdent pas de grandes choses qui les encombrent, les Albanais nous ont donné de goûter au « mieux être », grâce à une multitude de petites choses pleines de délicatesse et de simplicité ».

 

Pour toute information complémentaire sur « Obot Albanie » - Réseau Jeunesse, contactez André Schreuer, Avenue Gouverneur Bovesse, 13/6, 5100 Jambes. Tél. 081.30.90.69.

 

Courrier

Robert Vander Gucht

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Une quatrième priorité?

 

«Nous considérons comme un devoir de justice et d'amour, de partager, en toute modestie, nos expériences de ce temps-là avec l'Eglise universelle, à la prière, à la fraternité et à l'aide de laquelle nous devons tant!» Cette phrase, nous la lisons dans «L'Eglise du silence. Un aperçu contemporain sur 40 années», l'essai qui ouvre le recueil de textes dans lequel le théologien tchèque Oto Madr nous livre son témoignage sur ce qu'il a vécu et pensé dans son pays pendant les quarante années de régime communiste.

«A côté de beaucoup de souffrances, ce temps a aussi été rempli d'inhabituelle joie. Dans la situation de persécution, les croyants vivent plus intensément avec Dieu et avec son Eglise; ils sentent qu'ils sont l'Eglise, plus que dans les temps paisibles.»

 

A l’issue du colloque sur le nationalisme, organisé au cœur de la Bohême par la Conférence chrétienne pour la paix, j'ai passé deux jours à Prague.

J'ai rencontré Oto Madr que j'avais rencontré pour la première fois à Prague en 1966, peu après sa sortie de prison. Il avait été condamné à la prison à vie, en 1952, pour «haute trahison et espionnage».

la première chose qu'il m'a demandée c'est s'il était possible que son livre «Comment l'Eglise tchèque n'est pas morte. Témoignage du temps de détresse de l'Eglise tchèque», paru en Allemagne en 1993, soit traduit et publié en français.

 

En relisant le bulletin d'Entraide d'Eglises, j'en suis venu à me demander si nous n'étions pas tentés de biffer «Entre» pour ne laisser que «Aide». Nous percevons les chrétiens de l'Est comme désespérément pauvres. Comme ayant désespérément besoin de nos richesses en hommes, en argent, en aggiornamento conciliaire, en techniques de communication, en livres, en manuels, en machines à écrire, en machines à coudre, et que sais-je encore.

Et c'est vrai, ils ont besoin de tout cela. Mais pas en premier lieu.

Ils ont en premier lieu besoin d'être considérés par nous comme des frères qui, dans des conditions extrêmement difficiles, sont parvenus à exprimer leur foi et leur espérance dans des réflexions profondes et insolites, dans des intuitions fulgurantes, dans des œuvres d'art poignantes.

 

Lors de ce court séjour à Prague, j'ai aussi vu Vladimir Rudolf.

Ce curé d'une paroisse de la banlieue de Prague, j'avais fait sa connaissance en 1968, au moment du «printemps de Prague», alors que l'estime de ses confrères l'avait propulsé à la tête du «Mouvement pour le renouveau conciliaire».

Il est toujours à la tête de cette paroisse et, en visitant son église, j'ai été frappé par l'étonnant chemin de croix qui fait le tour de ses murs.

Les étapes de la passion de Jésus sont évoquées à travers les figures les plus saisissantes des tragédies de l'Histoire ou des drames de notre vie quotidienne : l'agonie au jardin de Gethsémani, c'est l'angoisse d'une mère devant la menace du champignon atomique;  Simon de Cyrène réquisitionné pour aider Jésus à porter sa croix, c'est un prisonnier de camp en pyjama de bagnard...

Ce chemin de croix, œuvre du sculpteur Karel Stadnik, a été reproduit en cartes postales et en dias. Là encore, la demande de mon ami tchèque -la seule demande, à vrai dire- a été: pourriez-vous faire connaître cette œuvre à l'Ouest?

 

Alors, oui, je me demande si Entraide d'Eglises ne devrait pas réorganiser quelque peu ses activités, nous appeler avant tout à nous mettre à l'écoute de nos frères de l'Est; nous faire connaître leurs besoins mais aussi nous aider à nous enrichir de leurs richesses en veillant à ce que le meilleur de leurs réflexions, de leurs méditations, soit traduit...

 

Nous remercions vivement Robert Vander Gucht de nous avoir envoyé ces réflexions intéressantes concernant l'aide et l'entraide.

Il est vrai que dans la rubrique de notre bulletin intitulée l'Entraide indispensable, il est toujours question de l'aide que nous pouvons apporter à l'Est. Cependant notre volonté permanente est d'informer nos lecteurs sur les valeurs positives vécues là-bas et de donner la parole à des interlocuteurs de ces pays, même si ce n'est pas toujours facile à réaliser.

Quoi qu'il en soit, suite à l'invitation de Robert Vander Gucht, nous sommes entrés en contact avec l'éditeur du théologien tchèque Oto Madr afin de faire publier ses écrits en français.

Merci donc à notre collaborateur d'aujourd’hui (qui connaît Entraide d'Eglises depuis longtemps !) pour cette bonne idée qui, nous l'espérons sera suivie de beaucoup d'autres.

 

 

NOUVELLES BREVES

EX-YOUGOSLAVIE

Réactions orthodoxes à la visite du pape en Croatie.

 

Après l'annulation de son voyage à Sarajevo, prévu le 8 septembre dernier, le pape Jean-Paul Il s'est rendu en visite en Croatie les 10 et 11 septembre, invité à l'occasion du 900e anniversaire de la création du diocèse catholique de Zagreb. Aucun représentant orthodoxe serbe n'assistait à cette visite, le métropolite Jovan de Zagreb vivant depuis trois ans en exil à Belgrade. Les responsables de l'Eglise serbe n'ont fait aucun commentaire sur l'annulation de la visite du pape à Sarajevo. Quand à une éventuelle visite du pape à Belgrade, elle avait été jugée « peu souhaitable » par le métropolite Jovan de Zagreb en raison des « prises de position antiserbes » du Vatican, devait-il remarquer. Pour leur part, les quelques trente mille orthodoxes vivant encore à Zagreb se sont montrés, dans leur ensemble, satisfaits de la visite du pape en Croatie, même s'ils déplorent bien entendu, que le président Tujman dont les discours avaient une tonalité très politique et nationaliste, ait cherché à exploiter cette visite en sa faveur, en interprétant le geste du pape comme un encouragement à la reconquête de la Krajina. Il est à craindre que les relations entre le Vatican et la Serbie ne s'en trouvent pas améliorées, indiquent-ils encore.

 

Dans son dernier discours à Zagreb, le pape a d'ailleurs explicitement défendu la politique du Vatican vis-à-vis de la Croatie, en invoquant le libre droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. C'est oublier, soulignent les orthodoxes de Zagreb, la question des frontières tracées de façon arbitraire par Tito et encourager le principe de « deux poids, deux mesures »… Les orthodoxes de Zagreb espèrent néanmoins que les paroles du pape, qui affirmait qu' « il est temps pour l'Eglise de Croatie de demander pardon et de pardonner.., seront entendues sur place par les responsables civils et religieux croates ». Les orthodoxes de Zagreb ont toutefois été attristés par le fait que le pape soit allé s'agenouiller devant la tombe du Cardinal Stepinac, rapporte le correspondant du Service orthodoxe de presse dans la capitale croate. La personnalité du cardinal Stepinac reste, à ce jour, très controversée en raison de son attitude ambiguë durant la seconde guerre mondiale. Les Serbes et de nombreux historiens le considèrent comme un complice du régime pronazi des oustachis dont il a trop discrètement condamné les atrocités commises avec l'aide d'une partie du clergé croate.

 

D'après la même source, les orthodoxes de Zagreb se sont sentis offensés par la relation du voyage du pape tel que l'ont relaté ceux des journaux occidentaux dont ils ont pu prendre connaissance, notamment le quotidien parisien Le Monde...Ils rappellent que le patriarche Paul s'est nettement démarqué, par des paroles très fortes, de toute violence, de quelque côté qu'elle vienne, mais la presse occidentale n'en parle pas.

Enfin, regrettent-ils encore, lorsque les médias présentent le décompte des églises catholiques et des mosquées détruites au cours du conflit actuel, ils oublient d'indiquer que, entre 1991 et le début de l'année 1993, 157 églises orthodoxes, dont l'église du mémorial à Jasenovac, ont été détruites, rien qu'en Croatie, et 128 endommagées et pillées. La résidence épiscopale du métropolite Jovan à Zagreb a été dynamitée, elle en 1992.

SOP sept.oct.94

 

Croatie, Bosnie et en Yougoslavie: visite d'une délégation œcuménique

 

« II nous faut nous pardonner mutuellement sans retard et bâtir la confiance et la réconciliation pour l'avenir»: c'est l'appel lancé par une délégation œcuménique mise sur pied par la Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE), qui s'est rendue du 12 au 19 octobre en Croatie, Bosnie-Herzégovine et en République fédérale de Yougoslavie.

 

Le cardinal Danneels, le métropolite orthodoxe Michaël Staikos (Vienne), du Patriarcat œcuménique, et l'évêque luthérien H. Svenungsson (Suède) ont effectué ensemble cette visite d'une semaine « pour rencontrer et écouter leurs frères chrétiens, ainsi que leurs voisins musulmans, juifs ou d'autres convictions». Leurs interlocuteurs ont redit que la paix et la justice « peuvent et doivent être peu à peu rétablies» sur la base « du respect de tous les voisins, du refus de la violence, de la promotion du dialogue et d'une recherche et une acceptation de la réconciliation.»

 

On gagne la paix, pas la guerre. Pour la délégation, l'unité et la diversité sont nécessaires et possibles pour les nations et les religions. Ils ajoutent que « l'identité nationale ne signifie pas un nationalisme étroit» et que le respect de la diversité implique que tous offrent aux autres la possibilité de s'autodéterminer et réciproquement.

 

A propos du refus de la violence, la délégation lance un « appel urgent»: « La religion ne fait pas de pression». Elle « prie instamment les responsables politiques de toutes les nations et de toutes les parties, de choisir la voie de la négociation et d'y persévérer pour rechercher des solutions, plutôt que d'essayer de les imposer par la violence». Elle encourage les négociateurs à continuer de promouvoir le compromis et la souplesse, plutôt que d'imposer des ultimatums ou une discussion qui est close d'avance. Elle invite dès lors « tous les dirigeants religieux et tous les croyants » à prôner « la coexistence constructive et la réconciliation », en insistant: « La religion doit faire partie de la solution».

 

« Puisque nous n'avons ni la possibilité ni le droit de nier ou d'oublier les blessures du passé, il nous faut nous pardonner mutuellement sans retard et bâtir la confiance et la réconciliation pour l'avenir. La réconciliation est au pouvoir de toutes les parties », expliquent les évêques de la délégation. Lançant à toutes les parties un appel au pardon mutuel, ils invitent à avoir « le courage moral et l'honnêteté de confesser les torts, les erreurs et les abus de notre part et de la part de notre propre communauté: le pardon doit être à la fois accueilli et offert».

CIP 27 octobre 1994

 

POLOGNE

 

Malgré 98% de croyants, la confiance à l'égard de l'Eglise diminue.

 

Selon un sondage rendu public par la télévision polonaise, 98% des Polonais se déclarent croyants. Sur 100 personnes, 86 affirment se rendre à l'église au moins une fois par semaine, 13 ne participent pas ou plus à des offices religieux. Les pratiquants les plus réguliers sont les personnes âgées et les ruraux. Le sondage révèle en outre que la cote de popularité de l'Eglise catholique a chuté de 92 à 62% en un an. 69% n'apprécient pas que l'Eglise s'occupe de politique, 70% trouvent même que les prêtres catholiques sont trop politisés. Seuls 3% estiment qu'au contraire l'Eglise devrait s'engager davantage en politique.

CIP 20/10/94

 

Collaboration plus difficile entre les Eglises :

un mauvais signe pour l'Europe, estime Mgr Nossol.

 

La collaboration entre les Eglises chrétiennes en Pologne est devenue plus difficile depuis la chute du mur de Berlin en 1989, estime Mgr Nossol, évêque d'Opole et responsable de l'œcuménisme au sein de la Conférence épiscopale polonaise. « La confusion continuellement propagée en Europe de l'Est entre nation et confession religieuse, est lourde de conséquences »., relève-t-il. « Elle éloigne les gens des confessions différentes au lieu de les rapprocher. »

 

Mgr Nossol estime que la plupart des chrétiens polonais ne se sentent pas concernés par le dialogue œcuménique qui risque alors de rester l'affaire d'une élite. « Or, souligne-t-il, la recherche de l'unité n'est pas un hobby, mais une des tâches fondamentales des Eglises. la collaboration entre catholiques, orthodoxes et protestants est indispensable à l'édification de l'Europe.»

 

Varsovie : Trente-cinq évêques de l'Europe du Centre et de l'Est se rencontrent. «Surmonter la cassure douloureuse entre la foi et la vie».

 

Les « blessures douloureuses», provoquées au temps du communisme, restent ouvertes, ont constaté les évêques. Elles concernent surtout les « violations de la dignité humaine dans les relations entre les personnes, entre les Etats, ainsi qu'entre les Eglises.» Après la chute du communisme, affirment les évêques, la tâche principale des Eglises en Europe centrale et orientale a changé. Elle est désormais « dans le dialogue avec le monde et dans la réalisation des lignes directrices du Concile Vatican Il ». La nouvelle évangélisation ne consiste pas en un rétablissement des vielles relations, mais elle doit redécouvrir les racines chrétiennes et relever le défi du temps dans l'esprit de l'Evangile. Les évêques soulignent que l'enseignement chrétien a finalement porté ses fruits dans la « libération d'un régime totalitaire». Un engagement pastoral spécial doit être entrepris pour surmonter la « cassure douloureuse» entre la foi et la vie et pour que l'Eglise puisse contribuer à un Europe unie.

 

Les évêques ont en outre expliqué qu'il n'est pas suffisant de changer les systèmes politique et économique pour surmonter « l'héritage négatif du système totalitaire ». La reconstruction des valeurs morales de base et un renouvellement spirituel de la personne dans ses dimensions sociales et individuelles doivent s'y ajouter. Les systèmes qui nient les valeurs éthiques se rapprochent du marxisme, car ils réduisent l'être humain à sa dimension économique.

 

La rencontre qui a duré trois jours, a eu lieu, en octobre, à l'invitation de Mgr VLK, archevêque de Prague et président du Conseil des Conférences épiscopales européennes. Plusieurs évêques de l'Europe occidentale y ont également participé.

CIP 20/10/94

 

RUSSIE

Une cathédrale orthodoxe au cœur de l'ancien goulag

 

Pour rappeler aux générations futures la mémoire des victimes de la terreur stalinienne, l'Eglise orthodoxe va construire un couvent, une cathédrale, un home pour personne âgées, un orphelinat et un musée au cœur d'un ancien goulag sibérien à Atchair, à 45 km d'Omsk.

 

Avant la révolution de 1917, un couvent existait à cet endroit où, selon Mgr Feodosij, archevêque d'Omsk, plus de 250.000 personnes de différentes nations et religions ont péri entre 1937 et 1953. Les restes de l'ancien camp de concentration ont été enlevés. Il y a deux ans, l'administration locale a rendu à l'Eglise ce terrain d'une étendue de quatre hectares. Chaque année, le fleuve Irtych, qui coule aux abords de l'ancien camp, rejette des ossements des victimes, précise l'archevêque orthodoxe. Récemment, Mgr Feodosij a célébré un office religieux en souvenir de toutes ces victimes dans une chapelle construite sur le site du camp. Il a expliqué à cette occasion que plusieurs prisonniers, avant leur exécution, avaient caché dans leurs mains des graines qui ont maintenant poussé sur le terrain. Sur la fosse commune croissent aujourd'hui de nombreux buissons.

CIP 22/09/94

 

Moscou: incidents autour de l'école de formation catéchétique orthodoxe du père Kotchetkov

 

Six mois après la condamnation des initiatives pastorales de son recteur par le patriarche de Moscou, la communauté du père Georges Kotchetkov à Moscou a subi, le 9 août dernier, une nouvelle agression de la part d'intégristes orthodoxes qui ont occupé les locaux où était jusqu'à présent installée l'école de formation catéchétique pour adultes dirigée par le père Kotchetkov. Déjà, en février dernier, la paroisse de père Kotchetkov avait été la cible d'attaques des milieux intégristes.

 

Connu, tant pour avoir introduit le russe moderne dans les célébrations liturgiques à la place du slavon ancien, que pour son zèle pastoral peu commun, notamment à l'égard de la jeune intelligentsia chrétienne, le père Kotchetkov avait déjà fait l'objet de vives critiques des milieux les plus conservateurs dans l'Eglise qui avaient finalement obtenu du patriarche Alexis Il des sanctions disciplinaires à son encontre. Le père Kotchetkov avait reçu l'ordre de renoncer à l'usage du russe et de limiter son action missionnaire à sa seule paroisse. La vaste église de l'ancien monastère Notre-Dame-De-Vladimir à Moscou lui avait été retirée et sa communauté devait se replier vers une autre église de la ville, plus petite.

 

La situation avait cependant connu une accalmie à la suite des interventions d'un groupe de chrétiens de Russie en faveur de l'introduction de la langue vernaculaire dans les offices et l'appel à la clémence à l'égard du père Kotchetkov lancé par des théologiens orthodoxes d'Europe occidentale. L'école du père Kotchetkov pouvait maintenir ses activités au premier étage du bâtiment attenant à l'église Notre-Dame-De-Vladimir tandis que le rez-de-chaussée et l'église étaient attribués à la procure moscovite du monastère des grottes de Pskov. D'après différents journaux moscovites, une trentaine de personnes se présentant comme les fidèles de la procure sont entrés en force, le 9 août au matin, dans les locaux de l'école. Protégé par des hommes armés de cravaches qui interdisaient tout accès sur les lieux, le commando a investi les salles de catéchèse, l'atelier d'iconographie et la bibliothèque de la paroisse, jetant par les fenêtres tout le mobilier qui s'y trouvait, y compris les icônes et les livres.

 

Ce grave incident traduit bien l'agressivité d'un certain intégrisme religieux sur fond de crise politique et sociale en Russie, courant qui est relayé par certaines fraternités, elles-mêmes soutenues par quelques responsables du clergé, notamment le métropolite Jean de Saint Petersburg dont les positions conservatrices et antisémites n'ont pas épargné récemment Alexandre Soljenitsyne lui-même. Il serait toutefois hâtif de conclure à une « radicalisation » de l'ensemble de l'Eglise russe, remarquent les observateurs, se basant sur d'autres témoignages et initiatives qui montrent que le débat sur l'ouverture de l'Eglise à la société moderne est loin d'être clos.

SOP Septembre-octobre 1994

 

REPUBLIQUE TCHEQUE

 

Prague: « Médias et dignité humaine»

au centre du Congrès mondial des radios et télévisions catholiques»

 

Prague a rassemblé, du 16 au 23 septembre, plus de 500 délégués venus de 109 pays pour participer au Congrès mondial des radios et télévisions catholiques sur le thème « Médias et dignité humaine ».

 

...Il a été relevé que les sept dernières années ont été les plus mémorables de ces derniers siècles par l'ampleur des évènements et des changements survenus... Mais comment les médias ont-ils parlé de la guerre du Golfe, des peuples opposés en Ex-Yougoslavie, des tensions en Somalie ou des réfugiés du Rwanda ? Les médias s'imposent-ils des limites dans les mots et les images? Certains commentaires ne violent-ils pas la dignité humaine? Ces difficiles questions ont traversé les débats des participants réunis à Prague. ..Les médias sont le reflet de la dignité humaine, tantôt bafouée, tantôt ennoblie. La recherche effrénée du profit fausse cependant les pistes ».

CIP 6/10/94

N.B. La cheville ouvrière de cet important congrès fut l'équipe de l'Institut de la Communication à Prague pour lequel Entraide d'Eglises soutient actuellement la formation de cinq journalistes.

 

ROUMANIE

L'archevêque orthodoxe, Mgr Ciobotea, prône l'ouverture.

 

Mgr Ciobotea souhaite que l'Eglise orthodoxe roumaine s'ouvre davantage aux autres confessions chrétiennes, rapporte le journal roumain « Monitorul ». En signe d'ouverture, Mgr Ciobotea célèbre à Iasi, des messes en français et en allemand.

 

Le jeune métropolite, âgé de 43 ans, a vécu plus de 10 ans en Occident. Il passe pour une personnalité très ouverte à l'œcuménisme...Le climat œcuménique est tendu en Roumanie depuis la relégalisation de l'Eglise catholique de rite byzantin survenue lors du renversement de la dictature communiste. Les orthodoxes roumains ont du mal à reconnaître l'existence de cette Eglise byzantine unie à Rome, qui avait été supprimée par la force à l'époque stalinienne, en 1948.

 

Mgr Ciobotea déplore une dégradation morale très sensible actuellement en Roumanie. Depuis la chute du régime communiste, la société roumaine se voit confrontée à de nouveaux problèmes particulièrement pénibles, comme le chômage, l'augmentation de la violence et les délits contre la propriété.

CIP 1/9/94