Bulletin juin 1993

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Il n'y a pas que de la  !

 

Trois évènements. Trois thèmes de méditation.

Le pape a passé une journée en Albanie, notamment pour y consacrer trois évêques. Qui aurait dit, Il y a quelques années, qu'un évènement pareil serait possible, simplement pensable? Il a eu lieu pourtant.

Récemment, une retraite a été organisée en Ukraine, sous la direction de Jean Vanier, fondateur de l'Arche pour handicapés. Mais les retraitants valent la peine d'être observés de près. Ils étaient plusieurs centaines et appartenaient à huit confessions chrétiennes différentes: à l'Eglise orthodoxe dépendante du patriarcat de Moscou, à l'Eglise orthodoxe du patriarcat de Kiev, aux Eglises protestantes baptistes, pentecôtistes et adventistes, à l'Eglise arménienne, à l'Eglise gréco-catholique et à l'Eglise catholique latine. Rassemblement inimaginable il y a quelques années, voire quelques mois, et il a de quoi stupéfier ceux qui savent les montagnes de ressentiment, de prévention, d'hostilité qui séparent, parfois depuis des siècles, ces chrétiens. Quel soulagement chez les uns et chez les autres de voir que les autres étaient là, pour entendre une parole de feu, pour apprendre qu'il y avait moyen d'être soi-même sans mépriser, sans diaboliser les autres. Trop beau pour être vrai? Cela s'est pourtant bien passé, à Kiev, du 20 au 22 mars de cette année. Trop beau pour être vrai? Où étaient les représentants de l'Eglise autocéphale ukrainienne? Ils ne sont pas venus; un de leurs évêques venait d'être déclaré suspens et un de leurs dirigeants laïcs excommunié...Quelques jours trop tôt?

 

Ce sont là de grands évènements, des évènements notables qui ne doivent pas passer inaperçus, mais il y en a aussi de petits qui méritent d'être connus. Récemment, en avril-mai 1993, les élèves de quatrième du Collège St François-Xavier, de Verviers, recevaient, pour quelques jours, les élèves du Collège épiscopal de Brno en Moravie (République tchèque). C'était un échange. Pendant le congé de Carnaval, les Verviétois étalent allés à Brno. Ils avalent été hébergés dans les familles moraves. Qui oubliera que, dans tel appartement minuscule, les parents ont donné leur chambre et sont allés dormir dans le corridor pour bien les recevoir?

Il y a beaucoup de haine dans le monde, à l'Est comme à l'Ouest, mais il n'y a pas seulement de la haine. «Vous voyez apparaître les bourgeons sur les arbres, dit Jésus, et vous vous dites que c'est le printemps ».

 

Une Visite à Zagreb (Croatie),

chez nos amis du Centre catéchétique « Symbolon »

Baga Martens, collaboratrice d'Entraide d'Eglises. Mars 93.

 

Quittant l'Autriche et ses routes encombrées de voitures et de camions, nous arrivons en Ex-Yougoslavie. Les routes sont d'un calme impressionnant. Première frontière: la Slovénie. Soixante kilomètres plus loin, nouvelle frontière, nouvelle monnaie: c'est la Croatie.

 

Zagreb n'est plus très loin (une centaine de kilomètres), heureusement, car aucune assurance automobile n'est valable dans un pays en guerre. Après avoir traversé les interminables faubourgs de la capitale croate, nous arrivons au cœur de la vieille ville. On pourrait se croire en Autriche où en Bohème tant l’influence des Habsbourg est marquante.

 

Au pied de la cathédrale est installé le Centre de secours de Caritas. C'est là que nous déposons tout le contenu de notre voiture, remplie de vivres et de médicaments par des amis belges. Devant le bureau, une file de gens attend. D'autres déjà, s'en retournent chez eux, leur sac rempli de provisions. La population, en effet, s'appauvrit de jour en jour. Les salaires sont de 3.000 à 6.000 FB par mois, or le coût de la vie est à peine moins élevé que chez nous.

 

Des étudiants motivés

 

C'est à l'hôtel Panorama que nous attend le père Josip Barisevic, directeur du Centre Symbolon. Il y a, en effet organisé une semaine de formation pour cent trente futurs professeurs de religion de Zagreb et des environs. Depuis deux ans, les cours de religion sont à nouveau autorisés dans les écoles. Les candidats professeurs peuvent acquérir leur diplôme en dix semaines de formation, réparties sur deux années. Presque tous sont déjà au travail, soit dans l'enseignement, soit dans un autre domaine. Leur âge varie entre 20 et 50 ans mais ils ont ensemble un point commun: le désir de communiquer aux jeunes une conviction religieuse profonde.

 

Le Centre catéchétique Symbolon a édité depuis plusieurs années, des manuels de religion absolument remarquables au point de vue pédagogique et ouverture œcuménique. Ils constituent l'outil de base précieux pour le travail des futurs catéchistes.

 

Nous avons eu une réunion avec eux. Le père Josip leur a parlé d'Entraide d'Eglises, de son travail discret et efficace depuis trente ans dans les pays de l'Est, de l'importance que nous avions toujours attachée à la formation des personnes. Nous avons parlé ensemble, prié pour la paix, chanté, et c'est avec reconnaissance que nous nous souvenons de ces instants privilégiés.

 

Partout des réfugiés

 

D'autres moments importants de ce voyage: la rencontre d'une famille de réfugiés (ils étaient 350 à l'hôtel): père, mère, deux jeunes enfants vivant dans une petite chambre depuis 18 mois déjà et pour combien de temps encore? Venant de Vukovar dont il ne reste plus rien: ils nous ont dit ceci: « Les prêtres catholiques nous disent qu'il faut pouvoir pardonner et c'est ce que nous essayons de faire. C'est vrai, nous ne pouvons pas élever nos enfants dans la haine, et le pardon sera sans doute notre plus grande victoire sur les Serbes. Mais quel sera notre avenir? C'est dur quand on est jeune»!

 

Dimanche matin, dans la vieille ville, les messes se succèdent dans les églises pleines à craquer. Le nombre de jeunes est impressionnant. Les couleurs croates s'entrelacent sur les autels.

Nous avons, bien sûr, visité également le Centre Symbolon, situé dans un couvent franciscain à 15 km du centre de Zagreb; là aussi, une quarantaine de réfugiés partagent la vie des pères. Le Centre lui-même n'est pas grand: deux chambres dont chaque centimètre est occupé. Le père Barisevic et sa collaboratrice Ana Gabriela Sabic y travaillent de façon intensive. Les frais généraux sont réduits à zéro.

 

Un grand rôle à jouer

 

La conclusion de cette visite à Zagreb: Le Centre catéchétique Symbolon a vraiment un très grand rôle à jouer en Croatie et même au-delà. C'est lui qui forme les enseignants dans une matière aussi importante que la religion (liée à la morale). Ces enseignants ont entre leurs mains la jeunesse, donc l'avenir du pays.

 

Nous avons toute confiance dans cette petite équipe ouverte, dynamique et se ressourçant constamment (le père Barisevic vient régulièrement à Bruxelles, au Centre Lumen Vitae dont il est l'ancien étudiant) et nous pensons que si la paix revient un jour dans l'ex-Yougoslavie, ce sera grâce à l'esprit d'œcuménisme et de réconciliation des gens de cette sorte.

 

Albanie Récit de voyage

Jean-Marie Goffinet.

 

Du 3 au 12 mars dernier, Jean-Marie Goffinet, Secrétaire général d'Entraide d'Eglises s'est rendu en Albanie avec Nicola Iachini, père franciscain responsable de la Mission italienne de Basse-Sambre, et délégué du doyenné d’Auvelais pour le projet Albanie.

Ils étaient accompagnés par Isufi Mehmet, réfugié politique albanais, rentrant au pays.

Nous laissons la parole à J.M.Goffinet tout en regrettant de ne pouvoir vous présenter qu'un résumé de son intéressant récit.

 

Mercredi 3 mars

 

Départ de Tamines dans le combi Volkswagen 4X4 offert par Entraide d'Eglises au diocèse de Shkodra, en Albanie. Le véhicule est archi complet. Nous sommes bien calés entre les caisses de vêtements, de vivres, de médicaments, les 5 machines à coudre, la machine à tricoter et la stencileuse.

 

Samedi 6 mars

 

Après trois journées de voyage sans histoire, nous arrivons au port de Barri (sud de l'Italie) où nous embarquons sur le Palladio, vers 18H. Toute la nuit le bateau n'arrêtera pas de tanguer sur une mer fort agitée.

 

Dimanche 7 mars

 

C'est avec soulagement que nous arrivons enfin à 8H.du matin au port de Durres, en Albanie. Mais sommes-nous dans un port ou dans un cimetière de vieux bateaux? Nombre de grands rafiots sont en effet coulés et leurs épaves laissent dépasser une quille ou une proue; d'autres sont encore debout mais dans quel état ? Isufi nous regarde avec un sourire triste: «vous voyez, c'est l'Albanie». Les formalités douanières qui se passent dans la salle à manger du bateau sont interminables; dans une cohue incroyable, nous obtiendrons, par faveur, nos passeports vers 10H30.

 

Commence alors la lente traversée des faubourgs qui nous mène vers la ville... une succession de misères : des enfants qui mendient, des trains sans vitres, des contrôles de police tous les cent mètres, des cohortes de gens qui attendent on ne sait quoi, puis aussi les premiers bunkers ou casemates qu'Isufi nous montre du doigt: «regardez ...l'Albanie ».

 

Sortie de la ville portuaire et début de ce qui va être un gymkhana pendant tout notre séjour. Qui dit route, ici, dit lieu de circulation pour véhicules de tous genres: vieux bus poussifs et fumants avec ou sans vitres, bondés de passagers, camions transportant des personnes, des animaux ou des matériaux, charrettes à cheval omniprésentes, vélos et piétons innombrables, sans compter poules, cochons, moutons, ânes ou vaches. Tout cela déambule sur les chaussées défoncées et pleines de trous, du lever au coucher du soleil et même tard dans la nuit, sans aucun éclairage.

 

En route vers Tirana, nous découvrons combien le pays devait se sentir menacé; le long de la route, dans les champs et jusque dans les jardins, des casemates sortent de terre comme des taupinières. Il y en a partout. Pour un pays d'une superficie quasi égale à celle de la Belgique et pour une population de 3 millions d'habitants, il existe environ 800.000 bunkers de toutes tailles.

 

Une autre découverte va également nous serrer le cœur: le long de la route, il n'y a plus d'arbres, seulement des souches à perdre de vue. Les derniers grands arbres sont attaqués par des hommes munis d'instruments dérisoires qui prêteraient à sourire si la situation n'était pas aussi dramatique. Plus au nord, ce sont les souches elles-mêmes qui sont dépecées pour servir de chauffage à quelques privilégiés et les routes, là-bas sont bordées de grands trous.

 

Arrivés à Tirana, nous nous rendons chez notre ami Isufi qui insiste pour nous accompagner au village de Bajze (nord du pays) où nous devons nous rendre car, dit-il, sans lui, nous ne nous y retrouverons pas. Nous acceptons et nous ne le regretterons pas. En Albanie, en effet, rares sont les rues qui portent un nom. Imaginez notre joie lorsque nous devrons rencontrer une personne qui habite la ville et dont nous ne pourrons donner que le nom et le prénom pour seules références. Il n'y a pas de poteaux indicateurs non plus. Alors, allez vous y retrouver!

 

Poursuivant notre route vers le nord, nous traversons la ville de Shkodra assez délabrée si ce n'est la cathédrale remise à neuf pour la visite imminente du pape (début avril). La chaînes des Alpes balkaniques à droite, le grand lac de Shkodra à gauche, le paysage est grandiose mais quelle aridité, quelle sécheresse! Aux abords des villages, de nombreux bâtiments semblent avoir été bombardés. Mon Dieu, quelle désolation, où allons-nous atterrir?

 

Il est 17H lorsqu'à l'approche d'un village, Isufi nous dit : «Bajze», enfin! Au monastère franciscain (simple bâtiment en L) l'accueil est chaleureux : quatre religieuses italiennes dont la sœur Anna-Luigi d'Auvelais, deux novices originaires de la région et deux jeunes hommes, Dush et Edo qui se sont présentés dès le premier jour pour aider les religieuses. Depuis lors, nuit et jour, ils ne se contentent pas de protéger la Communauté, ils la couvent.

 

Les présentations terminées, nous organisons une chaîne pour soulager notre brave véhicule. Chaque paquet soigneusement étiqueté est accueilli par des cris d'émerveillement. Autant de joie pour ces quelques boîtes en dit long sur les difficultés d'approvisionnement du pays. Le véhicule à peine vidé fait l'objet d'une inspection par les sœurs: «c'est tout ce qu'il faudrait pour nos missions, avec nos chemins de montagne si difficiles !»

 

Après le repas du soir pris chez les religieuses, celles-ci me proposent d'aller dormir chez les parents de Dush, des paysans qui habitent à cent mètres. L'accueil est chaleureux ; dans cette maison vivent 9 personnes (3 générations). Au cours de la soirée nous parlons de la situation politique et économique du pays. Le papa me parle aussi de ses années de détention parce que catholique et des nombreuses personnes qui ont subi le même sort. Dans cette région, toutes les familles ont souffert du Régime Hodja. Rares sont celles qui n'ont pas eu un des leurs assassiné, emprisonné ou disparu. Ce calvaire quotidien, nous en entendrons parler chaque fois que nous rendrons visite à l'un ou à l'autre.

 

Devant nos questions les gens nous disent calmement : «vous ne saviez pas, en Occident, ce que nous subissions ici?.. et nous qui vous attendions! Mais c'est bien, aujourd'hui, vous êtes là et, avec vous, nous pourrons remonter la pente». Tard dans la nuit, je me glisse sous les couvertures en laine de brebis. Leur forte odeur et l'humidité ambiante me tiendront éveillé fort longtemps.

 

Lundi 8 mars

 

Après le déjeuner au monastère, nous partons pour Shkodra afin de régler le dédouanement du véhicule. L'administration travaille encore comme sous l'ancien régime et pendant plusieurs jours nous serons renvoyés de Shkodra à Bajze, de Bajze à Shkodra. Il faudra s'armer de patience!

 

 A Shkodra, nous conduisons deux religieuses et deux postulantes qui se rendent aux cours chez les Salésiens. Ces derniers ont récupéré l'ancien consulat italien et l'ont impeccablement rénové. Nous nous rendons au couvent des franciscains, lui aussi en pleine rénovation. Nous garons le véhicule dans la cour fermée et gardée ! Au milieu du chantier, un arbre «historique». C'est en effet à cet arbre que fut pendu, il y a quelques années, le dernier franciscain du couvent..

 

Mardi 9 mars

 

Nouvelles formalités douanières pour le véhicule. Partout, les locaux de l'administration sont dans un état de crasse et de délabrement inimaginable. Le seul moyen de faire avancer les choses est d'apporter soi-même, encre, bics et papiers. Le soir, souper chez Dush avec Sœur Laura. Le repas est préparé avec soin, mais les femmes sont toujours aux fourneaux, les hommes toujours à table. Qu'est-ce qu'il fait froid dans les maisons!

 

Au cours de la soirée, nous recevons beaucoup de réponses aux questions que nous nous posons. Les bâtiments détruits aux abords du village sont tous des immeubles appartenant ou ayant appartenu au Régime. Ils ont été détruits soit par les communistes (politique de la terre brûlée) soit par les habitants eux-mêmes qui ont voulu supprimer ce qui leur rappelait les souffrances du passé.

 

Le gros bâtiment rectangulaire qui est à 100 mètres du couvent, c'est l'école construite par l'Etat sur le site de l'église rasée en présence des habitants. De cette église, il ne reste qu'un morceau de colonne, placé dans la chapelle des sœurs et objet de vénération de la part de la population.

 

Ces dizaines et centaines d'hommes jeunes ou plus âgés qui déambulent à longueur de journées dans les rues, font partie des milliers de sans-travail que compte l'Albanie. Depuis la liberté retrouvée, le taux de chômage est de 60 à 70 %. Le salaire moyen est de 30 dollars par mois et pour survivre, il est indispensable de vivre nombreux sous le même toit.

 

Mercredi 10 mars

 

Ce matin à 10H, nous interviewons le maire et le secrétaire communal de Bajze. A l'heure dite, ils sont là, assez guindés. Leurs regards évitent la caméra, les mots sont hésitants devant l'enregistreur. Après une heure de travail, ils nous invitent à boire un verre au bistrot et là, ils parlent vraiment d'eux-mêmes. Le secrétaire parle assez bien le français; il l'a appris en cachette chez lui avec un livre acheté il y a dix ans. « Excusez-nous, dit-il, pour la mauvaise qualité des interviews. Pour nous, albanais, un appareil de photo, c'est la police, une caméra, un enregistreur, c'est la police. Vous, les occidentaux, vous êtes habitués à tout cela, vous avez toujours été libres... Mais, c'est bien, nous devons apprendre le plus vite possible à être à l'aise devant ces instruments pour ne plus avoir peur des étrangers qui viennent chez nous. Merci de ce que vous faites pour nous ».

 

Nous trinquons au renouveau du pays, à la réussite des projets que nous avons discutés avec les sœurs et pour lesquels ils montrent un réel enthousiasme.

 

Nous visitons ensuite l'école: délabrement et saleté, fenêtres sans vitres, pas assez de bancs pour les élèves qui doivent suivre les cours debout. Les professeurs rectifient les erreurs des manuels anciens d'après les informations qu'ils glanent çà et là...Il faut être motivé pour enseigner et pour apprendre.

 

Comme nous le redit le secrétaire communal, il y a ceux qui ont suivi le troupeau et qui continuent à le suivre, mais il y a les autres qui ont toujours tenu grâce à une espérance active et pleine de risques. Ce sont ces derniers qui nous demandent de l'aide aujourd'hui, non pas une aide immédiate, alimentaire, mais une aide à moyen et long terme, des moyens matériels mais aussi humains et surtout une présence suivie pour un temps indéterminé.

 

Beaucoup d'occidentaux ne comprennent pas ce souhait et pourtant, qui demanderait à un jeune maçon sans expérience de se lancer du jour au lendemain dans la construction d'une cathédrale? Le défi à relever est capital pour eux, mais aussi pour nous.

 

L'après-midi, nous visitons une paroisse de 2000 habitants (5 villages) à 15 Km de Shkodra. Dom Zef Gilaj, 76 ans nous reçoit. Malgré ses nombreuses années d'internement, il est toujours en bonne forme. Sur son passé, il souhaite faire silence: « croyez moi, ce furent des années fort pénibles, mais je regarde l'avenir, cela me suffit ». De fait, il nous fait visiter un ancien cinéma en rénovation qui doit devenir un centre de formation pour religieuses franciscaines. Pour un homme de cet âge, quelle foi en l’avenir!

 

Jeudi 11 mars

 

Dès le matin, nous partons à six dans le combi Volkswagen pour accueillir la Mère générale des franciscaines qui doit atterrir à l'aéroport de Tirana. Chemin faisant, nous rendons visite à l'une ou l'autre connaissance des sœurs.

 

Sur le chemin du retour, nous faisons un détour qui nous mène au pied des montagnes, au Nord-Ouest du pays. Dans ce désert de pierres, nous découvrons une église en construction. Pas d'habitations aux environs. Pourquoi, alors, construire ici une église? Simplement parce qu'il y a une dizaine d'années, l'église existante a été détruite et remplacée par une caserne. Aujourd'hui que la liberté est revenue, les gens reconstruisent eux-mêmes leur église. C'est leur fierté. Point n'est besoin d'architecte, les anciens ont gardé tous les plans en mémoire.

 

De retour à Bajze, nous visitons la famille d'une des novices franciscaines dont le père est vétérinaire ... et toujours communiste. Nous parlons longuement et amicalement. Il dit qu'il respecte le choix de sa fille car la liberté des êtres humains est un bien essentiel. Il souhaiterait parler plus en profondeur de tout ce qui lui tient à cœur mais il demandera alors à son beau-fils agronome de nous servir d'interprète.

 

Embrassades, remerciements... comme me l'avait dit Sœur Laura avec admiration, les hommes ici manifestent facilement et naturellement leurs sentiments. Nous avons beaucoup à apprendre d'eux.

 

Vendredi 12 mars

 

Dernières tracasseries administratives concernant la donation du véhicule au diocèse de Shkodra. On comprend que les investisseurs étrangers hésitent à s'engager dans ce pays!

 

Notre séjour touche à sa fin, il est temps que nous mettions au point de façon concrète et définitive les projets à réaliser avec les sœurs. A cet effet, la Mère générale, son auxiliaire, le Père Polidori, le Père général délégué pour l'Albanie, les sœurs et nous-mêmes, tenons une dernière réunion.

 

Ces projets vont donner d'ici peu une main d'œuvre qualifiée à la région, ce qui réjouit les autorités communales qui ne manquent pas d'apporter leur appui. Les projets pastoraux font, quant à eux, la joie d'une population catholique à plus de 90%. Le véhicule sera attribué aux Sœurs car c'est elles qui en ont le plus besoin actuellement. Lorsque le travail de rénovation sera terminé, l'endroit ressemblera à une ruche bourdonnante. Le Père Polidori le répète, cela doit aller vite car les gens attendent, il faut donc secouer l'inertie des différentes administrations. Il a commencé à le faire et va continuer.

 

Nous demandons aux Sœurs comment, dans le contexte albanais, elles conçoivent le pastoral, le social, l'éducatif et le culturel. Pour elles, la réponse est claire. Les sœurs sont dans la population, avec elle, à son écoute et à son service. Le premier travail est de type social, éducatif et culturel et le pastoral doit s'incarner dans ce qui précède.

Nous quittons l'Albanie, le cœur empli de toutes ces rencontres, heureux de pouvoir, grâce à l'Entraide d'Eglises apporter une toute petite pierre à l'édifice qui se reconstruit lentement. .

En conclusion, les Supérieurs redisent leur accord pour aménager le couvent actuel et le bâtiment situé à 50 mètres en retrait dans les champs. Cette bâtisse en peine restauration aura plusieurs destinations. Au rez-de-chaussée, les activités à caractère social ou de formation: un dispensaire pour les premiers soins, une petite salle d'attente, une pièce pour les enfants nécessitant des soins suivis, une pièce pour loger les mamans des enfants soignés, une salle de cours pour la dactylographie et la couture.

L'étage sera consacré au domaine pastoral: chambres pour les franciscains qui vont s'établir ici, salle polyvalente et espace pour la formation pastorale.

 

Lettre de remerciement

 

« Mes très chers amis Belges,

J'ai été très heureuse de la venue du Père Nicola et de J.M. Goffinet, d'Entraide d'Eglises. Leur venue a apporté dans ce village d'Albanie, Bajze, à partir duquel nous effectuons notre mission, l'expression de votre générosité et de votre solidarité: 6 machines à coudre, 1 machine à tricoter, 1 stencileuse, des médicaments, des vêtements, des denrées alimentaires, une camionnette Volkswagen 4X4 et la somme de 130.000 Frs belges.

Vous ne pouvez imaginer notre joie. Tout est précieux pour nous et pour le pays.

La camionnette sera utilisée pour le travail apostolique: catéchisme, visites aux familles, parce que l'Eglise de Bajze est très étendue et regroupe une trentaine de villages.

Les machines et l'argent constituent la promesse de la réalisation d'un projet que le Père Nicola nous a exposé et qu'il désire réaliser avec l'aide d'Entraide d'Eglises: donner vie à des cours de promotion humaine et professionnelle pour la jeunesse de ce pays. Ce travail est important pour la reconstitution du pays et pour contribuer à la formation des jeunes en donnant un sens à leur vie.

Vous ne pouvez imaginer la peine que j'éprouve quand je vois tant de jeunes hommes, beaux et courageux, dans la rue ou sur les places, sans aucun emploi, sans aucun projet.

...Mon souhait le plus profond est que ce projet se réalise au plus vite.

...Pour tout ce que vous avez fait jusqu'à présent et que vous ferez encore, je vous dis en mon nom, celui de ma communauté religieuse et de la population de Bajze que j'aime déjà tellement, un merci qui vient du fond du cœur.

...Notre mission a besoin de vous parce que ce pays doit se reprendre à tous niveaux: religieux, social et humain. Votre collaboration sera une grande contribution à cette entreprise.

... Le Seigneur récompense chacun des gestes de solidarité que vous ferez pour aller à la rencontre de ceux qui sont dans le besoin».

Sœur Anna Luigia

Bajze, 13-3-1993

 

«Ma première formation chrétienne, je la tiens de ma mère et de mon père, comme un trésor caché au fond de leur cœur, exprimé par de simples paroles à voix basse, autour du feu ou sous les draps»

Luket Hasa, secrétaire communale de Bajze

 

Nouvelles brèves

République tchèque

 

Six-centième anniversaire de St Jean Népomucène, dont la statue orne d'innombrables ponts en Europe.

 

Jean Paul Il a nommé le cardinal Meismer, archevêque de Cologne, son envoyé spécial aux célébrations qui auront lieu à Nepomuk et à Prague du 13 au 17 mai prochain pour commémorer le 600e anniversaire du martyre de St Jean Népomucène. Celui-ci, ordonné prêtre après avoir étudié à l'université de Prague, avait ensuite été nommé chapelain du roi de Bohème Wenceslas IV et confesseur de la reine Jeanne. Victime d'un conflit politique entre le roi et l'archevêque de Prague, il fut noyé dans la Voltava (Moldau).

 

L'archevêque de Prague, Mgr Vlk, est nommé président du Conseil des conférences épiscopales d'Europe.

 

Dans son message envoyé aux évêques réunis à Rome, les 15 et 16 avril, le pape s'est souvenu de «l'étape importante et providentielle que fut le synode des évêques d'Europe (1991), convoqué au lendemain des évènements de 1989 qui virent s'écrouler des idéologies qui ont longuement dominé et de la chute des barrières entre les peuples de l'Europe».

 

Après avoir insisté sur l'importance du rétablissement de l'unité des chrétiens et de la solidarité sur les territoires de l'Europe mais aussi des autres continents, le pape a relevé qu'avec l'élection du nouveau président Mgr Vlk, assisté du vice président Mgr Seregely (Hongrie), le visage du Conseil des Conférences épiscopales se tourne vers l'Europe de l'Est.

 

A la rencontre étaient représentées 28 des 33 conférences épiscopales du continent. Cinq pays (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Lettonie, et Grèce) n'avaient pu envoyer de représentants.

CIP 22-4-93

 

Pologne

 

«L'Eglise est encore trop puissante», déclare Mgr Pieronek.

 

«L'Eglise catholique polonaise manque d'ouverture au dialogue et a beaucoup de mal à accueillir des idées nouvelles», a déclaré Mgr Tadeusz Pieronek, secrétaire de la Conférence épiscopale, dans une interview au quotidien «Zycie Warsawy» (Varsovie).

 

L'Eglise prend peur devant des solutions qui n'ont pas suffisamment fait leurs preuves, même si elles ont été suggérées par le Concile Vatican Il, explique le prélat, pour qui l'Eglise polonaise reste une force puissante dans la société. «Beaucoup de politiciens ont cherché et cherchent encore l'Eglise comme une alliée soutenant leurs ambitions électorales», dit-il. Or l'Eglise ne doit pas s'immiscer directement dans la politique, sans quoi, «elle court de graves dangers». Elle ne devrait jamais donner sa bénédiction à un parti, «même s'il porte le nom de chrétien, voire de catholique», insiste Mgr Pieronek, Bosnieomme elle ne peut interdire à des individus de soutenir un parti. Cette recommandation est valable également pour les prêtres. CIP 25-3-93

 

«En ce qui concerne, par exemple le sida, le féminisme, l'homosexualité, au sujet desquels les media ont présenté la position de l'Eglise d'une façon tendancieuse, censurée et ridiculisée, l'Eglise devrait trouver un moyen pour expliquer à la société ses réflexions et ses arguments au lieu de se contenter d'annoncer sèchement ses décisions» .

The Tablet 4-4-93

 

Ex-Yougoslavie

 

Bosnie : nouvelle initiative des pacifistes italiens.

 

Le groupe italien «Bienheureux les artisans de paix», qui a organisé en décembre dernier le séjour d'une nuit à Sarajevo de 500 pacifistes, a pris une nouvelle initiative qui consiste cette fois à assurer une présence continue à Sarajevo ou dans les environs pour partager les souffrances de la population et lui apporter une solidarité et un appui moral.

 

Il s'agit de répondre exclusivement aux besoins des citoyens, sans aucune discrimination ethnique, religieuse, culturelle ou territoriale, en encourageant à tous les niveaux, les efforts sincères en vue d'une solution pacifique du conflit, dans le respect des droits de tous.

 

Les promoteurs veulent aussi solliciter l'ONU pour qu'il y ait, à côté des casques bleus, un corps non armé qui puisse faire baisser la tension et favoriser le dialogue. L'action démarrera dans la seconde moitié de juin et se prolongera durant tout l'été. La participation la plus importante est prévue pour la mi-août.

CIP 15-4-93

 

Bosnie. L'évêque catholique de Banja Luka critique le plan de paix Vance-Owen.

 

C'est la nature ethnique de la future carte géographique qu'il n'admet pas : «Si la communauté internationale accepte que des minorités - qu'elles soient serbes, croates ou musulmanes - n'aient plus rien à faire dans certaines régions, c'est le début de la fin du monde civilisé».

CIP 11-2-93

 

Visite historique d'une délégation orthodoxe serbe, à Rome.

 

Pour la première fois depuis sept siècles, une délégation officielle de l'Eglise orthodoxe serbe a rencontré le Pape. La délégation composée de deux évêques fut reçue, à Rome, le 2 avril et rencontra également des personnalités du Conseil pour la promotion de l'Unité chrétienne.

 

Les responsables serbes ont déclaré au pape qu'à leur avis, la reconnaissance de la Croatie, de la Slovénie et de la Bosnie en tant qu'états indépendants avait été la cause première du déclenchement des hostilités. Ils ont été particulièrement critiques et «surpris» de la reconnaissance de la Bosnie par le Vatican qui aurait ravivé ainsi les anciennes haines ethniques..

 

Le but de leur visite était de préparer l'éventuelle rencontre du Patriarche orthodoxe de Serbie, Pavie et du Pape. Celui-ci exprima à nouveau son vif désir de cette rencontre qui doit faire au préalable l'objet d'une discussion au sein de toute l'Eglise orthodoxe serbe.

The Tablet 10-4-93

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