Bulletin juin 1992

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EDITORIAL

Qu'attendre de nous quand on vit à l'Est?

La situation des pays de l'Est était plus simple avant 1989. Ils vivaient sous l'oppression et aspiraient à la liberté. Les Eglises résistaient, et notre solidarité à leur égard était silencieusement un gage de cette liberté à venir. Puis la liberté est venue, sans transition, avec son cortège de délices et d'inquiétudes. Il ne suffisait plus d'être contre. Il fallait inventer du neuf avec d'autres qui n'étaient pas des oppresseurs mais des partenaires et donc aussi des adversaires potentiels. Les Eglises se sont d'emblée découvertes plurielles, traversées de tendances parfois imperceptibles il y a peu, mais désormais évidentes. Le chrétien se découvrait, lui aussi contraint de faire du neuf avec d'autres qui ne pensent pas nécessairement comme lui, à coopérer, à négocier, à convaincre sans mépriser ni écraser. Les Eglises ne seraient plus jamais comme avant. Mais elles ne devaient pas pour autant devenir comme les nôtres. La nouveauté de l'Evangile ne se contente pas d'imitation ni de copie.

 

Qu'attendre de nous quand on vit à l'Est avec l'espoir de faire du neuf, d'inventer une manière propre de sortir de la misère économique, de tirer parti des lois inéluctables du marché sans leur sacrifier la protection sociale, de trouver les voies du dialogue au milieu du vacarme des oppositions ethniques, sociales, idéologiques, religieuses? Nous savons bien que nous n'avons pas réponse à tout et que nous ne constituons pas un modèle assuré de démocratie politique ni d'Eglise à l'abri de toute critique. Nous aussi, à notre manière, nous sommes en recherche. Que pouvons-nous offrir alors?

 

La réponse qui nous vient de l'Est est simple dans sa formulation et riche de perspectives: nous avons besoin de votre écoute et de votre expérience. A quoi nous pouvons faire écho en disant: nous avons besoin de votre critique et de votre enthousiasme. C'est en tout cas dans cette ligne qu'Entraide d'Eglises a perçu les appels reçus et qu'elle envisage de ne pas décevoir les attentes, ligne qui mène aux échanges entre personnes et entre associations, entre communautés et entre paroisses, entre militants et entre responsables qui acceptent d'apprendre l'un de l'autre, à revivre ensemble dans une autre Europe.

 

L'aide que nos lecteurs ne cessent de nous apporter ne sera pas déversée dans le gouffre sans fond des demandes éloquemment formulées, mais doit servir à nouer et entretenir des liens porteurs d'avenir.

 

Albanie... vivre sa foi dans la solitude

 

Dans notre Bulletin précédent, nous avons relaté une interview de l'écrivain albanais Lek Pervizi. Privé de liberté pendant 45 ans, il vécut en camp de travail avec sa famille jusqu’'en 1990 puis émigra en Belgique où son fils Léonard put commencer ses études à l'Ecole des Beaux-arts de Bruxelles. C'est à lui que nous donnons la parole aujourd'hui.

 

Entraide d'Eglises. Dans un pays où la religion était interdite, comment la foi chrétienne te fut-elle été transmise?

 

Léonard Pervizi. En 1967 en effet (un an après ma naissance). La religion fut totalement interdite en Albanie. Des prêtres furent fusillés pour un baptême ou pour une messe. Chez nous, c'est mon père qui nous a baptisés, mon frère et moi. Nous étions très malades, il pensait que nous allions mourir. Il a utilisé la formule de baptême que nous a laissée un archevêque albanais, il y a près de 500 ans, durant l'occupation des Turcs. Quand nous étions petits, nos parents ne nous parlaient jamais ouvertement de la religion car ils avaient peur que nous en parlions à l'extérieur. Ils nous racontaient l'histoire, d'un homme qui faisait le bien, sans dire qu'il s'appelait Jésus. A Noël par exemple, c'était toujours une grande fête à la maison, mais on nous disait que c'était la fête de mon père, et moi, je répétais sincèrement aux copains que c'était la fête de mon père.

 

Ce n'est que vers l'âge de 15 ans, quand j'ai commencé à sentir vraiment ce qu'était la vie, que mon père nous a parlé ouvertement du Christ. Il m'a aussi enseigné les deux prières principales. Il connaissait bien tout cela car il l'avait appris avant d'être interné en 1950. Et puis, en 1978, nous avons eu la télévision à la maison. Nous pouvions capter la RAI (TV italienne) et j'y ai vu des messes, des films catholiques...J'y ai beaucoup appris sur la foi chrétienne. Par contre, des livres chrétiens, nous n'en avons jamais eus à la maison car c'eût été la prison assurée.

 

E.E. Quand as-tu pour la première fois assisté à une eucharistie et quelle impression en as-tu ressentie?

 

L. Pervizi. La première fois c'était ici en Belgique, en 1990. Je ne peux pas dire que j'aie eu un choc puisque j'avais déjà vu des messes à la télévision italienne.

Par contre ma mère a été très impressionnée et, maintenant encore, chaque fois qu'elle va à la messe, elle est très émue.

 

E.E. Quand tu as quitté l'Albanie, en 1990, dans quel état étaient les églises?

 

L. Pervizi. Beaucoup étaient en ruine. On voyait dans les monastères orthodoxes, de magnifiques fresques anciennes démolies à la baïonnette. Le soir, souvent, des bougies brûlaient, apportées par les femmes; en effet, les hommes, s'ils entraient dans une église, étaient immédiatement persécutés mais les femmes, non. «La religion est une affaire de femmes ». Il y a cependant dans les montagnes, un grand sanctuaire à Saint Antoine dont ils n'ont jamais réussi à empêcher l'accès. Beaucoup de gens, hommes ou femmes, musulmans ou chrétiens, s'y rendaient au moins une fois l'an.

 

E.E. En voyant toutes ces églises en ruines, n'avais-tu pas l'impression que la foi appartenait au passé?

 

L. Pervizi. Au passé? Ah! Non! Quand tu es journellement confronté aux injustices et aux humiliations, quand tu vois des femmes et des jeunes filles obligées de travailler comme des bêtes et, d'autre part, quand tu sais ce que proclame la foi au sujet de la liberté et de la justice, c'est quelque chose de bien vivant! Les communistes ont détruit les églises comme ils ont voulu nous détruire. Le seul droit qu'ils nous ont laissé est celui de respirer.

 

E.E. Durant toutes ces épreuves que vous avez endurées, la foi était-elle pour vous un soutien?

 

L. Pervizi. Mon père disait toujours que nous étions un des premiers pays chrétiens, que nous devions être fiers de notre foi et la garder à travers toutes les persécutions comme nous l'avons gardée du temps des Turcs. La foi chrétienne fait partie de notre identité, de notre culture. Pour moi, comme artiste, la religion chrétienne est une grande chose: je vois partout son expression, en architecture, en sculpture, en peinture...tant d'œuvres magnifiques! Mais ce qui compte le plus à mes yeux, c'est la paix, la justice, aussi l'amour...Mais d'abord la justice, l'égalité de tous. Chacun doit avoir sa chance. Regardez mon père, c'était un artiste lui aussi, à 21 ans un garçon plein d'enthousiasme. On l'a privé de liberté pendant 45 ans, sans lui laisser le droit de bouger la tête.

 

E.E. Entre jeunes à l'école, parliez-vous parfois de problèmes philosophiques ou religieux?

 

L. Pervizi. Non, jamais. Pour moi c'était une question de survie. A la maison, le soir, avec mon père, mes oncles, des amis proches, nous parlions souvent de foi et de culture mais le matin, à l'école, j'étais obligé de rester à l'écart des autres pour ne pas discuter avec eux. S'ils me disaient par exemple: «tu as vu le film hier soir à la TV ? », je disais: «non, j'ai dormi » sinon ils auraient pu me demander ce que je pensais de telle ou telle scène et si j'avais parlé ouvertement, le directeur m'aurait vite accusé d'agitation, de propagande anticommuniste et j'aurais été renvoyé de l'école comme le fut un autre élève. Pour cette raison, je n'osais jamais ramener de camarades à la maison et quand on me parlait de religion, je coupais court car j'avais toujours l'impression qu'on voulait me provoquer. Ma foi, j'ai dû la vivre dans la solitude. C'est grâce au fait que j'ai eu la force de rester seul à l'école secondaire que j'ai pu faire mes études jusqu'au bout. Cette expérience de la solitude est quelque chose de très dur, mais j'avais toujours l'espoir qu'un jour, j'aurais la liberté, je croyais ce que disait mon père, que la justice existe quelque part et je m'exerçais beaucoup à la peinture.

 

E.E. En dehors du fait que tu ne pouvais exprimer tes opinions, as-tu été privé d'autres droits?

 

L. Pervizi. En Albanie, tous les jeunes étaient normalement membres du mouvement communiste des «pionniers » et recevaient donc leur carte de «pionnier ». Cette carte, évidemment, je ne l'avais pas. Or, sans elle, tu ne peux rien faire, que ce soit danser, chanter, aller dans un village de tourisme, dans les camps de nature. A l'école, je ne pouvais pas participer à l'organisation des fêtes, des excursions. Parfois les autres partaient un mois à la campagne, travailler dans les oliveraies, par exemple. C'était une bonne distraction. Moi, je ne pouvais pas les accompagner. La ville organisait deux fois par an une exposition des jeunes talents; j'y ai toujours été refusé «pour critère de classe ». C'était l'éternel leitmotiv «la lutte des classes ». Une seule possibilité m'a été offerte: étudier le mieux possible sans me faire remarquer, en me faisant oublier. Quand j'ai terminé mon école secondaire, en 1984, j'ai sollicité mon admission à l'Ecole des Beaux-arts. Elle m'a été refusée. Chaque année, jusqu'en 1990, j'ai renouvelé cette demande, chaque année on m'a répondu «statu quo ».

Mais tout cela c'est le passé, je suis arrivé en Belgique et, deux mois après, j'étais admis à l'école des Beaux-arts de Bruxelles. C'est à moi maintenant de saisir pleinement cette chance qui m'est offerte.

 

Un livre passionnant

« LE REGAIN DEMOCRATIQUE »

de Jean-François Revel (1)

ou ...la démocratie est-elle possible à l'Est?

Pierre Delooz, sociologue.

 

(1) Editions Fayard, Paris 1992, 500 pp.

A lire également: Michel Schooyans, La dérive totalitaire du libéralisme, Paris, Editions universitaires, 1991

 

Le communisme, on l'a dit assez, ne s'est pas effondré sous le coup de ses ennemis, mais il s'est détruit lui-même, victime de son incapacité à tenir ses promesses et à persévérer dans la voie totalitaire où il s'était engagé. Et cela, malgré les pouvoirs immenses que s'étaient attribués ses dirigeants et les millions de morts dont ils ont jonché leur chemin dans l'histoire. Pourtant, les pays démocratiques l'avaient, en fin de compte, aidé de mille et une manières et avaient tenté de retarder sa ruine en prêtant des milliards de dollars à des gouvernements qui les ont gaspillés.

 

Malheureusement, après l'effondrement, le bilan de l'échec est plus lourd qu'on ne l'avait imaginé.

 

Non seulement les pays où le communisme a régné sont économiquement détruits, mais leur capacité même de reprendre le travail productif semble profondément stérilisée. Une culture totalitaire imposant l'obéissance, la passivité, le silence, la peur, le mensonge, paraît avoir rongé les ressorts humains les plus fondamentaux. Il ne reste que "la lumière noire de l'échec absolu". Telle est, du moins, la conviction de Jean-François Revel.

Cet échec total - dû à la manière totalitaire dont le socialisme a été imposé par les communistes - a, du même coup, remis en vedette et consacré la démocratie et l'économie libérale. Toutefois, ce libéralisme démocratique triomphant n'est pas une doctrine qui proposerait simplement un décalque à l'envers du socialisme, "en faisant les mêmes promesses...avec le même sectarisme". Il n'est pas une utopie qui force la réalité à entrer dans son cadre, mais une démarche en quête d'expériences, dont il ressort, à l'usage, qu'elle assure à la fois la prospérité et la moins mauvaise approximation de la justice, qu'elle invite à développer un Etat de droit où s'exprime un débat permanent entre démocratie politique et liberté économique.

 

C'est, selon l'Auteur, ce qu'a reconnu l'encyclique Centesimus annus du 2 mai 1991, opérant ainsi une volte-face éloquente par rapport à Sollicitudo rei socialis, qui se contentait de renvoyer, une fois de plus dos à dos, capitalisme et communisme comme s'ils étaient également pervers. "Avec une grande honnêteté intellectuelle", le pape a désormais compris et affirmé "que l'économie libre doit prévaloir, mais que la vie en société ne se ramène pas à l'économie".

Reste à savoir si cela sera simplement possible à l'Est. En effet, forcé de s'anéantir lui-même, le communisme "avait au préalable anéanti tout ce qui fait une société, un Etat, une économie, une justice, une civilisation". Il avait même rendu les agriculteurs incapables de gérer une exploitation. "C'était la première fois depuis le Néolithique" !

 

A partir de ce constat, il y a-t-il un espoir?

 

Oui, pense l'Auteur, mais il faudra beaucoup de temps pour convaincre les gens de l'évidence dont ils ont été frustrés, à savoir que "mieux vaut être riche et libre que pauvre et opprimé", parce que cette évidence exige "le sacrifice suprême" de renoncer à l'idéologie et d'accepter le verdict de la pratique. Or "l'homme sacrifie volontiers ses intérêts à ses préjugés". Pour les pays de l'Est comme pour les pays du tiers monde, l'Auteur fonde ses espoirs sur des élections libres, répétées aussi souvent qu'il le faut. Elles ont fait la preuve que les peuples étaient en mesure de s'exprimer même s'ils ne sont pas d'emblée en mesure de se gouverner.

 

Tôt ou tard pourtant, ils apprendront que les trois conditions de la démocratie - séparation des pouvoirs, multipartisme, liberté de l'information- sont aussi les conditions d'un développement économique autochtone. Cet apprentissage, personne ne peut le faire à leur place. Mais nous pouvons les aider en leur donnant l'exemple d'une démocratie qui fonctionne, ce qui n'est pas acquis une fois pour toutes. En leur montrant qu'il est possible, à certaines conditions, de résister à la corruption et à l'apathie, de résister aux fanatismes nationaux, religieux, ethniques qui sont toujours en puissance de répandre le chaos, car nous ne sommes pas à l'abri de ces fléaux ni d'une autre idéologie perverse qui prendrait la relève du marxisme défunt.

 

"La confiscation des peuples par leurs propres dirigeants" n'apparaît cependant plus comme une fatalité, surtout depuis que la communauté internationale envisage un devoir d'ingérence au nom des droits de l'homme en péril. "L'humanité ne saurait indéfiniment continuer à s'autodétruire"; elle est "en quelque sorte, condamnée à la démocratie" .

Dans ce compte rendu, nous n'avons pas développé les chapitres où l'Auteur donne sa pensée à propos des pays du tiers monde. Ils valent une lecture attentive ne fût-ce que parce qu'ils éclairent la situation à l'Est.

 

Il convient, en effet, de ne pas isoler la situation à l'Est du contexte mondial. Le communisme s'est installé en Asie - où il demeure momentanément au pouvoir en Chine-, en Afrique et en Amérique latine et y a engendré les mêmes maux.

 

Il ne convient pas non plus de les isoler comme des malades qui pourraient mettre en péril notre florissante santé. La démocratie n'est pas un bien dont la possession nous est évidemment garantie. Elle est un appel de tous les jours à notre vigilance, à notre clairvoyance, à notre engagement.

 

TEMOIGNAGES

 

SLOVAQUIE

«Actuellement, une de nos tâches principales est de nouer des relations avec des organisations de jeunesses des pays de l'Europe occidentale et de créer des liens de collaboration dans les domaines de la formation et de l'information. Nous essayons de jumeler des actions en vue de libérer les jeunes de la peur. Les jeunes, chez nous, ont peur d'eux-mêmes, peur des responsabilités, peur de la politique, peur du christianisme qu'ils ont très longtemps interprété d'une manière erronée. Nous essayons de les motiver à l'action, de créer des conditions propices à leur développement pour qu'ils puissent devenir, eux aussi, des acteurs de l'unification européenne.

Josef Miklosko, vice-président du K.DM S.(Jeunesse démocrate chrétienne).

 

HONGRIE

Un des problèmes les plus importants que nous devons affronter, est le grave dommage causé par la propagande athée du régime communiste. Il en résulte que les jeunes hongrois ne connaissent absolument pas les bases du christianisme. Ils ignorent tout, par exemple de l'apport de la pensée chrétienne dans la construction de la démocratie en Europe occidentale, depuis la deuxième guerre mondiale.

Ferenc Szebemic, Secrétaire Général du Kd.FSZ (association de la Jeunesse démocratique).

 

LITUANIE

 

Le peuple lituanien a lutté pour son indépendance. Actuellement, notre tâche consiste à structurer cette indépendance, à nous débarrasser progressivement des séquelles de l'occupation soviétique et à mettre en route un nouveau système de relations économiques et démocratiques.

 

Malheureusement, cela n'est pas facile vu que les structures du système communiste et la nomenklatura sont encore en place. D'autre part, ceux qui nous représentent au Parlement ne sont pas toujours dignes de notre confiance; beaucoup se laissent corrompre. On parle de nouvelles élections que nous craignons car le contexte actuel pourrait réserver des surprises désagréables. Le peuple est désorienté et angoissé. Il se laisse aller à une certaine apathie.

 

Le processus de changement vers une économie de marché, provoque une régression du pouvoir d'achat. Le chômage, phénomène nouveau chez nous, fait peur. Il touche déjà 6% de la population active. Ce processus est habilement manipulé par la nomenklatura pour démontrer que l'indépendance de la Lituanie est néfaste pour les travailleurs.

 

Le système de privatisation se développe progressivement, dans l'indifférence totale de ceux-ci qui, par manque de formation et d'information, sont dans l'incapacité de prendre position. Dans les cas de restructuration, les anciens directeurs restent en place, ne voulant pas céder leurs privilèges. Souvent, ils deviennent propriétaires et, demain, ils seront les nouveaux capitalistes de notre pays. De plus en plus, la population perd confiance en ceux qui luttent pour réorganiser notre société, sans distinguer les vrais adversaires.

 

Devant cette situation, l'action syndicale s'impose plus que jamais comme rempart à la nomenklatura et pour créer des espaces de dialogues en vue de sauver notre démocratie qu'on veut limiter. En ce moment, nous entamons le vrai travail syndical. Celui-ci n'est pas bien compris des travailleurs qui restent souvent affiliés aux anciens syndicats et ont peur de changer.

 

Notre organisation se trouve devant une tâche immense. Plus que jamais, nous avons besoin de la solidarité de l'Occident, nous avons besoin de votre expérience dans la pratique de la démocratie, de votre expérience syndicale, en matière de formation et d'information.

Madame Aldona Balsienne, Présidente de l'Union des Travailleurs.