Bulletin mars 1991

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Dans l'Europe du

comment se portent les Eglises ?

 

Dans les pays d'Europe du Centre et de l'Est, quelle était la situation des Eglises avant 1940 ? Comment ont-elles vécu sous l'ère communiste? Quels sont les problèmes auxquels elles sont actuellement confrontées ? Telles sont les questions auxquelles Pierre DELOOZ tente d'apporter brièvement des éléments de réponse.

 

Albanie

 

L'Albanie est sans doute le pays le plus différent des autres dans cette partie de l'Europe. Il a été gouverné par un communisme autoritaire, fermé sur lui même, qui commence seulement à laisser entendre des voix dissidentes.

 

Du point de vue religieux, il était, en 1945, un pays a majorité musulmane (sept Alba­nais sur dix avant la guerre), souvenir des siècles de domination turque. Il y avait aussi des minorités orthodoxes de l'ordre de 20 % de la population (on est tout près de la Grèce) et quelque 10 % de catholiques (souvenir notamment des colonies vénitiennes le long de la mer Adriatique).

 

Voulant régir un pays tout à fait athée, le Parti communiste a interdit, à partir de 1966, toute forme d'expression religieuse. Toutefois il est plus facile de fermer les mosquées et les églises que de supprimer la foi des gens. L'avenir dira, bientôt espérons-le, quand l'Albanie rejoindra l'ensemble des pays démocratiques, où en sont et ce que souhaitent les Albanais au point de vue religieux.

 

Pays baltes

 

Les pays baltes ont fait longtemps partie de l'Empire russe et n'ont guère été indépendants qu'entre les deux guerres mondiales.

 

Du point de vue religieux, ils sont chrétiens, mais les deux pays les plus au Nord, l'Estonie et la Lettonie, sont des pays à majorité protestante (luthérienne, comme en Allemagne et en Scandinavie), les seuls parmi ceux dont nous traitons ici. Ils comptaient aussi des minorités orthodoxes vu l'immigration russe. Il y avait une minorité catholique active en Lettonie.

Les lois et les pratiques antireligieuses propres à l'U.R.S.S. ont sévi sans ménagement dans ces deux pays où les croyants ont dû généralement se cacher pour exprimer leur foi. Ils connaissent aujourd'hui un véritable renouveau.

 

La Lituanie est, par contre, un pays à majorité catholique, d'un catholicisme assez nationaliste, analogue à celui des Polonais voisins. Le catholicisme y a donc exercé, comme en Pologne, une fonction d'affirmation de l'identité lithuanienne à l'encontre de l'U.R.S.S. Il a donc été, notamment à ce titre, persécuté et réduit au minimum que l'U.R.S.S. jugeait compatible avec ses intérêts.

 

Depuis quelques années, il revit, mais subit les mêmes aléas que la nation lituanienne à la recherche de son indépendance. Les évêques ont, en tout cas, pris fait et cause en faveur de cette indépendance. Il y a, dans le pays, une minorité orthodoxe.

 

Très isolé pendant longtemps, le catholicisme lithuanien va devoir affronter, sans grande transition, un après-Concile auquel la persécution ne l'a guère préparé.

 

Pologne

 

Comme la Lituanie, la Pologne est un pays à forte majorité catholique - plus ou moins neuf Polonais sur dix -, d'autant plus catholique, pourrait-on dire, que l'identité nationale s'y est accrochée depuis des siècles.

 

Sous le régime communiste imposé par l'U.R.S.S., seule l'organisation ecclésiastique a été en mesure d'assurer une opposition à ciel ouvert. La question qui se pose aujourd'hui est évidemment de savoir comment les fidèles et les pasteurs vont s'adapter à un régime politique démocratique. L'ennemi commun, qui faisait leur unité, a disparu. La rigidité conservatrice, qui a servi de courageuse - et souvent d'héroïque - sauvegarde, n'est plus nécessaire.

 

Comment évoluera le catholicisme polonais? Il y a plusieurs scénarios possibles, qui ont tous en commun la prise en compte d'une progressive sécularisation de la vie en société, c'est-à-dire d'une plus grande dissociation entre le domaine familial, économique, scientifique, politique, social, artistique, religieux. En Europe occidentale, ce phénomène majeur, a été de pair avec un effondrement de la pratique régulière, des vocations sacerdotales et religieuses, de la fidélité conjugale, etc. En ira-t-il de même en Pologne? Oui sait ?

Il y a quelques minorités religieuses dans le pays - orthodoxe, protestante, grecque catholique ukrainienne -, mais elles n'ont guère la parole. Les enquêtes d'opinion révèlent aussi une minorité notable de personnes d'origine catholique devenues « sans religion ».

 

Yougoslavie

 

La Yougoslavie compte, comme on sait, six républiques et cette division, dans une certaine mesure, tient à des différences religieuses. La plus notable est celle qui divise - le mot est bien choisi - les Croates catholiques des Serbes orthodoxes, ces deux variantes du christianisme ayant été pour les uns et pour les autres un facteur important d'intégration sociale, c'est-à-dire d'assertion et de sauvegarde de leur identité nationale.

 

Dès lors, l'avenir de la religion en Yougoslavie est fortement lié à l'avenir de la Yougoslavie elle-même. L'unité l'emportera-!­elle sur la séparation? Déjà à l'heure actuelle, la Slovénie catholique a signifié clairement sa volonté d'autonomie politique. La Croatie catholique n'est sans doute pas loin de l'imiter contre ce qu'il faut bien appeler l'ennemi héréditaire, la Serbie orthodoxe. Dans le Sud du pays, surtout parmi les Albanais, vit une notable minorité musulmane. Si l'on voulait suggérer des proportions chiffrées, on pourrait estimer que la Fédération yougoslave compte 38 % d'orthodoxes, 33 % de catholiques, 11 % de musulmans, 1 % de protestants, le reste pouvant être considéré «sans religion ».

 

Le régime communiste a été, dans l'ensemble, plus tolérant à l'égard de la religion que ceux qui dépendaient de l'U.R.S.S., ce qui a permis, dans certaines limites, des expressions religieuses plus libres et plus variées, la plus connue et la plus controversée étant sans doute localisée à Medjugorje, en Bosnie-Herzégovine. L’émigration de nombreux travailleurs en Europe occidentale et l'immigration saisonnière de dizaines de millions de touristes ont familiarisé les Yougoslaves avec la sécularisation à l'occidentale. Y résisteront-ils mieux - ou en tireront.ils un meilleur parti que les Occidentaux? Qui sait? Reste que le défi œcuménique est, pour eux, de toute première urgence.

 

Bulgarie

 

Parmi les pays qui nous occupent, plusieurs ont des majorités orthodoxes importantes. Nous avons déjà évoqué la Serbie, mais il faut aussi nommer la Bulgarie, la Roumanie et l'Ukraine, cette dernière faisant partie de l'U.R.S.S.

 

L'attitude des Eglises orthodoxes à l'égard des régimes communistes déroute parfois les catholiques de chez nous. Disons donc - très sommairement - qu'elles ont été sévèrement persécutées par les Etats communistes, mais que ceux-ci ont également voulu les utiliser, un peu à la manière des Etats qui les ont précédés, et que fa tradition de ces Eglises nationales invitait leurs évêques à jouer le jeu d'une sorte de collaboration à distance.

C'était le cas en Bulgarie où l'Etat imposa à l'Eglise orthodoxe bulgare des limites très strictes et contraignit ses dignitaires à des actes d'allégeance qui nous étonnent, mais l'Eglise conserva à ce prix une certaine autonomie. La démocratisation prudente du pays en 1989 fut cependant saluée par elle avec beaucoup de joie et d'espoir.

 

Il y a, en Bulgarie, un tout petit nombre de catholiques latins, mais, plus nombreux, des membres d'une Eglise grecque-catholique dite uniate, c'est-à-dire en communion avec l'Eglise romaine tout en gardant son caractère oriental. Peut-être est-ce leur petit nombre qui les sauva des entreprises de l'Etat, mais, en tout cas, les catholiques bulgares jouirent d'une paix relative. Il se pourrait que le souvenir d'Angelo Roncalli - Jean XXIII -, un temps nonce à Sofia, capitale de la Bulgarie, les y ait aidés.

 

De nombreux musulmans vivent aussi en Bulgarie, peut-être 11 % de la population. La plupart sont d'origine turque et ont été sévèrement persécutés pendant les dernières années du régime communiste; un grand nombre a émigré en. Turquie. Le nouveau régime - plus démocratique - leur laisse désormais la paix. Il est probable qu'une proportion notable de Bulgares est désormais « sans religion».

 

Roumanie

 

Un peu comme en Yougoslavie, les problèmes religieux de la Roumanie ont, pour une part, une origine nationale. En tout cas, la majorité des Roumains - deux-tiers environ - sont orthodoxes ou, au moins, d'origine orthodoxe.

 

L'Eglise orthodoxe roumaine qui, après la guerre, avait voulu très courageusement se réformer elle-même et était en passe d'y réussir, en a été brutalement empêchée par l'Etat communiste. Dans les limites qui lui furent imposées, elle ne perdit pas sa vitalité. Son clergé notamment fut le mieux formé parmi les Eglises orthodoxes. Elle jouit aujourd'hui de plus de liberté dans un Etat qui cherche sa voie vers la démocratie. Mais il ya, en Roumanie, particulièrement en Transylvanie, d'importantes minorités hongroises et allemandes parmi lesquelles on compte de nombreux protestants (surtout réformés, c'est-à-dire de tradition calviniste, chez les Hongrois et surtout luthériens chez les Allemands).

 

La situation la plus pénible était sûrement celles de la minorité grecque-catholique uniate, qui fut réunie de force à l'Eglise orthodoxe, en 1948, par le pouvoir communiste. Aujourd'hui cette Eglise grecque-catholique a retrouvé, en principe, son autonomie, résultat heureux des bouleversements politiques de la fin de l'année 1989, et cherche un modus vivendi avec l'Eglise orthodoxe.

 

Pour faire comprendre la complexité de la situation en Transylvanie, ajoutons quelques précisions quantitatives:

1) Parmi la population d'origine roumaine, qui forme environ 54 % de l'ensemble de la population totale, 33 % sont orthodoxes et 21 % uniates;

2) parmi la population d'origine hongroise, qui forme 31 % de la population totale, 13 % environ sont catholiques et 13 % réformés;

3) parmi la population d'origine allemande, qui forme 11 % de la population totale, 5 % sont catholiques et 4 % sont luthériens;

4) les autres catégories représentent chacune moins de 2 % de la population, sauf les juifs qui doivent être environ 3,5 % de l'ensemble.

 

Ukraine

 

Cette république - de loin la plus peuplée parmi celles que nous présentons ici, plus de cinquante millions d'habitants -, qui fait partie de l'U.R.S.S., est aussi en majorité orthodoxe.

 

Elle compte au moins deux Eglises orthodoxes, l'une dépendant du patriarcat de Moscou, l'autre, l'Eglise autocéphale ukrainienne, sévèrement persécutée du temps de Staline.

 

L'Ukraine est restée, dans l'ensemble, beaucoup plus pratiquante que la Russie. Il y a des villages ukrainiens où plus de la moitié des habitants est pratiquante. La perestroïka a permis un redéploiement religieux et une libéralisation dont a profité en premier lieu l'Eglise grecque-catholique uniate qui avait été absorbée de force, en 1946, par l'Eglise orthodoxe, sur ordre de "Etat comme en Roumanie.

 

Comme il s'agit de plusieurs millions de fidèles, restés pour la plupart fidèles, leur détachement de l'Eglise orthodoxe, dépendant de Moscou, ne se fait pas sans mal - ne fût-ce qu'au moment de l'attribution des lieux de culte - et la réconciliation nécessaire - le pardon pour de réelles injustices- ne se réaliseront pas seulement par décret, ni par tractations au sommet, lesquelles ont d'ailleurs, jusqu'ici, échoué.

 

L'Ukraine est aussi la patrie de minorités protestantes, notamment baptistes.

 

Hongrie

 

La population hongroise comporte une majorité catholique de quelque 59 % et une minorité protestante forte d'environ 24 %; il y a aussi quelques orthodoxes et quelques juifs, mais surtout beaucoup de « sans religion ».

 

A la différence de la Pologne où l'Eglise catholique a joué le rôle d'une opposition, cette même Eglise, surtout après 1956, a tenté de négocier avec des communistes assez souvent plus souples qu'ailleurs et de collaborer avec eux dans la mesure du possible.

 

C'était un peu l'attitude des orthodoxes dans les autres pays d'Europe centrale et orientale, souvenir sans doute de la collaboration de l'Eglise avec le pouvoir du temps de la monarchie austro-hongroise d'avant la première guerre mondiale. Mais il y a des degrés dans la collaboration. Une partie du clergé est peut-être allée trop loin, ce qui ne rend pas la reprise aisée après l'effondrement du communisme.

 

Des communautés de base de toute sorte continuent cependant à se développer et profitent de la liberté retrouvée. Le problème majeur reste sans doute la sécularisation qui a davantage touché le pays en raison même de son évolution commencée plus tôt vers un modèle occidental d'économie de marché. Les protestants hongrois sont surtout réformés et en minorité luthériens.

 

Tchécoslovaquie

 

L'Eglise catholique slovaque est majoritaire en Slovaquie, où elle a largement assumé l'identité nationale un peu à la manière polonaise. Elle n'a toutefois pas joué, comme en Pologne, un rôle d'opposition au régime communiste, si ce n'est au cours des années 1980. La Slovaquie compte cependant une minorité orthodoxe et une Eglise grecque-catholique uniate qui a retrouvé, après une annexion forcée à l'orthodoxie, son autonomie dès 1968. Les protestants slovaques sont surtout luthériens; on trouve aussi de nombreux réformés parmi la minorité hongroise.

 

Les Tchèques sont en majorité catholiques. Entre 1950 et 1980, ils ont été durement persécutés et les compromissions d'une partie notable de son clergé avec les communistes pesaient lourdement sur leur avenir. Dans les années 1980, les laïques catholiques prirent part à la résistance, puis à l'émancipation, et de nombreux prêtres furent ordonnés en secret. Ces deux sous-ensembles doivent coexister aujourd'hui dans un pays démocratique où l'opposition, née en dehors de l'Eglise, a triomphé et où l'Eglise doit chercher sa place.

 

La société tchèque a été profondément sécularisée et nombreux sont ceux qui se tournent vers elle. Saura-t-elle répondre à leur attente? Un grand nombre de protestants vit aussi en Tchécoslovaquie parmi lesquels on compte les héritiers de Jean Hus - héros national brûlé vif en 1415 comme hérétique -, les hussites, et les Frères tchèques. Après des années d'incompréhension, ils ont tendu la main aux catholiques en 1988.

 

Mais qui sont donc ces Uniates ?

 

Il a été plusieurs fois question d'Eglises uniates en Europe centrale et orientale. Nous avons dit que ces Eglises étalent en communion avec l'Eglise romaine mais avalent gardé leur liturgie orientale et leur discipline particulière, notamment en matière de mariage des prêtres.

 

Sauf en Bulgarie, elles furent réunies de force à l'Eglise orthodoxe par le pouvoir communiste entre 1946 et 1948, mais elles ont repris leur autonomie à la faveur des mouvements démocratiques de 1989 (dès 1968 en Slovaquie, conséquence du Printemps de Prague qui n'a pas été effacée). SI des orthodoxes nous lisaient, Ils trouveraient cette présentation exacte mails Incomplète. En effet, l'origine de ces Eglises, qui date de 1596 en Ukraine et de 1698 en Transylvanie roumaine, ressemble fort à leur suppression par les communistes, en ce sens que, dans les deux cas, une intrusion politique manifeste est Intervenue. Dans les deux cas, des souverains catholiques, polonais d'une part et autrichien d'autre part, ont fait pression sur leurs sujets orthodoxes pour qu'Ils se rallient à la religion du prince.

 

Les siècles ont passés, mais ce scandale n'a pas été oublié. Il ne légitime en rien l'usage de la force par les communistes - deux torts symétriques ne font pas un droit - mais il permet de comprendre ce qui n'est pas perçu à distance. Ce n'est pas sans raison, en tout cas, que l'uniatisme a été rejeté comme méthode de recherche de l'unité dans l'Eglise par la Commission mixte de dialogue théologique catholique-orthodoxe réunie en juin 1990 à Freising. La réconciliation d'Eglises-sœurs doit prendre désormais d'autres chemins.

 


 

 

POINT DE REPERE DANS LE TEMPS ET L'ESPACE

 

TCHECOSLOV AQUIE

 

Capitale : Prague (905 Km de Bruxelles).

Population : 15,60 millions d'habitants, dont 65% de Tchèques et Moraves et 30% de Slovaques. Minorités nationales : 3,8% de Hongrois, 0,5% de Polonais.

Langues : Tchèque et Slovaque (langues slaves).

Histoire :

XIVe siècle : âge d'or de la Bohême.

XVe-XVIe siècle : intégration à l'Empire des Habsbourg d'Autriche.

1918 : Proclamation de la République Tchécoslovaque.

1938 : Munich: les grandes puissances (excepté l'U.R.S.S.) laissent dépecer la Tchécoslovaquie au profit des régimes fasciste d'Allemagne, de Pologne et de Hongrie... pour sauvegarder la paix...

1939-1945 : occupation nazie.

1945 : "Libération " de Prague par les Soviétiques.

1948 : "Coup de Prague" : les communistes prennent le pouvoir. la Tchécoslovaquie devient une Démocratie populaire. C'est le début de la guerre froide.

1968 : les chars soviétiques écrasent le "Printemps de Prague ».

 

YOUGOSLAVIE

 

Capitale : Belgrade (1380 Km de Bruxelles).

Population : 24 millions d'habitants, dont 36% de Serbes, 19,7% de Croates, 7,8% de Slovènes, 8,9% de Bosniaques.

Minorités nationales : 7,7% d'Albanais (Kossovo), 7% de Hongrois, Bulgares, Turcs, Macédoniens.

Six républiques fédérales :

Slovénie (langue: Slovène)

Croatie (langue : Croate)

Bosnie (langue: Serbo-croate)

Alphabet latin chez les catholiques

Cyrillique chez les orthodoxes

Monténégro (langue : Serbo-croate) Macédoine (langue : Macédonien)

Serbie (langue : Serbe et Albanais ou Kossovo)

Histoire :

Dès la fin du XVe siècle: occupation par les Turcs, excepté la Croatie et la Dalmatie.

1914 : assassinat (par un Serbe ?) de l'Archiduc Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, à Sarajevo : déclenchement de la première guerre mondiale.

1918 : naissance de la Yougoslavie (Royaume des Serbes, Croates et Slovènes)

1941 : le gouvernement pactise avec l'Allemagne puis avec Moscou. La Yougoslavie, envahie par l'Allemagne, est atrocement ravagée.

1945 : aidés par l'Armée Rouge, Tito et les résistants communistes libèrent Belgrade et proclament la République populaire.

1958 : Affirmation de l'autonomie absolue du socialisme yougoslave (non alignement).


 

ROUMANIE

 

Capitale : Bucarest (1750 Km de Bruxelles).

Population: 23 millions d'habitants. Minorités nationales : 7,3 % de Hongrois, 2% de Tziganes, 2% de Juifs, +/- 5% d'Allemands.

Langues : Roumain (même origine que l'Albanais, mais très forte influence latine).En Transylvanie : Hongrois, Allemand, Roumain.

Histoire :

Dès la fin du XVe siècle : occupation par les Turcs des territoires de la Roumanie actuelle.

1700 : la Transylvanie (moitié ouest de la Roumanie) est rattachée à l'Empire des Habsbourg d'Autriche (jusqu'en 1918).

XIXe siècle: la Russie et la Turquie se disputent les morceaux du territoire.

1878 : reconnaissance internationale de l'indépendance de la Roumanie (Moldavie et Valachie). Charles 1er de Hohenzollern est proclamé roi.

1918: la Transylvanie (excepté de 1940 à 1947), la Bessarabie (jusqu'en 1947) et la Bucovine sont rattachées à la Roumanie.

1941-1944 : Participation à la guerre aux côtés des Allemands.

1944: la Roumanie se range du côté de l'U.R.S.S.

1947 : Abdication du roi Michel et constitution d'une République populaire.

1965 : Ceausescu Président de la République Socialiste de Roumanie.

 

POLOGNE

 

Capitale : Varsovie (1160 Km de Bruxelles).

Population : 37,7 millions d'habitants. Minorités nationales 0,6% d'Ukrainiens, 0,2% d'Allemands.

Langue : Polonais (langue slave).

Histoire :

XVIe-XVIIe siècle : indépendance relative malgré les incursions des voisins (Suédois - Russes).

Fin du XVIIIe siècle : partage de la Pologne entre la Prusse, l'Autriche el la Russie.

1918 : la République est proclamée.

1939-1945 : occupation de la Pologne par les troupes hitlériennes.

1945 : les troupes soviétiques "libèrent" Varsovie dévastée. Le communiste Bierut est proclamé Président de la République.

1956: révoltes ouvrières de Poznań.

1980 : création du syndicat libre Solidarnosc.

 

ALBANIE

 

Capitale : Tirana (1560 Km de Bruxelles).

Population : 3,1 millions d'habitants.

Langue : Albanais (langue illyro-balkanique très particulière).

Histoire :

Depuis le XV siècle: occupation par les Turcs.

1913 : Indépendance: L'Albanie devient principauté autonome.

1914-18 : l'Albanie est occupée par les belligérants.

1926 : tutelle italienne.

1939 : Invasion italienne, puis allemande(1943).

1944: le chef communistes résistant Hoxha forme un gouvernement allié à l'U.R.S.S.

1961 : rupture avec l'U.R.S.S. et ralliement avec la Chine.

 

HONGRIE

 

Capitale : Budapest (1130 Km de Bruxelles).

Population : 10,61 millions d'habitants. Minorités nationales: 3% Tziganes, 1,6% Allemands, 1,1% Slovaques.

Langue : Hongrois (langue finno-ougrienne, proche du Finlandais ou de l'Estonien).

Histoire :

XVIe et XVIIe siècle: occupation par les Turcs.

Fin du XVIIe siècle : la Hongrie est intégrée à l'Empire des Habsbourg d'Autriche.

1867 : l'Empire d'Autriche devient la monarchie dualiste Austro-hongroise.

1918-20 : Indépendance. Prise de pouvoir de Horthy.

1940 : le gouvernement Horthy est entraîné dans la guerre aux côtés de l'Allemagne.

1944-45 : la Hongrie, champ de bataille entre l'Allemagne et l'U.R.S.S. qui s'impose en 1945.

1949 : les communistes proclament la République populaire.

1956 : les chars soviétiques répriment la révolte de Budapest.

 

BULGARIE

 

Capitale : Sofia (1670 Km de Bruxelles).

Population : 9 millions d'habitants. Minorités nationales : 8% Turcs, 2% Tziganes.

Langue : Bulgare (langue slave, alphabet cyrillique).

Histoire :

Depuis le XV siècle: occupation par les Turcs.

1908 : Indépendance, Ferdinand 1er de Saxe Cobourg-Gotha devient Tsar de Bulgarie.

1915 : entrée en guerre aux côtés des empires centraux.

1941 : le gouvernement prend parti pour l'Allemagne nazie.

1944 : coup d'Etat procommuniste, armistice avec les alliés.

1946 : par référendum, la Bulgarie proclame la fin de la monarchie et instaure une République populaire d'étroite obédience soviétique.

 

U.R.S.S.

 

Capitale : Moscou (2280 Km de Bruxelles).

Population : 287 millions d'habitants - 15 républiques - 126 nationalités.

 

LES PAYS BALTES

 

ESTONIE

 

Capitale: Tallin (1605 Km de Bruxelles).

Population : 2,5 millions d'habitants. Minorités nationales : 25% de Russes, 5% d'Ukrainiens et de Biélorusses.

Langue : Estonien (langue balto finnoise).

Histoire :

Depuis le XVIe siècle, l'Estonie est tiraillée entre les puissances suédoises, allemandes el russes.

1917 : Indépendance reconnue en 1921 par les puissances internationales.

 

LETTONIE

 

Capitale: Riga (1460 Km de Bruxelles).

Population : 2,5 millions d'habitants Minorités nationales : 33% de Russes, 5% de Juifs, 4% d'Ukrainiens, de Biélorusses.

Langue : Letton (langue balte).

Histoire :

Depuis le XIVe siècle, la Lettonie est incorporée tour à tour à la Pologne, la Suède el la Russie;

1918 : proclamation de l'Indépendance.

1940 : la Lettonie envahie par les troupes soviétiques est intégrée à l'U.R.S.S.

 

LITUANIE

 

Capitale: Vilnius (1460 Km de Bruxelles)

Population : 3,7 millions d'habitants. Minorités nationales: 9,3% de Russes, 7,3% de Biélorusses, d'Ukrainiens et de Juifs.

Langue : Lithuanien (langue balte).

Histoire :

Du XIVe au XVIIIe siècle, la Lituanie est unie à la Pologne.

XVIIIe siècle : partage de la Pologne: la Lituanie passe sous domination russe.

1918 : la Lituanie se proclame Indépendante mais ne cesse d'être l'objet de querelles entre Allemands, Polonais et Russes.

1940: Les troupes soviétiques occupent le pays; la Lituanie est incorporée à l'U.R.S.S.

 

UKRAINE

 

Capitale: Kiev (1830 Km de Bruxelles)

Population : 51,7 millions d'habitants.

Minorités nationales: 21,9% de Russes, 4% de Biélorusses, Moldaves, Polonais et juifs; Langue : Ukrainien (langue slave).

Histoire :

Du XIVe au XVIe siècle : domination polonaise.

A partir du XVIIe siècle : domination polonaise (jusqu'au démembrement de la Pologne) et russe.

1917 : les indépendantistes proclament, à Kiev, la République démocratique indépendante.

1922 : l'Ukraine .devient République de l'U.R.S.S. Purges staliniennes, famine organisée.

1941-1942 : occupation par les Allemands.