Bulletin décembre 1983

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LITUANIE

 

C'est un pays dont on parle trop peu. Comme aussi bien des autres Pays Baltes. Il semblerait que l'Europe occidentale se soit accommodée de cette partition, de cette annexion de ces trois Républiques par l'URSS. Nous parlons très volontiers de la résistance des Polonais. Celle de ces peuples Baltes, livrés à la déstructuration de leur vie culturelle, nationale et religieuse..., soumis à une intense russification nous concerne-t-elle aussi?

 

En ce temps de Noël, nous aimons donc faire entendre la voix courageuse d'un prêtre lithuanien. Et d'autant qu'il prend le risque de défendre ici des enfants. Il s'agit du responsable d'un lieu de culte, qui adresse une lettre à l'attention du Premier Secrétaire du Comité Central du Parti Communiste de Lituanie. Courage du bon berger qui défend les brebis de son troupeau, ne serait-ce pas déjà quelque part, dans l'Evangile? Ce prêtre écrit:

 

«Je désire attirer votre attention sur la situation difficile dans laquelle se trouvent les croyants de la Région de Kėdainiai. Depuis quelques temps, ces croyants et leurs enfants ne peuvent trouver aucun moment de paix.

 

Cet été (les agents du Parti) sont souvent venus à l'église et arrêtaient les enfants à la porte en leur posant différentes questions: Comment t'appelles-tu? De quelle école es-tu? Quelle classe? etc. Ils ne laissaient pas non plus les parents en paix. Finalement, ils dressèrent une liste des enfants et la remirent au Procureur. Ces enfants furent convoqués devant l'Adjoint du Procureur et interrogés comme des criminels, alors qu'en fait, les parents ont le droit d'élever leurs enfants selon leurs convictions. Une question se pose: Quel crime contre l'Etat ces enfants ont-ils commis en se préparant à la Première Communion? (...) Quel crime ai-je commis en posant aux enfants des questions sur le catéchisme et en leur expliquant ce qu'ils ne comprenaient pas? (...)

 

Profondément troublés, les fidèles demandent: «Que nous apportera l'avenir? (...) Est-il possible que l'éducation de nos enfants soit assurée par le Vice-président du Comité Exécutif de la région et le bureau du Procureur? Est-il possible que nous, croyants de la région de Kėdainiai, soyons devenus des citoyens de deuxième ordre ?» ...

 

ROUMANIE

 

Un autre pays dont on parle relativement peu à la une de nos journaux. Très longtemps mal informé, l'Occident se plaisait à croire à «l'indépendance» de la Roumanie à l'égard de l'URSS. On oubliait de situer cette indépendance dans son véritable contexte et surtout d'analyser, sur le terrain, la politique de type staliniste, le culte de la personnalité insensé et le népotisme qui régnaient. Peu a peu, il a bien fallu que la vérité prévale. C'est dommage qu'il faille toujours que la conscience occidentale soit en retard de quelques décades sur les problèmes qui ne retentissent pas directement sur son bien-être ...

 

La situation des croyants, catholiques de rite latin et surtout de rite oriental (puisqu'en principe ce rite est supprimé et ces communautés rattachées de force à l'Orthodoxie), mais aussi de l'Eglise Orthodoxe elle-même est difficile, précaire, voire très douloureuse.

 

Nous n'en serons que plus heureux de signaler que, pour la première fois depuis la guerre, un groupe de prêtres catholiques roumains, de rite latin, et de quelques dizaines de laïcs a pu se rendre récemment à Rome, pour y effectuer le pèlerinage de l'Année Sainte. Leur présence, de plus, était particulièrement justifiée par les cérémonies de béatification d'un religieux italien, mais originaire de Valachie (aujourd'hui territoire de Roumanie).

 

Et puisque le secret a coulé et que le fait est connu même des autorités civiles, il est émouvant de penser, en ces jours de Noël, à ces quatre évêques gréco-catholiques (ou de rite oriental), sacrés clandestinement, qui s'efforcent de veiller sur ce troupeau dispersé. On peut essayer d'imaginer leurs problèmes, face à la situation de fait qui dénie toute existence à l'Eglise de rite gréco-catholique.

 

Réjouissons-nous aussi de noter la présence à Rome, lors du dernier Synode, de l'évêque, de rite latin, d’Alba-Julia (région de la Transylvanie, partie occidentale de la Roumanie, peuplée en majorité d'une population d'origine hongroise. Seul fait qui, déjà, pose problème, comme à toute minorité culturelle ou ethnique en tous les pays du monde !).

 

HONGRIE

 

Dans toutes nos revues, foisonnent, à certains moments de l'année, les propositions de rencontres, colloques, retraites, bref de temps fort de formation ou de ressourcement spirituel. Nous imaginons mal ce que peut signifier pour une communauté croyante d'être privée d'un lieu permanent, disponible à telle fin.

 

Telle était pourtant la situation en Hongrie, jusqu'en juillet de cette année. Il faut avoir ressenti la pénurie en cette matière, pour voir avec quelle joie fut fêtée l'inauguration, en juillet dernier, de la première maison de retraite pour laïcs. Non point seulement dans le sens de home du troisième âge, mais bien comme le pivot de toute une activité pastorale, désormais légale ou organisée. Cette maison de retraite et de formation offrira aux laïcs en effet la possibilité de suivre un cours de formation théologique. Dès 1979, parlant de cet espoir, le Cardinal Lekai disait: «Nos croyants... désirent ardemment un approfondissement spirituel... beaucoup d'entre eux voudraient également arriver à une meilleure connaissance de leur foi catholique. La plupart ne sont pas à même d'y consacrer autant de temps que les participants du cours de formation théologique de l'Académie théologique. Mais, une semaine, du lundi au samedi, ils l'offriraient volontiers...». En 1982, le Cardinal précisait encore: «Dans cette maison de retraite, les laïcs pourraient encore approfondir leur foi en ce sens qu'ils pourraient y être éduqués à la pastorale et, de retour chez eux, prêter aide à leur curé pour la réalisation de la messe, pour l'éducation religieuse des enfants, la distribution de la communion.» (Le manque de prêtres et l'élévation de la moyenne d'âge du clergé sont préoccupants dans ce pays). En fait, cette formation liera, en une même session, la dimension de l'enseignement théologique et pastoral et celle du ressourcement spirituel par la méditation et la prière. Aux étudiant(e)s laïcs de l'Académie catholique de Budapest, cette maison offrira la possibilité, outre les études, d'appliquer cet enseignement à une formation pastorale. Un tel programme est riche d'espoir pour la mise en œuvre d’un laïcat engagé et formé à ses responsabilités. Tous les diocèses, à leur tour, disposent de la possibilité d'organiser ces sessions de formation. Ceci est vraiment une heureuse nouvelle!

 

POLOGNE

 

Faut-il évoquer le Prix Nobel décerné à Lech Walesa? On en a assez parlé. Mais, n'est-il pas important de voir plus loin que la personnalité de ce leader, qui ne tient guère, d'ailleurs, à être «sacralisé».

 

Ce qu'il faut affirmer, c'est que ce Prix Nobel est décerné, à travers cet homme, à tous ceux et celles qui, malgré les difficultés et les risques non illusoires, sont parvenus à réaliser un fait unique sans doute, dans tout le glacis sous obédience soviétique: reformer, dans un consensus national, le tissu social d'un organe vivant et agissant, hors les frontières de l'emprise totalitaire d'un Parti qui se voudrait la seule conscience du peuple mais aussi le seul espace vital d'une vie organisée selon son organigramme. Officiellement reconnu ou mis au ban de la société, le fait demeure et reste éloquent: tout un peuple échappe à l'emprise, se remet à parler, à inventer, à vivre, à témoigner dans l'illégalité. Cette restructuration d'une conscience sociale est plus inédite et plus importante que toutes les oriflammes et les discours. En germe, elle peut détenir une force dont nous mesurons difficilement l'impact. Quelque chose est né, qui n'est pas prêt de s'éteindre ou de s'étioler: le peuple le sait!

 

CONTE DE NOEL

NATIVITE

 

Depuis quelques jours, elle s'était un peu trop affairée. Mais elle tenait à fignoler les petits cadeaux qu'elle avait préparés pour les uns et les autres. Petits dons, sortis de ses doigts: de terre, de bois, de tissu, quelques poèmes pour les amis poètes. Des riens, mais que son amour avait revêtus d'une sorte de candeur et de fraicheur.

 

Contrainte à des limites très étroites - sa prison - du fait d'une santé défaillante, elle avait fui les rues enluminées de pacotille, de dorures, de vitrines affriolantes. Entre ces objets de luxe, qui s'étalaient sans pudeur, était-ce sa faute si elle voyait s'esquisser un enfant de Beyrouth, qui hurlait sa terreur, un prisonnier tournant en rond, la cour dallée d'un asile et les blouses blanches qui s'affairaient? Etait-ce elle qui se laissait investir par une compassion inopportune en ces jours de joie, ou bien était-ce ce monde qui était devenu fou, fou, fou... Affolé de sa propre vacuité, de son égoïsme monstrueux, du repli sur soi à caractère démentiel?

 

Au milieu de l'une des artères de la ville, où elle s'était aventurée en prenant trop de risques, elle s'était retrouvée tout à coup figée, glacée et subitement désespérée. Le Seigneur allait venir la nuit prochaine, où trouverait-il à reposer la tête?

 

Emigrée de l'un des pays de l'Est, la nostalgie lui montait du cœur aux lèvres, en un balbutiement qu'elle ne parvenait pas à étouffer. Là-bas, les siens, oppressés et délités par un système qui déstructurait non seulement tout le tissu social, mais encore la personne humaine, les siens essaieraient, ce soir, de se partager le pain du pardon et d'amour. Ils rassembleraient leur muette souffrance, les lueurs d'espérance qu'ils étaient parvenus à sauvegarder, ils rediraient leur foi. Ils mettraient en commun le nécessaire et vivraient Noël. Plus loin, à l'Est, dans des baraques de bois entourées de miradors, quelques uns, quelques unes se partageraient des vœux, et quelques débris de thé autour d'une chandelle. Peut-être oseraient-ils moduler tout bas les anciens cantiques de la terre lointaine, dont ils furent déportés. Dans un univers carcéral pire encore, des «malades mentaux», sains d'esprit et défenseurs des droits de l'homme, soutiens de la foi de leurs frères ne sauraient peut-être même pas que cette nuit noire, c'était Noël. Ou bien, conscients de la libération qui prenait racine cette nuit-là, ils tourneraient leur visage hâve vers la voûte étoilée qui surplombait leur misère et s'efforceraient de redire les mots d'enfance qui leur revenaient du cœur et quelques rimes de cantiques d'autrefois.

 

Elle, au milieu de la rue piétonnière en rumeur, voyait tournoyer les lanternes d'or, balancer les sapins déracinés qui, déjà, laissaient choir quelques aiguilles; les couleurs lui crachaient au visage. Les lourds paquets de luxe balancés aux bras de manteaux coûteux lui donnaient le vertige. La fièvre de cette foule inconsciente la gagnait, mais elle martelait ses tempes et lui couvrait le front de sueur.

 

Bien sûr, elle n'aurait pas dû. Elle savait bien qu'elle n'aurait pas dû prendre ce risque. Mais elle avait rêvé d'une jolie cordelière pour enjoliver le petit papier de soie qu'elle avait finement repassé. Sa petite voisine de palier était bien seule, au milieu des siens inattentifs. Et elle avait rêvé d'allumer une bougie dans ce cœur là, au moins pour cette nuit.

 

Mais il lui fallait payer maintenant son imprudence! Comme un carrousel la ville entière tournait autour d'elle et déjà, elle percevait les signes avertisseurs redoutables. Il lui fallait, à tout prix, retrouver le chemin du logis, arriver à temps pour s'étendre... et s'efforcer de survivre.

 

La petite pièce l'accueillit à son retour: là, sur le rebord de la cheminée, elle voulut encore dresser une carte postale de la Nativité, planter une bougie dans la forme de terre qu'elle avait modelée. Elle détacha du mur deux photos fatiguées qui représentaient les siens, déjà en-allés ou bien, subsistant là-bas au pays. Ils seraient, cette nuit, les bergers, humbles et démunis, mais au cœur ouvert à l'invitation de l'amour. Elle s'épuisait. Mais il fallait encore, absolument, trouver une ficelle décorative pour nouer la surprise qu'elle suspendrait à la porte de sa voisine: «Noël, paix aux hommes de bonne volonté», avait-elle écrit, en tremblant de fatigue, sur un bout de carton doré, récupéré. Ainsi, sa petite chandelle brûlerait...

 

Puis, elle s'étendit sur son lit. Son petit corps reposait -il ne s'enfonçait guère!- sur la couverture fanée. Mais son cœur avait pris le large et, bien loin, errait par-dessus l'horizon. Noël, autrefois... La joyeuse procession qui montait des villages encapuchonnés de neige, vers l'église chaude illuminée et bruissant de murmures avant que n'éclatent les grandes orgues. L'église est fermée et transformée en resserre à blé. La procession s'est égaillée au long des chemins de déportation. O Lituanie bien-aimée, combien de tes fils végètent sur une terre hostile et étrangère ! Peuple libre dépossédé, dépouillé, clouté d'humiliations et de servitudes, arraché à la foi de ses pères...

 

Doucement, la petite vieille glissait dans une semi-inconscience miséricordieuse. Les heures s'égrenaient et la nuit tombait sur les cœurs égarés de cette ville païenne. Quelques foyers y brûlaient pourtant, qui repoussaient les ténèbres: des cœurs simples attendaient de célébrer la naissance du Germe de Vie, enraciné à jamais sur la terre des hommes.

 

L'épuisement rappela la petite vieille hors du refuge secourable du sommeil. Elle connaissait cette sur-fatigue, qui prenait peu à peu la forme d'une sorte de« petite mort». Elle était lucide, parfaitement lucide, mais impuissante même à tourner la tête, moins encore à la soulever. Seule, tout à fait seule dans ces ténèbres qui devraient être lumière. Alors lui revint le souvenir de l'Enfant, faible et démuni, né sur la paille d'une mangeoire, dans une étable. Et elle sourit à son impuissance et sa misère. Puis, d'un appel pathétique de son cœur affaibli, elle appela à elle et cet Enfant et tous ces visages qu'elle avait entrevus dans l'après-midi. Les forces la quittaient, elle les sentait s'écouler par ses membres, elle tremblait. D'épuisement, de solitude, de nostalgie et de détresse.

 

Et tout à coup -il n'y a pas de mots- Il fut là. Et autour de Lui, avec elles, se pressaient des visages aimés ou inconnus, marqués de souffrances, mais illuminés aussi d'-un reflet de cierge qui rayonnait du Seigneur. Ils étaient là, ensemble, noués, proches en une sorte d'extase, d'apaisement et finalement d'une douceur inconnue, indicible. L'asile et la prison s'étaient entr'ouverts, les veilleuses vacillantes s'étaient redressées. Ils étaient là, autour de Lui. Ils étaient bien, dans leur faiblesse, dans leur «mort», dans cette Vie qui les réinvestissait. Lui était au centre, icône, visage du Père. O joie! Noël.

Ce n'était pas un conte!

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