Bulletin septembre 1965

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L’Église du silence souffre, vit, témoigne, appelle et sauve

Amis de l'Entraide, voici nos frères, tout proches.

Ce ne sont point des morts, qu'une pitié facile cherche à ensevelir. Ce sont des vivants. Des vivants qui manifestent leur foi, au cœur des foules restées croyantes, ou qui poursuivent un témoignage obscur, humble et périlleux. Des vivants, dont le témoignage est un appel. Entendant cet appel, nous donnons à nos frères d'accomplir, parmi nous, leur vocation.

Leur vocation? Nous révéler cette rencontre du Seigneur, nous révéler ce pressant message du Christ à son Église, nous appeler sur ces mêmes voies de fidélité, quoi qu'il en coûte, d'option renouvelée d'attachement au seul Seigneur, de dépouillement, de Charité.

Voici la voix de frères de l'Est. «Avec grande surprise et joie, j'ai reçu votre nouveau et magnifique cadeau. Merci également pour votre lettre, qui m'apporte de nouveaux sujets de méditation, alors que je viens de monter à l'autel. Mes prémices furent très simples et belles ... Je suis aujourd'hui vicaire dans (telle localité). Mon Supérieur est un brave homme, âgé de plus de 60 ans, mais bien vu des autorités, car il est membre des Prêtres du Mouvement de Paix. C'est pourquoi, il nous faut peser chaque mot...» - (d'un jeune prêtre, récemment ordonné).

Un jeune prêtre, au milieu des foules conduites vers les idoles, renouvelle sa foi dans le Christ crucifié:

«C'est naturel qu'on ne connaisse plus Dieu.
On déifie quelqu'un!
Et parce qu'il y a tant de dieux, On n'en garde plus mémoire ...

Dieu est l'Homme, et la nature même,
Et la conduite de notre vie est dieu.
Et la garde des dieux est telle,
Qu'elle contrôle chacun de nos soupirs.

Cet homme de la terre et tout simple
Ne sait plus qui prier.
Il se tient là, avec sa quête de pain
Et salue tout le monde.

Et les dieux, dans une pose majestueuse, regardent:
De quoi es-tu mécontent?
Ce n'est plus un homme, c'est déjà une foule qui crie: Hourra!
En oubliant les Croix.

Cependant sur la Croix, l'unique vrai Dieu est crucifié,
Qui souffre pour nous.
Pardonne-leur Père!... Pierres, marches,
Abimes, précipices et veulerie ...

Il faut être un homme audacieux
Pour se prosterner aux pieds de la Croix,
Et, en ouvrant les yeux fermés,
Contempler le Seigneur Christ!

Ayant ainsi contemplé ce visage du Christ en Croix, ce même prêtre retrouve le sens profond de celle-ci: sacrement du salut, souffrance et victoire tout à la fois:

« On nait au monde dans la souffrance,
Le Verbe naît dans les souffrances.
La Foi va-t-elle craindre les maux?
Dans la souffrance, il y a sens et signification.

La justice est toujours persécutée,
Cri de la vie, avant la naissance.
La vie palpite dans les durillons du travail,
On trouve le repos, au repas funèbre.

La crucifixion n'est pas la mort,
La Croix c'est la victoire contre la mort.
En souffrant, tu dois brûler.
Vous ne vaincrez point, démons!

 

Ceux qui souffrent et témoignent, à travers une longue endurance et patience: Un jeune laïc apporte des nouvelles de sa sœur, arrêtée depuis 1958 et contrainte au travail forcé dans un camp de travail et de rééducation:

«Ma sœur, qui a été arrêtée en 1958, est actuellement gravement malade. Elle souffre de malnutrition et de bien d'autres maux. J'apprenais d'elle récemment qu'elle est contrainte souvent à porter sur l'épaule des lourds colis, et à les porter sur de longues distances. Elle n'a jamais été faite pour ce travail de porteur et ce travail qu'elle endure maintenant dans ce camp va la tuer! Elle me transmet une seule demande: «de jouer aux billes avec elle et d'envoyer un cadeau au Seigneur», ce qui signifie: «jouer aux billes», c'est·à-dire prier le chapelet et «envoyer un cadeau au Seigneur», faire dire une messe. J'ai le sentiment qu'elle ne vivra plus longtemps, et qu'elle est peut-être morte déjà maintenant. Elle avait 21 ans, quand elle fut arrêtée..., et maintenant, elle n'en a que 28! Si telle est bien la volonté du Seigneur, j'espère qu'elle sera considérée comme une martyre... Je vous envoie sa photo, lorsqu'elle avait 18 ans. Voulez-vous vous souvenir d'elle dans la Ste Messe?». (mai 1965)

Ceux qui vivent et s'efforcent de poursuivre un apostolat, devenu périlleux. Tout récemment, nos journaux rapportaient l'information suivante. Au-delà de ces mots assez impersonnels, voulez vous mesurer ce qu'ils signifient vraiment? Le risque que des chrétiens assument volontairement pour diffuser leur foi et alimenter celle de leurs frères, l'activité que recouvre cet engagement, cette vie de l'Église, très proche de celle des communautés primitives des premiers temps de persécution. Voici donc cette information, telle que la rapportait le journal «La Croix» du 15-16 août 1965 :

«La «milice» (police municipale de Moscou) vient d'arrêter à l'aérodrome de Vnoukovo un homme «sans domicile fixe», Mr Starikov, qui se préparait à transporter à Kiev une valise et un sac pleins d'images de la Vierge, destinées à des catholiques.

Celles-ci avaient été imprimées pour Starikov sur les presses d'une usine de lampes électriques, par un de ses amis, Krasnostein, qui avait déjà été condamné pour « préparation et diffusion illégales de littérature religieuse».

Starikov s'était adressé aussi au Directeur technique de l'imprimerie de l'Institut de recherches agricoles, pour l'impression de livres de prières orthodoxes, de calendriers ecclésiastiques et de textes relatant une apparition de la Vierge à Potchaïev (Ukraine). Le travail était exécuté le soir. Le Directeur de l'Institut et le chef de la cellule du Parti, indiquait le communiqué, étaient au courant: voyant de la lumière dans l'imprimerie, ils avaient découvert une pile de livres de prières. La seule réaction du Directeur avait été: «que je ne vois plus ici ce rebut! ».

L'imprimeur bénévole, Roman Marynov, avait alors emporté les livres chez un peintre, Youri Yakouninsky. C'est chez lui que la Police les retrouva, dissimulés dans une cave.»

Ceux qui sont en train de défaillir
Pendant des mois, un jeune homme, séminariste, déjà étudiant en théologie, avait été soumis à une pression toujours plus accentuée des autorités civiles. Pressions, mais aussi tentations graves, semées sur sa route. Des mois durant, il a résisté, lutté, jusqu'au jour où –malheureusement il succombe. Éloigné du pays, à ce moment, car il accomplit son service militaire, il se trouve fort seul aussi, privé de secours religieux, du conseil et du soutien de ses Supérieurs, de ses amis.

Effrayé et malheureux tout à la fois d'e sa défaillance, il avertit son évêque de sa décision de quitter le séminaire... Au pays, la famille est consternée, mais aussi outrée de sa faiblesse. Elle refuse de recevoir encore sous son toit le fils prodigue. C'est l'évêque alors qui intercède. «Que celui qui est sans péché, lui jette la première pierre», «Je suis venu pour sauver ce qui était perdu», «ce sont les malades qui ont besoin du médecin, non les bien portants» ... Le Christ n'a-t-il lui-même signalé la voie d'accueil au pécheur?

Le retour du jeune homme dans sa région, dans son village et sa famille sont fort pénibles.

C'est le moment aussi de nouvelles invitations. Ses études de théologie ne lui confèrent aucun titre reconnu. Devant la vie, il est comme n'ayant aucun diplôme. Sa famille le renie. Il se situe en porte-à-faux en face de ses anciens supérieurs et amis, et n'ose reprendre contact. Que faire? Il est invité alors à accepter un poste, auquel pourtant il ne saurait prétendre de par ses propres qualifications: qu'il accepte donc de devenir instituteur.

On sait le rôle dévolu aux pédagogues dans les pays où règne l'idéologie du marxisme athée. Ils ont à être au service de la diffusion de cette idéologie, et parfois même, il ne semble pas exagéré de dire, que l'on entend leur faire jouer un rôle de démoralisation de la jeunesse, cette morale, née de l'éducation chrétienne, étant considérée comme le rempart aussi de la foi.

A bout de ressources, ce jeune homme accepta ce poste. Il se sait plus menacé que jamais, et même les assises de sa toi vacillent.

Il est écartelé aujourd'hui entre sa situation et la nostalgie de ce que fut hier. Alors que son évêque passait pour une cérémonie de confirmation dans son village, ce jeune homme, lié par sa fonction officielle, ne pouvait essayer de renouer contact. De loin, sur le seuil de son habitation, il n'a pu résister pourtant au désir d'apercevoir celui qui est son évêque encore. Son regard parlait. Et c'est son évêque alors qui prit l'initiative, et la scène s'apparente assez bien à une relation évangélique: sortant du cortège qui l'entourait, l'évêque vint vers lui, et l'embrassa en lui disant: «souviens-toi, tu es toujours mon ami».

Et l'on repense à d'autres regards et gestes du Seigneur: le jeune homme riche, l'appel à Zachée...

Notre prière, notre sacrifice entourent-ils ceux qui sont tentés, jour après jour, et sur le point de défaillir?

Réflexion sur un "dialogue" bien délicat et difficile

Nous avons souvent, dans cette Lettre aux Amis, essayé de peser les nuances de ces «rencontres», de ces «dialogues», de ces «Accords» que l'on entend évoquer souvent, au sujet des relations de l'Église Catholique avec les Gouvernements des pays de l'Est.

Vous savez bien combien il est difficile de parler de ces choses, tant il faudrait y mettre de nuances, seulement pour approcher de la vérité. Nous vous disions: «Cet Accord que l'on signe un jour, reconnaît-il comme fondamentaux les droits qu'il sanctionne, ou bien, n'est-il qu'une concession, et par le fait même lié à l'arbitraire?».

Nous vous rapportions aussi ce que disait fin janvier le Cardinal Koenig Archevêque de Vienne, mêlé de près à tant de ces dialogues, et qui disait: «... De telles négociations, sous peine d'être décevantes pour les partenaires (...) supposent la connaissance préalable de la situation réelle, mais aussi un climat de négociation dans lequel l'un des partenaires, à savoir l'Église ou la communauté religieuse, se voit reconnaître au moins le droit de pouvoir respirer. Tout dépend de cette possibilité de respiration spirituelle.»

Pour nous aider à percevoir ces problèmes et ces nuances, voici encore quelques éléments de réflexion. Nous y percevons la différence de «longueur d'onde», qui rend si difficile de telles rencontres. Les mêmes termes recouvrent-ils la même chose pour les deux interlocuteurs? La marge indispensable de «respiration spirituelle», à garantir à l'Église, peut-elle, concrètement, s'inscrire dans les faits? Plutôt que d'épiloguer sur le thème, il nous semble plus révélateur, objectif et nuancé de vous mettre sous les yeux ce matériau de réflexion:

Le 24 février dernier à Prague, Mr Karel Houza, Chef de la section des Cultes du Ministère de l'Enseignement et de la Culture, cette section responsable des relations Église-État, recevait un journaliste de l'Agence française A.F.P. Au sujet des tentatives de dialogue entreprises entre le St. Siège et le Gouvernement, ce responsable disait ceci: «le gouvernement tchécoslovaque est disposé à discuter chaque problème sur la base de la bonne volonté et de l'entente mutuelle, comme ce fut le cas pour la demande du Dr Beran. Il y a des problèmes entre nous qui sont en litige, et le Vatican et rien ne pourrait empêcher qu'ils soient résolus avec succès, grâce aux efforts des deux parties. De notre côté, nous veillons à ce que soit respecté le principe constitutionnel de la liberté de religion et nous supposons que l'Église et son clergé respecteront les lois réglant les relations entre l'État et les Églises».

D'autre part, nous savons les liens étroits qui existent encore, en Tchécoslovaquie entre le Gouvernement et le Parti lui-même. Dès lors, n'avons-nous pas lieu d'être très en alerte au sujet de ce «respect du principe constitutionnel de la liberté de religion», lorsque nous lisons d'autres interprétations dans la presse, telle cette conclusion du journal Zivot Strany, la revue doctrinale du Parti communiste en Tchécoslovaquie, à un article critiquant la ligne suivie par Paul VI: «Dans les problèmes idéologiques; nous maintenons notre position intransigeante à l'égard de l'idéologie religieuse et nous poursuivrons nos efforts pour soustraire les fidèles à son influence»?

Et, pouvons-nous légitimement croire à ce respect de la liberté religieuse si nous suivons ces «efforts» déployés pour soustraire les fidèles à l'influence de la religion?

Ces efforts qui passent manifestement par des contraintes pesant sur les croyants et l'Église. Quelques faits:

Onze diocèses sont aujourd'hui sans évêque et seuls, quatre diocèses sont régis par leurs évêques titulaires, mais qui, eux-mêmes, sont étroitement dépendants de l'autorité civile; les évêques «libérés» ou «amnistiés» ne furent pas autorisés à reprendre leur diocèse en charge. Des Vicaires Capitulaires, qui les remplacent, ne furent pas élus librement. Le nombre de prêtres attachés au ministère est considérablement réduit, soit qu'ils se soient vus retirer leur «agrément» par le Gouvernement (indispensable pour un prêtre, pour exercer son ministère), soit qu'ils n'aient pu recouvrer ce droit après emprisonnement. C'est le cas, notamment de la quasi totalité des religieux. Soit encore que la réduction calculée des effectifs de deux séminaires d'État ne conduise à cet étouffement progressif. Par ex.: Bratislava, capitale de la Slovaquie, compte aujourd'hui 100.000 âmes de plus qu'en 1945. A cette date, il y avait 180 prêtres attachés au ministère dans la ville. Il en est aujourd'hui 26! En 1948, on pouvait estimer le nombre de prêtres et religieux en Bohême et Moravie à plus ou moins 4.577 prêtres. Il en reste aujourd'hui environ 2.000 attachés au ministère. En Slovaquie, en 1948: 2.452 prêtres, aujourd'hui on en compte 980 environ. Le recrutement des séminaires, restreint de par la volonté du pouvoir civil, accentue cette situation. Par ex.: le séminaire de Bratislava accueillait, en 1964, 20 candidats. 81 demandes pourtant, avaient été introduites... 61 d'entre e elles avaient donc été récusées.

Peut-on légitimement parler de la sauvegarde du droit des parents à la liberté religieuse, si l'on constate -c'est un fait- que l'enseignement religieux, en principe toléré à l'école de la 2e à la 7e année, n'existe pratiquement plus dans les centres.

Peut-on croire vraiment à cette application de la liberté religieuse, garantie par la Constitution, si l'on constate les déplacements et nominations arbitraires effectuées, dans les cadres mêmes de la hiérarchie ou du clergé, par les instances du pouvoir civil, que représentent, justement, les responsables de cette section des Cultes, du Ministère de l'Enseignement et de la Culture?

Nous percevons ce hiatus, lorsque nous lisons encore dans la Revue Nova Mysl, la revue idéologique du Parti, ces lignes révélatrices: le Christianisme ne peut pas être une idéologie vivante dans le système socialiste... Les communistes ont pour but de surmonter la religiosité et luttent contre toute tentative d'abuser du sentiment religieux des fidèles à des fins politiques.

Sommes-nous acculés à craindre que cette «marge de respiration spirituelle» soit si étroite, qu'elle se confonde avec une lente asphyxie? Puisque la religion ne saurait rester une idéologie vivante dans ce monde du matérialisme athée, ne sommes-nous pas acculés à craindre que cette attention de l'autorité civile au principe de la «liberté religieuse» garantie par la Constitution, ne soit, en définitive, qu'une attention portée à sa lente agonie?

Nous nous souvenons de cette exclamation d'un évêque d'un autre pays, gravement menacé: «Nous ne demandons plus rien, rien, rien... Seulement la possibilité de former des prêtres et d'enseigner nos petits enfants». Suppliant qu'on rende à l'Église cette liberté là, notre demande sera-t-elle entendue comme un abus du sentiment religieux des fidèles à des fins politiques?

Ne sommes-nous pas, hélas, légitimement fondés à le craindre alors que nous apprenons avec une douloureuse surprise la récente condamnation de prêtres hongrois: un procès secret fut en effet intenté contre 7 prêtres appartenant à une forme de « société»: Regnum Marianum, spécialement orientée, de par sa vocation, vers l'apostolat auprès de la jeunesse. Bien que la Maison de la société fût confisquée en 1951, la société comme telle n'avait pas été dissoute; il ne s'agissait pas, en effet, à proprement parler dune Congrégation religieuse. Durant le procès secret, ces prêtres furent accusés de délits politiques, et notamment d'avoir cherché à orienter politiquement la jeunesse contre le régime existant, et d'avoir entretenu des contacts avec l'Ouest capitaliste. Les preuves étaient peu convaincantes: les jeunes gens interrogés sur la nature de leurs conversations avec ces prêtres nièrent qu'ils aient jamais parlé avec ceux-ci contre le régime. Les contacts avec l'Ouest se manifestèrent sous la forme de livres pédagogiques et religieux, qui furent produits comme pièces à conviction, après qu'ils eussent été confisqués lors de perquisitions domiciliaires. Le principal accusé, un certain Abbé Laszlo Emödy se vit condamné à 5 ans de prison, plus les 4 années dont il s'était vu « amnistié» en 1963, suite à une condamnation préalable du même ordre. Les autres condamnés se virent infliger des peines de prison variant entre 5 et 2,5 ans.

Une semblable condamnation frappe des prêtres dans l'exercice d'un ministère purement sacerdotal. Vers ce ministère, seul le Seigneur a pouvoir de les envoyer, et ils en répondent devant lui seul. «Rendez à César ce qui est à César, mais rendez à Dieu ce qui est

à Dieu ». Voilà le nœud du hiatus, si règne l'intolérance religieuse. Dans un tel cont'exte, que signifie alors, pour la conscience d'un prêtre ou d'un simple laïc, cette injonction d'un responsable de la section des Cultes d'avoir « à respecter les lois réglant les relat:ons entre l'État et les églises»?

Après la signature de l'Accord partiel de septembre 1964 entre le St Siège et le Gouvernement hongrois, il s'en est trouvé pour écrire que la situation était normalisée entre le Vatican et la Républiqu'e populaire de Hongrie. Les faits se chargent de ramener à une vision plus réaliste, plus nuancée, et, hélas, moins optimiste des choses.

« Ce que nous avons fait », diront certains de ces prêtres, condamnés à l'Est, d:ms des situations analogues, « nous le referions encore, si c'était à refaire. Car, cela même nous ne pourrons jamais y renoncer, ce ministère des âmes dont le Seigneur nous a consacrés responsables. Que nos frères de l'Ouest comprennent notre inquiétude: cela, jamais nous ne pourrions le concéder. Que pour alléger notre sort, l'on ne passe point par des compromis risqués. Nous ne demandons aucun allègement à ce prix.»

Voyez-vous, Amis de l'Entraide, combien toute rencontre sur ce terrain d'un « dialogue» pour susciter des « Accords» est délicate. Trop souvent, malheureusement, on semble se situer sur deux longueurs d'ondes, lorsque la religion et l'Église sont directement en cause.

Mais, il nous importe aussi de bien redire ceci:

Nous posons en principe que nous revendiquons seulement pour l'Église la faculté de manifester l'Évangile aux foules. Nous ne revendiquons aucun privilège de pouvoir, de puissance, de conquête. Mais bien le seul pouvoir qui est de servir, la seule puissance qui est de se tenir pauvre devant Dieu, la seule conquête qu'est le rayonnement de la Charité, le visage du Christ transparent à travers nos vies, proposé, non imposé. Le vrai visage du Christ de l'Évangile, et non une caricature à la mesure de nos propres péchés.

Disant cela, nous savons bien que nous nous engageons en même temps à nous conformer vraiment aux exigences et aux impératifs évangéliques.

Disant cela, nous nous sentons pauvres aussi, et pécheurs.

Nous pensons seulement que là, peut-être, se situe d'abord la voie du dialogue et de la rencontre avec le monde athée matérialiste.

La faculté de transparaître, librement, ce visage du Seigneur, cela seulement nous la demandons. Et au nom de ce Christ Lui-même, nous la revendiquons.

Telle est notre position.

Mais que le Seigneur nous vienne en aide!

 

Des perspectives de travail qui répondent à des problèmes

DOCUMENTATION RELIGIEUSE

Les témoignages sont innombrables, qui rapportent ou qui traduisent cette pénurie de matériel didactique, de matériel de réflexion religieuse, d'information dont souffrent les chrétiens des pays de l'Est. Il est parfois délicat de rapporter certains de ces appels, mais voici pourtant un échantillon de telles constatations:

«Même quand l'enseignement religieux est donné, les élèves apprennent fort peu. Il manque de livres et de matériel didactique. Il est interdit aux prêtres de rédiger les textes eux-mêmes et d'en faire des copies. Il est même des responsables scolaires, qui interdisent aux prêtres d'écrire au tableau ou de dicter des mots d'ordre aux élèves.»... Cette situation se dessine en relief sur un fond de tableau où s'inscrit en clair ce que répétait le journal intitulé «l'Avant-garde », en août 1962: «Chez les instituteurs, il s'agit de quelque chose de plus que de ne pas fréquenter l'église, refuser de se prêter aux coutumes religieuses, etc... Il s'agit d'un degré supérieur, à savoir, de ne pas se contenter d'un athéisme bourgeois, mais de devenir des athées militants, vraiment scientifiques. La profession pédagogique exige -comme la nourriture exige la présence du sel- que les instituteurs soient des athées convaincus» (Predvoj, août 1962).

«La jeunesse, -et ce fût même le cas pendant le fameux « octobre 56 » et le dégel qui suivit- se trouve systématiquement sevrée de toute information religieuse de valeur. Et même, il faut bien vous le dire, lorsque nous disposons de telles ou telles revues, de valeur, mais rédigées dans une langue étrangère, nos jeunes, même les jeunes universitaires, ne peuvent s'en servir. Ils tournent les pages et regardent les images! Il faudrait absolument penser à leur préparer de la formation et de l'information à leur portée» (témoignage venu de Pologne).

«Il m'entraîna et tout bouleversé par cette visite, il me faisait fébrilement les honneurs de ses pauvretés. C'est comme cela que, s'approchant de son armoire bibliothèque, il se mit à en sortir, pêle-mêle, les vieux livres, les vieilles revues jaunies, qu'il jetait sur la table... Il était comme un petit vieux pauvre qui exhibe ses verroteries à l'ami de passage! Je jetai un regard sur cette bibliothèque! Quelle misère. Il n'y avait là, dans ces quelques dizaines de vieux ouvrages rien du tout qui présentât la moindre valeur. Tous des «rossignols». Et j'étais suffoqué à l'idée qu'avec ce matériel désuet, périmé, marqué des obscurités caractéristiques de certains courants du passé, cet homme, ce prêtre, allait devoir répondre à des esprits modelés par une formation technique et une éducation imprégnée de scientisme, trace plus indélébile encore que le matérialisme athée dont on avait gorgé ces esprits. Quelle misère! Et quelle honte pour nous, qui l'avions laissé dans ce dénuement. Je reviens avec cette inébranlable conviction: là se trouve un impérieux devoir, correspondant à une impérieuse nécessité: nous devons parer à ce sous-équipement de l'Église de l'Est». (D'un témoignage, rapporté par un visiteur en Bohême -1965).

Amis de l'Entraide, ces témoignages, nous pourrions les aligner pendant des pages. Tous les avis, toutes les expériences concordent: pour toutes les Églises de l'Est, il s'agit là d'une faim inextinguible et d'un soutien primordial à leur apporter.

Faites-nous confiance, une fois de plus, voulez-vous? Vous savez bien qu'il est difficile, malgré notre désir, de vous partager tout ce que nous pensons et souhaitons réaliser sur ce plan.

Mais, contrairement à notre habitude, laissez-nous vous appeler à une puissante et permanente aide financière. Nous vous avons répété très souvent: l'argent ne peut résoudre les problèmes de l'Église de l'Est. Ces problèmes sont d'un autre ordre, et seuls la Prière et la Croix sauvent, en définitive. Nous en sommes absolument convaincus.
Mais il entre aussi dans la logique de l'amour, d'essayer de soutenir ces frères le plus possible. De les doter des moyens que nous pensons le mieux à même de les aider, de les orienter, de les animer pour leur œuvre pastorale. Comment sauver la foi des hommes marqués par le doute ou la foi nouvelle dans la science, si l'on ne peut répondre à leurs objections? Comment entretenir cette foi, sans pouvoir la nourrir aussi d'une théologie sûre? Comment maintenir sa conscience d'appartenir au Corps Mystique, si son horizon est limité obligatoirement au cercle étroit de la ville, du monde athée, ou de ses propres problèmes? Comment maintenir sa connexion étroite et filiale avec l'Église, si -faute de moyens- il est impossible de l'informer sur le Concile?...

Pour répondre à œ très grave problème qui, aujourd'hui, laisse mieux qu'autrefois entrevoir des réponses adéquates, Amis de l'Entraide, nous avons besoin d'un soutien financier décuplé. Avez-vous mesuré ce que peut revenir l'édition d'un ouvrage, par exemple? Et qu'est-ce qu'un ouvrage ? Il faudrait pouvoir mettre en chantier bien des travaux du genre, soutenir aussi ceux qui, appliqués à ce travail, ne peuvent pas s'attacher à la poursuite de moyens financiers.

Chacun d'entre nous, nous lisons notre journal chaque matin, pourquoi n'envisagerions-nous pas, par exemple, cette forme là de communion: 3 frs chaque jour, pour fournir à un frère de l'Est son information quotidienne également.

LA RENCONTRE DU MONDE DE L'EST

Un peu partout se glisse ou s'exprime une inquiétude... ou un espoir... Le «rideau de fer» n'est plus hermétique, et le tourisme déferle vers l'Est.

Avez-vous songé, Amis de l'Entraide, à tout l'aspect positif -et négatif aussi- que peut recouvrir ce mode nouveau de rencontre avec l'Est? Avez-vous pensé combien il importerait que les chrétiens soient documentés sur la situation de leurs frères de ces pays, avant d'aller vers eux? Avez-vous pensé aux formes de communion que l'on pourrait trouver, plus proches qu'auparavant, avec ces chrétiens qui voient venir les touristes? Avez-vous songé au témoignage chrétien, évangélique, qu'il redevient possible de porter au cœur du monde athée, si tant est que le témoignage de vie soit vraiment de style évangélique. Avez-vous entrevu, par contre, le risque de contre-témoignage que recèle cette coulée de notre monde, bien installé dans un matérialisme pratique, vers cet autre monde?

Nous avons tous à réfléchir à ce problème. N'êtes-vous pas allés vous-mêmes à l'Est, ces vacances? Si oui, dites-le nous, voulez-vous? Avez-vous des amis qui y furent? Signalez-le nous aussi. Avez-vous, d'une manière proche ou lointaine, un tel projet? Écrivez-le nous ... On ne part pas à l'Est, comme on part pour un pique nique. Des hommes souffrent, d'autres s'efforcent de bâtir un monde nouveau, dans lequel ils ont mis leur foi. Parmi les uns et les autres, des hommes en quête... Sereinement, sans apriori, sans orgueil, avec Charité, quelle devrait être notre réponse?

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